Gel. 3, 129 Ihligdbai Ftax^ciam.,* wÀAai in ta mori
GHAPITRB GÉNÉRAL D£ 1217 237
«Ailes, dit- il aax frères qai raccompagnaient, et marchez deux à deux, humbles et doux, gardant le silence jusqu'après tierce, priant Dieu en vos cœurs, évitant avec soin toute parole vaine ou inutile. Soyez aussi recueillis pendant ce voyage, que si vous étiez enfermés dans un ermitage ou dans Totre ceilole, car partout oii nous sommes, p artout où nous allons, nous portons notre cellule avec nous : frère corps est notre cellule et Tâme est l'ermite qui l'habite, pour y prier le Seigneur et méditer.»
Arrivé à Florence, il y trouva le cardinal Hugolin, envoyé par le pape comme légat en Toscane, pour y prêcher la croisade et prendre toutes les mesures propres à en assurer le succès
Il était sans doute bien loin de s'attendre à Taccueil que lui lit le prélat. Celui-ci, au lieu de lencourager, l'amena à renoncer à son projet :
«Je ne veux pas, mon frère, que tu ailles au delà
des monts; il y a beaucoup do prélats qui no demandent qu'à te créer des difficultés en cour de Borne. Mais moi et les autres cardinaux qui aimons ton Ordre, nous désirons te protéger et t'aider, à la conditiou, cependant, que tu ne t'éloignes pas de cette province.»
€ Mais, Monseigneur, c'est une grande confusion pour moi d'envoyer mes frères au loin, et de rester paresseusement ici, sans partager toutes les tribulations qu'ils vont subir. »
«Pourquoi aussi as- tu envoyé tes frères si loin, et les
1. V. Bulle du î23 janv. 1217 Tcmpus acceptabile, Pollhast no 5430 donnée dans Huroy, t. II col. 2U5 ss.; Cf. Pressuti I p. 71. Cette bulle et les suivantes lixent d'une façon certaine l'époque du passage à Florence j Pottbtst 54â8, 5487, et page 495.
as-ta exposés ainsi à mourir de iaim, et à tontes sorte»
de périlâ?»
cPensez-TonSy répliqua François avec chaleur, et comme saisi de l'in s [)i ration prophétique, que ce soit seulement pour ces pays-ci que Dieu ait suscité les Frères ? £n Térité, je vous le dis, Dieu les a suscités pour le réveil et le salut de tons les hommes, et ils gagneront des âmes non seulement dans les pays des croyants, mais jusqu'au milieu des Infidèles ^»
L'élonnemenl et raduiiralion que ces paroles excitèrent chez HugolîQ ne parvinrent pas à le faire changer d'avis. Il insista si bien que François reprit le chemin de la Portioncule: rinspiralion même de son œuvre n'était pas en jeu. Qui sait si la joie qu^il aurait eue de voir la France ne le conhrma pas dans Tidée qu'il devait y renoncer : les flmes tourmentées du besoin de sacriGce ont souvent de ces scrupules; elles refusent les joies les plus licites pour les offrir à Dieu.
Nous iguoroQS si c'est de suite après cette entrevue ou seulement Tannée suivante, que François mit frère PaciUque à la tête des inissiounaires envoyés en France-.
Poète de talent. Pacifique avait été surnommé avant sa conversion, Piince de la poésie, et couronné au Gapitole par Tempereur. Un jour qu*il était allé voir une de ses parentes, religieuse à San-Severino, dans la Marche d'Ancône, François arriva aussi à ce monastère, et prficha avec tant de sainte violence que le poète se
1. il est superflu de &ire remarquer Terreur de texte des DoUtndistes dans la phrase : MimuU {CardinàlU Franeiêmm) emptitm non perfieere tïer, où le non est omis, A. SS. p. 704, Cf. p. 807 et 835, ce qui a entraîné Snyaken à plusieurs autres erreurs.