‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 179 sur 242 · Jord. U; Gf. 2 Ul. 1, 17; S^ec, 102; 3 Soc. 63 et · texte numérisé non relu

Jord. U; Gf. 2 Ul. 1, 17; S^ec, 102; 3 Soc. 63 et

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ment d'une ère nouvelle dans les rapports de l'Église et des FraDciscains. La fraternité des Pénitents ombriens devenait uu ordre dans le sens le plus étroit du mot.

Honorins évêque, serriteor des senritenrs de Bien, à

frère François et aux autres prieurs ou custodes des Frères Mineurs, salut et bénédiction apostolique.

Dans presque tous les ordres religieux il a été prudemment ordonné que ceux qui se présenteraient pour observer la vie régulière, feraient un essai d'un eertain temps ; durant lequel ils seraient, eux aussi, mis k l'épreuve, afin de ne laisser ni place ni prétexte à des démarches inconsidérées. A ces causes, nous vous ordonnons par les présentes de n'admettre personne à faire profession avant une année de noviciat; nous défendous qu'après la profession aucun frère puisse sortir de l'Ordre, ni que personne puisse retenir celui qui en sortirait. Nous défendons aussi que sous votre habit on circule çà et là sans obédience, et que Ton corrompe la pureté de votre pauvreté. Si quelques frères avaient cette audace, vous auriez à leur infliger les censures ecclésiastiques jusqu'à résipiscence K

Il faut certes un euphémisme bien caractérisé pour traiter de privilège une pareille bulle. C'était en réalité la mainmise de la papauté sur les Frères Mineurs.

Désormais, par la force même des choses, le maintien

de François comme ministre général devenait impossible.

i. Cum sccundum. L'original est à Assise avec Datum apud Urbcm Veterem X Kal. Oct. pont, nostri auno quinto (22 sei)t. 4220), C'est donc à tort que Sbaralea et Wadding la font dater de Viterbe, ce qui s'explique d'autant moins que toutes les bulles de cette époque sont dati'es d'Orvieto. Wadding, ann, 1220, 57. Sbaralea, 1. 1, p. 6. Pottbast osai.

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Il le sentait lui-même. Le cœur brisé, l'âme malade» il aurait, malgré tout» trouvé dans la vigueur de son amour ces paroles, ces regards qui jadis tenaient lieu de règle, de constitutioDS, et donnaient à ses premiers compagnons Tintuition de ce qu'ils devaient faire et la force de Taccomplir; mais maintenaot, à la tète de cette famille quHl retrouvait tout à coup si différente de ce qu'elle avait été quelques années auparavant^ il fallait un administrateur, et il s'avouait tristement qu'il ne rétait lui-même à aucun degré ^.

Ah ! dans son for intérieur, il sentait bien que Tancien idéal était le vrai, le bon ; mais il chassait ces pensées comme des tentations de l'orgueil. Les derniers événements n'avaient pas été sans entamer quelque peu sa personnalité morale: à force d'entendre parler d'obéissance, de soumission, d'humilité, un certain obscurcissement s'était fait dans cette âme si lumineuse; l'inspiration ne lui arrivait plus avec la même certitude qu'autrefois ; le prophète se prenait à trembler, à douter presque de lui-même et de sa mission. Il cherchait anxieusement si dans son initiative il n'y aurait pas eu quelque vaine complaisance. Il se représentait par avance le chapitre qui allait s'ouvrir, les attaques, les critiques dont il serait 1 objet, et s'efforçait de se persuader que s*il ne les subissait pas avec joie, il ne serait pas un vrai Frère Mineur^. Les plus belles vertus sont sujettes au scrupule, l'humilité parfaite plus que toute autre, et c'est ainsi que des hommes excellents,

1. 3 Gel. 3, il8; Ubertin, Athor. Y, 2; Spec. 26; 50; ISO b ; Conform. 196 a S ; 143 a 2.

2. 2 Gel. 3, 83 ; Bon. 77. Il faut lire ce récit dans lee Conform, d'après VAntiqua Legenda 142a 2; 31 a 1 ; Spec. 43 b.

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pour éviter de s'affirmer, trahissent saintement leurs

coDvictioos. Il résolut donc de remettre la directioa de rOrdre entre les mains de Pierre de Catane. On voit que cette décision n*eut rien de spootané, et le fait que oe frère, docteur ès lois, appartenait à la noblesse, accuse bien neltemeot la traDsformatioa de rinslitut franciscain.

On ignore si Hugolin assista au chapitre du 29 septembre 1220, mais s'il n*y fut pas en personne, il s y fit sûrement remplacer par quelque prélat chargé de surveiller les débats^. La bulle donnée huit jours auparavant fut communiquée aux Frères, auxquels François annonça aussi qu'il allait élaborer une règle nouvelle. ^ Il y eut à oe propos des conférences où seuls les ministres semblent avoir eu voix délibérative. On y arrêta en principe les points essentiels de la nouvelle Règle, en laissant à François le soin de leur donner à loisir la forme convenable. Rien ne révèle mieux Tétat de démoralisation auquel il était arrivé, que la décision qui fut prise de laisser tomber un des passages essentiels de Tancienne Règle, un de ses trois fragments fondameiitaux, celui qui commençait par ces mots : If emportez rien avec vous^.

De quelle manière s'y prit-on pour obtenir de François cette concession qu'il eût regardée quelque temps auparavant comme un reniement, comme le refus d'accepter dans son intégrité le message que Jésus lui avait

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