‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 184 sur 242 · Gel · texte numérisé non relu

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2. Voir d-dems p. XXXIX, texte dane le Firmammtum 19 m. ; Spéculum Morin» tract. III, 214 a es. ; Cf. Conform, 137 u.

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y est si parfaitemeot le même qu*OD est tenté d'y

voir des lambeaux du projet original, retranchés comme étant des longueurs, peu à leur place dans une règle.

Quoi qu'il eu soit de cette hypothèse, nous retrouvons dans les Admonitions toutes les préoccupations dont

râme de François était assaillie à cette heure incertaine et troublée. Quelques-uns de ces avis ressemblent à des fragments de journal intime. On Ty voit chercher, avec la naïveté de rhumililé parfaite, des raisons pour se soumettre, pour renoncer à ses idées, sans qu'il puisse y parvenir tout à fait. li s'y répète à lui-même les exhortations qu*on lui faisait; on y sent reflbrt pour comprendre et admirer le moine idéal qu'Hugolin et rÉglise lui proposaient en exemple.

Le Seigneur dit dans rEvangile : € Celui qui ne renoncera pas à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple. £t celai qui aura sauvé sa vie la perdra. » On renonce à tout ce qu'on possède, et on perd sa vie quand on se remet entièrement entre les mains de son supérieur pour lui obéir.... Et quand Tinférieur voit dea choses qui seraient meilleures ou plus utiles pour son ftme que celles que le supérieur lui ordonne, qu'il fasse à Dieu le sacrifice de sa volonté. »

On pourrait croire, en lisant cela, que François va se

ranger du côté de ceux pour lesquels la soumission à l'autorité ecclésiastique est Tessence même de la religion. Mais non; ici même son vrai sentiment ne parvient pas à s*ei!acer, il entremêle ses paroles de parenthèses et d'incidentes bien timides, mais qui révèlent le fond de sa pensée et Unissent toujours par désigner la

' LA BÈGLB DB 1221

ooDscieDce iodividuelle comme juge en dernier ressort

Tout ceci dit assez comment il faut se représenter les

instants où son âme blessée soupira après l'obéissance passive, dont la formule perinde ae cadavery remonte . paraît-il bien au delà de la Compagnie de Jésus. Ce furent les instants de défaillance où Tinspiration se taisait.

Un jour il était assis avec ses compagnous, lorsqu'il se mit à gémir et à dire : «U 7 a à peine an religieux sur toute la terre qui obéiBse parfaitement à Bon supérieur. » Ses compagnons très étonnés lui dirent : «£xpliques-nous donC| Père, quelle est la parfaite et souyeraine obéissance.» Alors comparant celui qui obéit à un cadavre^ il répondit: «Prenez un corps mort, et posezle où TOUS Toudresi il ne fera aucime résistance ; quand il sera à une place, il ne murmurera pas \ quand vous l'en enlèverez, il ne réclamera pas; mettez-le sur une chaire, il ne regarde pas au-dessusi mais au-dessous de lui ; enveloppez-le de pourpre, il en pâlira doublement ^, »

Ce soupir vers robéissance cadavérique témoigne de quels ravages son âme avait été désolée; c'est» dans le domaine moral, l'analogue de Tappel au néant des grandes douleurs physiques.

1. Cum facit {subditui) voluntatein (prœlati) dummodo benefacit vcra obedinida cj^t . Admon. Illy Cunform. 139 a 2. — Si vcro prœlatus subdito aliquid cotitva animam prœnpiat lied ci non obcdiat tamen ipsum non dimittat. Ibid. — Nullus tcnctur ad obedientiam in eo ubi committitur delictum vel peccatum» Episi. II.

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