LA RÈ6LB DB
Mayence, Worms, Spire, Strasbourg, Cologne, Salzbourg, Ratisbonne étaient devenues des centres franciscainSy d*où les idées nouvelles rayonnaient sur toute TAllemagne méridionale.
C'est aussi à Tannée 1221 que Ton rattache d'ordinaire la fondation du Tiers Ordre ou troisième Ordre, appelé d*ordinaire Fraternité de la Pénitence dans les plus anciens documents; mais on a vu plus haut que cette date est beaucoup trop récente, ou plutôt qu'il n'y a pas à fixer de date, car ce qu'on a appelé plus tard, d*une manière tout arbitraire, le troisième Ordre, est évidemment contemporain du premier*.
François et ses compagnons ont voulu être les apôtres de leur temps, mais pas plus que les apôtres de Jésus, ils n'ont souhaité que tous les hommes entrassent dans leur association, forcément un peu restreinte, et qui, suivant la parole évangélique, devait être le levain du reste de l'humanité. En conséquence, leur vie était la vie apostolique suivie au pied de la lettre,
1. Celte manière de voir concorde de tout point avec le témoignage de 1 Gel. 36 et 37 qui montre le Tiers Ordre naissant tout naturellement de l'enthousiasme qu'excitèrent les prédications de François, de suite après le retour de Home (1210) ; (Cf. Auctorvit. sec»: A. SS., p. 593b). Kiendans les autres documents ne le contredit, tout au contraire. V. 3 Soc. tX). Cf. Anon. Perus,: A. SS., p. 60O; Bon 25 ; 46. Cf. A. SS., p. 631-634. U première bulle qui concerne les Frères de la Pénitence (sans les nommer) est du 16déc. 1221, Significatum e$t. Si elle les vise réellement, comme le pense Sbaralea, et tous ceux qui 8*en sont occupés jusqu'à M. MoUer inclusivement, — mais ce qm pourrait, semble-t-il, être contesté, — c*eet que dès 1221 , ils en auraient appelé au pape contre les podestats de F^enta et des cités voisines. Ceci suppose évidem* ment une association qui n'est pas née de la veille. Sbaralea, Bull, fr., I, p. 8 ; Horoy, t. IV, col. 49 ; Potthast 8730.
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mais ridéâl qu'ils prêchaicol élait la vie évangélique, que Jésus ayait annoacée.
Pas plus que Jésus, saint François n*a condamné la famille ou la propriété ; il a simplement vu en elles des liens dont Vapôtre^ mais Tapôtre seul, doit être dégagé.
Si bientôt des esprits maladifs ont cru iolerpréter sa pensée en faisant de l'union des sexes un mal, et de tout ce qui coustitue Tactivité physique de Tbomme, une chute ; si des déséquilibrés se sont autorisés de son nom, pour échapper à tous les devoirs; si des épouv se sont imposé le ridicule martyre de la virginité du lit eooja* gai, il ne faut vraiineat pas l'eu rendre responsable.
Ces traces d'ascétisme contre nature proviennent de rinfîuence des idées dualistes des Cathares» et non du poète inspiré qui a chanté la nature et. sa fécondité» qui faisait aux colombes des nids, où il les invitait à se multiplier sous le regard de Dieu, et qui imposait à ses frères le travail manuel comme un devoir sacré*
Les bases de la corporation des frères et des Sœurs de la Pénitence furent très simples: François n apportait pas au monde une nouvelle doctrine; la nouveauté de son message était tout entière dans son amour, dans son appel direct à la vie évangélique, à un idéal de vigueur morale, de travail et d'amour.
Il s*esi naturellement bien vile trouvé des hommes qui n'ont pas compris celte vraie et simple beauté; ils sont tombés dans les pratiques et les dévotions, ont imité par le dehors la vie des cloîtres dans lesquels, pour une cause ou pour une autre, ils ne pouvaient se retirer; mais il serait injuste de se représenter d*après eux les Frères de la Pénitence.
Reçurent-ils ^une Règle de saint François? On ne