LB CANTIQUE DU SOLEIL
TRADUCTION JUXTAUNÉàIRE
— Très-haul| tout-puissant, bon Seigneur»
Vôtres sont les louanges^ la gloire et Tbonneur et toute béné-
A vous seul, Très-Haut, elles sont dues [diction et aucun homme n'est digne de vous nommer.
— Soyez louéy Seigneur^ avec toutes vos créatures spécialement monseigneur frère solefl
qui donne le jour et par lui vous montrez votre lumière.
Il est beau et rayonnant avec grande splendeur^ de vousy Très-Haut, il est le symbole.
— Soyez loué. Seigneur, pour sœur lune et les étoiles^ dans le ciel vous les avez formées claires, prédeuses et belles.
— Soyez loué, Seigneur, pour frère vent
et pour Tair et le nuage^ pour le ciel pur et pour tout temps par lequel vous donnez à vos créatures la vie et le soutien.
— Soyez loué, Seigneur, pour sœur eau laquelle est si utile, liunible, précieuse et chaste
— Soyez loué, Seigneur, pour frère feu par lequel vous illuminez la nuit,
il est beau et gai , courageux et fort.
— Soyez loué, Seigneur, pour sœur notre mère la terre qui nous soutient et nous nourrit
et produit divers fruits avec les fleurs aux mille couleurs et
p*herbe.
— Louez et bénissez le Seigneur et rendez-lui grûces et servez-le avec grande humilité ^
1. V. p. 378 et 381 les deux dernières strophes de ce cantique Cf. Ozanam, Puètcs franscicaivs, Paris, i882, p. 77 et 361. Les Misccllatua t. II (1887), p. 190; t. III (1888), p. 3, reproduisent sept textes de ce document Cf. t. lY (1889), p. 87 ss.
352 VIE DE s. FRANÇOIS
La joie de François était reveoue, aussi grande qu'autrefois. Pendant toute une semaine, il oublia le
bréviaire et passa ses journées à répéter le Cantique du soleil.
Durant une nuit d'insomnie, il avait entendu une voix lui dire : « Si tu avais de la foi, gros comme un grain de moutarde, tu dirais k cette montagne, enlève-*toi de là, et elle s enlèverait. » Cette montagne n etait-elle pas celle de ses souffrances, la tentation du murmure et do désespoir? a Qu'il soit fait, Seigneur, selon votre parole», avait-il répondu de toute son âme, et aussitôt il s'était senti comme délivré^.
Il dut s'apercevoir bientôt que la montagne n'avait guère changé de place, mais pendant quelques jours il en avait détourné les yeux, il avait pu en oublier rexistence.
Un moment, il avait eu l'idée de mander auprès de lui frère Pacifique, le Roi des Vers, pour remanier le cantique ; il aurait voulu lui adjoindre un certain nombre de frères, qui seraient allés avec lui prteher de ville en ville. Après la prédication, ils auraient chanté l'hymne du soleil, et auraient terminé en disant à la foule rassemblée aulour d'eux sur les places publiques : c Nous sommes les jongleurs de Dieu. Nous désirons élPB récompensés pour notre sermon et notre chanson. Notre paiement sera que vous persévériez dans la pénitence^. »
«Les serviteurs de Dieu, ajoulait-il, ne sont-ils pas en effet comme des jongleurs destinés à relever les