‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 216 sur 242 · Gel. 3, 40i Bon. 453; Spcc. 31 b ; Ézech · texte numérisé non relu

Gel. 3, 40i Bon. 453; Spcc. 31 b ; Ézech

2. Deux ans après, le roi de France et toute la cour baisa et vénéim l'oreiUer dont François malade s'était servi : 1 GeL ISO.

8. Bagnara se trouve près des sources da Toplno, à ime hsnre environ à l'est de Nocera. Ces denz localités dépendaient alon d'Assise.

LA D£RiMÈa£ A.NiNÉË

manifestée aux membres iofeiieuis gagnait rapidement le haut du corps. Les Assisiates rapprirent, el Toulaot parer à toutes les éventualités, envoyèrent leurs gens d'armes pour protéger el hâter le retour du Saint.

Ils s'arrêtèrent en ramenant François au hameau de Balciano^ pour y manger, mais ils prièrent inutilement les habitants de leur vendre des provisions.

Comme ils faisaient part de leur déconvenue aux frères, François qui connaissait ces bons paysans dit : ((Si vous aviez demandé à manger sans offrir de payer, vous auriez trouvé tout ce que vous auriez voulu. »

11 avait raison, car ayant suivi son avis, ils reçurent pour rien tout ce qu'ils désiraient^.

L'arrivée du cortège à Assise fut saluée par une joie frénétique. Cette fois les compatriotes de François étaient sûrs que leur Saint nuirait pas mourir ailleurs ^.

Les mœurs à cet égard ont trop changé pour que nous comprenions tout à lait le bonheur de posséder un corps saint. Ayez le malheur de nommer saint André devant un habitant d'Amalfi, aussitôt vous le voyez se mettre à crier Evviva 5. Andréa! £vviva S. Andréa! puis avec une volubilité extraordinaire il vous raconte la légende du Grande Proletlore, ses miracles passés et présents, ceux qu*il pourrait faire, s*il voulait, mais qu'il s'interdit par charité, parce que saint Janvier de Naples ne pourrait en faire autant. Il s'agite, se démène

1. Et non Sartiano; Balciano «iste encore, â peu prés à moitié chemin entre Nocera et AesMe.

S. 3 Gel. 3, 23 ; Bon. 96 ; Spoc. i7 b; CcnfiMrm. 339 a 9 f.

3. 2 Gel. 3, 33 ; 1 Gel. 405 est encore plus explicite : « La multitude espérait qu'il mourrait bientôt, et là était le sujet de sa joie. •

Oigitized

364 VIB DE s. FRANÇOIS

et VOUS secoue, plus enthousiaste de sa relique et plus exaspéré de votre froideur qu*uo soldat de la vî^Ue garde devant un ennemi de l'Empereur.

Au XIII* siècle, toute TEurope en était là.

On trouvera ici plusieurs traits qu'on pourrait être teoté d'estimer choquants ou même ignobles, si on ne faisait effort pour remettre tout cela dans son milieu.

François fut installé à févéché ; il aurait préféré être porté à la Portioncule, mais les frères durent obéir aux injonctions de la foule, et pour comble de sûreté des gardes furent placés aux abords du palais.

Le séjour du Saint y fut beaucoup plus long qu'on ne l'avait présumé. Peut-élre dura-t-il plusieurs mois (juillet à septembre). Cet agonisant ne se décidait pas à mourir. Il se rebellait contre la mort: au centre de l'œuvre» ses préoccupations pour l'avenir de l'Ordre, lointaines quelques jours auparavant, étaient revenues plus angoissantes et plus terribles.

« Il faut recommencer, pensait-il ; créer une nouvelle famille qui n'oubliera pas l'humilité, aller servir les lépreux, et, comme jadis, se mettre toujours non seulement en paroles, mais en réalité, au-dessous de tous les hommes^. »

Sentir s'accomplir l'implacable travail de la destruction, contre lequel les plus soumis ne peuvent s'empécher de protester : cMon Dieu, mon Dieu, pourquoi? pourquoi m'avez- vous abandonné? » Devoir contempler la décomposition plus redoutable encore de son Ordre. Lui, l'alouette, être guetté çar des soldats veillant sur

Page 1