BuUe, Quo elongati (Potthatt
3. Ad mandaium illud va$ dieimuê non teneri; quod êinê eonêemu Fratrum maxime miniêtrontmf quoê univenoê tange» bat Migare nequivit née eueeeeecrem iuum qitomodolibet o6(tgaeit^ eum non habeat imperium par in parem. Le sophisme est à peine spécienz: François n'était pas Fégal de ses successeurs, il n'airait pas agi comme ministre général mais comme fontlateor.
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et où les passages les plus clairs sont tordus jusqu'à eo changer complèteoient le sens: «On demeure stupide, 8*ëcriera libertin de Casai, qu*un texte si dair ait besoin de commentaire^ car il suffit d'avoir son bon sens et de savoir la grammaire pour le comprendre. » Et ce moine étrange osa ajouter: « Il y a un miracle que Dieu lui-même ne saurait faire, celui de faire vraies deux choses contradictoires*. »
Certes, TÉglise doit être maîtresse chez elle; il n'y aurait eu aucun mal à ce que Grégoire IX créât un ordre conforme à ses vues et à ses idées, mais quand on parcourt les in-folio de Sbaralea et les milliers de bulles accordées aux fils spirituels de celui qui avait interdit, de la façon la plus claire et la plus solennelle, de demander aucun privilè^^e en cour de Rome, on ne peut se défendre d'une amère tristesse.
Ainsi soutenus par la papauté, les frères de la commune observance firent durement expier aux zelanti leur attachement aux dernières volontés de François : Césaire de Spire mourut des violences du frère préposé à sa garde le premier disciple, Bernard de Quintavalle, traqué comme une béte fauve, passa deux ans dans les forêts de Honte-Sefro, caché par un bûdieron^; les autres premiers compagnons qui ne parvinrent pas à s'enfuir, eurent à subir les plus durs traitements* Dans la Marche d'Ancône, foyer des Spirituels, le parti vainqueur sévit avec une terrible violence. Le Testament fut
1. Arhor vit. crue. lib. Y, cap» 3 et 5. Voir ci-dessus p. 211.
a. Tribal. Laur. 25 b ; Archiv, 1. 1, p. 532.
3. Au sommet des Âpennins, à peu près à moitié chemin entre Gamerino et Nooera (Umbria). TrikuL Latir. 26 b. Magl. 135 b.
TESIAMBNT £T XOAT DB S. FAANÇOIS 389
confisqué et détruit, ou alla jusqu^à le brûler sur la téte d*un frère qui s'obstinait à vouloir robsenrer K
TESTAMENT (traduction uttéralb).
Voici de quelle manière Dieu m'a donné, à moi frère François, de commencer à faire pénitence : lorsque je ▼ÎTais dans le pécbé, il m'était très pénible de voir des lépreux \ mais Dieu lui-même m'amena au milieu d'eux, et j'y restai un peu de temps'. Quand je les quittai, ce qui m'avait paru amer me devint doux et hcÛB.
Peu de temps après, je quittai le monde, et Dieu me donna une telle foi en ses églises que je m'agenouillais aveo simplicité, et je disais: fNous vôus adorons. Seigneur Jésus-Cbrist, ici et dans toutes vos églises qui sont par tout le monde, et nous vous bénissons de ce que, par votre sainte croix, vous avez racbeté le monde.»
£n outre, le Seigneur me donna et me donne une si grande foi aux prêtres qui vivent selon la forme de la sainte Eglise romaine, à cause de leur caractère sacerdotal, que même s'ils me persécutaient je veux avoir recours à eux. Et quand bien môme j'aurais toute la sagesse de Salomon, lorsque je trouverai de pauvres prêtres séculiers, je ne veux prêcher dans leurs paroisses qu'avec leur assentiment. Je veux les respecter, eux comme tous les autres, les aimer et les honorer
1. DeelareUio Ubmiini, Arehiv, III, p. 108. Ge ûdt ne saurait être ré^roqné en doute» puisqu'il est sUégué dans ime pièce adres* sée au pape, en réponse aox frères relâchés, auxquels elle devait
ûtre communiquée.
2. Feci moram cum ilîis. Man. 338. La plupart des textes imprimés donnent misencordiam qui présente un sens moins satisiaisant. Ci. MisceUanea t. lU (1888) p. 70^ 1 Gel. 17 j 3 Soc. 11.
tt
VIE DE S. FEANÇOIS
comme mes seigneurs. Je ne veux pas considérer leurs péchés, car en eux je vois le Fils de Dieu, et ils sont
mes seigneurs. Je fais cela parce que je ne vois rien, je n'aperçois rien ici-bas corporellement du très haut Fils de Dieu, sinon son très saint corps et son sang qu'ils reçoivent et que seuls ils distribuent aux autres. Je yeux honorer et rénérer par -dessus tout ces tréa saints mystères, et les garder précieusement. Partout oh je trouverai les noms sacrés de Jésus ou ses paroles en des lieux indécents, je veux les en Ôter, et je prie qa'on les en ôte pour les placer en quelque endroit honnête. Nous devons honorer et vénérer tous les théologiens et ceux qui prêchent la très sainte parole de Dien, comme nous dispensant l'esprit et la vie.
Quand le Seigneur m'eut donné des frères, personne ne me montrait ce que je devais faire, mais le Très- Haut lui-mOmo me révéla que je devais vivre selon le modèle du saint Évangile. Je fis écrire une courte et simple formule, et le seigneur pape me la confirma.
Ceux qui se présentaient pour embrasser ce genre do vie distribuaient aux pauvres tout ce qu'ils pouvaient avoir. Us se contentaient d'une tunique rapiécée en dedans et en debors avec la corde et les braies^ et nous ne voulions rien avoir de plus.
Les clercs disaient l'office co mme les autres clercs, et les laïques : Pater noster.
Nous aimions à démeurer dans les églises pauvres et abandonnées, et nous étions ignorants et soumis à tous. Je travaillais de mes mains et veux continuer, et je veux aussi que tons les autres frères travaillent à quelque métier honorable. Que ceux qui n'en ont point en apprennent un, non dans le but de recevoir le prix de leur travail, mais pour le bon exemple et pour fuir l'oisiveté. £t quand on ne nous donne pas le prix du travail, ajons
T£STAM£?iT £1 MOaX D£ S. FUAiNÇOIS 391
recours à la table du Seigneaii eu demandant l'aumône de porte en porte. Le Seigneur me révéla la salatation que nous devions faire : «Dieu vous donne la paix. »
Que les Frères aient grand soin de ne recevoir les églises, les habitations, et tout ce qu'on construit pour eux, que si tout est comme il convient à la sainte pauvreté dont nous avons fait vœu dans la Bègle, et qu'ils n'y reçoivent l'hospitalité que comme des étrangers et des voyageurs.
J'interdis absolument, par obéissance, & tous les frères, en quelque endroit qu'ils se trouvent de demander
aucune bulle en cour de Rome, soit directement, soit indirectement, sous prétexte d'église, de couvent, ou sons prétexte de prédications, ni même pour leur protection personnelle. S'ils ne sont pas reçus quelque part, qu'ils aillent ailleurs pour faire pénitence avec la bénédiction de Dieu.
Je veux obéir au ministre général, de cette fraternité, et au gardien qu'il lui plaira de me donner. Je veux me mettre entièrement entre ses mains, n'aller nulle part et ne rien faire contre sa volonté, car il est mon seigneur.
Quoique je sois simple et malade, je veux cependant toigours avoir un clerc qui me fasse l'office comme il est dit dans la Règle ; que tous les autres frères soient aussi tenus d'obéir à leurs gardiens et de faire l'oflice suivant la Règle. S'il venait à y en avoir qui ne fissent pas l'office selon la Règle et qui voulussent faire tout autre cbangement, ou bien s'ils n'étaient pas catholiques, que tous les frères, partout où ils se trouvent, soient tenus par obéissance de les présenter au custode le plus voisin. Que les custodes soient tenus par obéissance de le mettre sous bonne garde, comme un homme qui est dans les liens nuit et jour, de ftçon à ce qu'il ne puisse
échapper dd leurs mains^ jusqu'à ce qu'ils le remetteat peraonneUement entre les mains du ministre. Et qne le
ministre soit tenu par obéissance de l'envoyer par des frères qui le garderont nuit et jour comme un prison- , nier, jusqu'à ce qu'ils l'aient remis au seigneur éyêque d'Ostie qui est le seigneur, le protecteur et le correcteur de toute la Fraternité K
Et que les frères ne disent pas : eeei est une nouvelle Règle ; car ceci est un souvenir, un avis, une exhortation, c'est mon testament| que moi petit frère Françoisi je fais pour vous, mes frères bénis, afin que noos observions plus catholiquement la Règle que nous avons promis au Seigneur de garder.
Que le ministre général, tous les autres ministres et les custodes soient tenus par obéissance de ne rien ajouter et de ne rien retrancher à ces paroles. Qu'ils aient toujours cet écrit avec eux, à côté de la Règle, et que dans tous les chapitres qui seront tenus, en lisant la Règle, on lise aussi ces paroles*
J'interdis absolument par obéissance à tous les frères, clercs ou laïques, d'introduire des gloses dans la Règle, ou dans ce testament, sous prétexte de l'expliquer. Mais puisque le Seigneur m'a donné de dire et d'écrire la Règle et ces paroles d'une manière claire et simple, comprenez-les de même, d'une manière claire et simple. Bans commentaire, et mettez-les en pratique jusqu'à la fin.
£t que quiconque aura observé ces choses soit comblé au ciel des bénédictions du Père céleste, et sur la terre
de celles de son Fils bien-aimé et du Saint-Esprit consolateur, avec l'assistance de toutes les vertus célestes et de tous les saints.
1. On voit qu'il ne s'agit là que de l'hérésie. Les frères qui ea étaient entachés devaient être livrés à l'Église..
TESTAMENT ET UOAT DE S. FEANÇOIS 3d3
lût moi petit frère François, votre senritear, je vous confirme autant que je puis cette très sainte bénédiction.
Amen.
Après s'être occupé de ses frères, François songea à ses chères sœurs de Saint-Damien, et fit pour elles aussi UD testament.
II ne nous est pas parvenu» et Ton ne saurait s'en éCooner; les frères Spirituels purent s'enfuir et protester du fond de leurs retraites, mais les sœurs se trouvaient complètement désarmées contre les entreprises de la commune Observance ^.
Dans les dernières paroles qu'il adressa aux Clarisses, après leur avoir rappelé de persévérer dans la [)auvreté et dans Tunion, il leur donnait sa bénédiction^. Puis il les recommanda aux Frères, suppliant ceux-ci de ne jamais oublier qu'ils étaient les membres d'une seule et même fomille religieuse Ayant ainsi fait son possible pour tous ceux qu'il allait quitter, il songea un instant à lui-même.
11 avait fait connaissance à Rome d'une pieuse dame nommée Jacqueline de Settesoli. Quoique riche, elle
était simple et bonne, toute dévouée aux idées nou-
1. Urbain IV publia le 18 octobre 1263 (Potthast 18680) une Règle pour les Glarisses qui changeait complètement le caractère de cet Ordre. Elle avait pour auteur le cardinal-protecteur Jean des Urrins (le futur Nicolas 111) qui par précaution défendit, sous les peines les plus sévères, aux Frères Mineurs de dissuader les Sœurs de Taccepter. i Elle diffère autant de la première Règle, dit Ubertin de Casai, que le blanc et le noir, le savoureux et l'insipide f • ilrèof* vit. crue, lib, V, cap* 6.
2. V. Test, B. Clai-œ; Conform. 185 a [ .Spec, 117. b. a 2 Gel. 3. 132.
YIB DE S. FJ&AN(OIS
velleç ; même le côté un peu étrange du caraclère de François lui plaisait. Il lai avait donné un agneao qui i était devenu pour elle un compagnon inséparable ^.
Malheureusement tout ce qui la concerne a beaucoup souiTert des remaniements postérieurs de la l^ende. La conduite toute naturelle du Saint avec les femmes m beaucoup embarrassé ses biographes, de là des commentaires lourds et entortillés» accolés à des épisodes , d'une délicieuse simplicité. '
Avant de mourir, François désira revoir cette aoûe | qu*ii nommait en souriant frère Jacqueline. II lui fit ! écrire de venir à la Portioncule : on devine Teffarouche-
ment des narrateurs devant cette peu monastique invi*
tatioD.
Mais la bonne dame avait devancé son appel ; au
moment où le messager chargé de la lettre allait partir pour Rome, elle arriva à la Portioncule et y resta jusqu'au dernier soupir du Saint^. Un instant elle avait eu Tidée de renvoyer sa suite, le malade était si calme et si joyeux qu'elle ne pouvait le croire mourant,