‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 62 sur 242 · Preuves de Vfnsloire du Languedoc, U IIX, p · texte numérisé non relu

Preuves de Vfnsloire du Languedoc, U IIX, p

2. Cathédrale (l'Assise; on y baptise encore aujourd'hui tous les enfants de la viUe ; les autres églises n'ont pas de fonts.

3. 3 Soc. 1 ; 2 Gel. 1, 1 ; V. aussi 3 Soc. édition de Pesaro, i831.

4. La langue d*oil était dès cette époque la langue Internationale de TEurope, elle était en Italie la langue des jeux et des tournois et se trouvait en usage dans les petites cours princières du nord de U Péninsule. V. Dante de vulgari eloquio lib. I, cap. X. Brunelta Latini écrivit en français car i la parlure de France est plus délectable et plus commune à toutes gens, t A Tautre bout de TEurope, rabbé de Stade en Westphalie, parlait de la nohU^ de l'idiome gauloiê, Ann, 1224, apud Pertz, Script, t. XVI. Noiîs verrons saint François faire souvent des allusions aux romans de la Tàble-Rocde et A la cbanson de Roland.

J£UN£SSB DE S. FaANfOIS 5

Ces indications sur Bernardone sont d'une extrôme importance; elles nous mootrenl au milieu de quelles influences François grandit. Les marchands en effet jouèreoi un rôle considérable dans les mouyements religieux du treizième siècle. Leur métier même les obligeait à devenir des colporteurs d'idées. Gommenl» lorsqu'ils arrivaient dans un pays, ne pas répondre à tous ceux qui leur deonandaient les nouvelles? Or, les plus impatiemment attendues étaient les nouvelles religieuses, car la curiosité était tournée d*un tout autre côté qu^aujourd'hui. Ils se faisaient à ce rôle; regardaient» prêtaient l'oreille» heureux è la pensée d'avoir quelque chose à raconter» et peu à peu, beaucoup devenaient les missionnaires des idées qu'ils avaient d'abord écoutées en simples curieux.

L'importance de ce rôle des marchands qui allaient •

et venaient, semant un peu partout les nouveautés qu'ils recueillaient dans leurs courses, n'a pas été suffisamment mise en lumière; ils ont élé les véhicules souvent inconscients et involontaires de toutes les idées» surtout des hérésies et des révoltes, et ont fait le succès des VaudoiSj des Albigeois» des Humiliés et de bien d'autres sectes.

Bernardone a pu être ainsi» sans y songer» l'artisan * de la vocation religieuse de son fils. Les récits qu'il rapportait de ses voyages semblèrent peut-être d'abord n*avoir pas même éveillé Tattention de l'enfant, mais ils furent comme ces germes qui restent longtemps ensevelis» et qui tout à coup» sous un chaud rayon de soleil, produisent des fruits inattendus.

L'instruction de François ne fut pas p&ussée bien

loiû*; l'école s*abritaU alors à l'ombre de l église. Les prêtres de Saint-Georges fdrent ses iostituteurs^ et lui apprirent un peu de latiD. Cette langue resta courante en Ombrie jusque vers le milieu du treizième

siècle; tout le monde la comprenait et la parlait un peu, c*était encore la langue des sermons et des délibérations

politiques ^.

Il apprit aussi à écrire, mais avec moins de succès: pendant toute sa vie, on le voit ne prendre lui-même la plume qu'en de rares occasions et pour quelques mots seulement^. L'autographe du Sacro-Gonvento, qui a bien Tair authentique, témoigne d'une gaucherie extrême; la plupart du temps il dictait et se bornait à - signer ses lettres d'un simple T, symbole de la croix de Jésus K

La partie de son instruction qui devait avoir le plus dlnQuence sur sa vie fut le français^ qu*il parlait peut-

1. U ne ikat pas se laisser égarer par certains passages sur son ignorance dont on pourrait conclure au premier abord qu'il nib savait absolument rien, par ex. 2 Gel. 3, 45. Oiuniivif Homo iêU beaiuB milHa /Usnï idmHœ itudiU tnttulrtlift. Il s*sgit ici évidemment de la science, telle que la comprirent bientôt les Franciscains, et de la théologie en particulier.

La suite même du passage de Cclano en est la preuve évidente.

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