‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 87 sur 242 · Ccl. 13; 3 Soc · texte numérisé non relu

Ccl. 13; 3 Soc

2. 1 Gel. 13; il est possible qu*à cette époque U eût reçu les ordres mineurs et qu'ainsi il fût da for de VÉglim pour parler le Itngage du droit canon.

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qui les débarrassait d'une délicate alTaire, ils reo* Yoyèreot le plaignaot à Tofficialité diocésaine^.

Devant un tribunal ecclésiastique, la question changeait de face ; il était inutile de songer à demander à révêque de prononcer le bannissement , puisque son rôle était de sauvegarder la liberté des clercs. Bernardone De pouvait plus que déshériter son tils ou l'amener à renoncer de lui-même à toute succession. Ce ne fut pas difficile.

Appelé à comparaître devant le tribunal épiscopal ^»

François en eut une vive joie; ses fiançailles mystiques avec le Crucifié allaient donc recevoir une sorte de consécration oflicielle. A ce Jésus qu'il avait si souvent blasphémé et trahi par ses paroles et par sa conduite, il allait pouvoir promettre tout aussi publiquement obéissance et fidélité.

On devine sans peine le retentissement de tout cela dans une petite ville comme Assise, et la foule qui au jour fixé se porta vers la place de Sainte-Harie-Hajeure 011 Tévéque rendait ses jugements^.

On trouvait sûrement François insensé, mais on savourait d avance la honle et la colère de ce Bernardone que chacun détestait et dont Torgueil était si bien châtié.

L*évèqu6 exposa d'abord l'affaire, et conseilla à François de renoncer purement et simplement à ses biens. Mais au grand étonnement de la foule, on vit

i. s Soc. 18 et i9; 1 Gel. 14; Bon. 19.

a. A partir de IW jusqu'après la mort de taint François, le siège

épiscopal d'Assise fut occupé par Guido II. V. Grlstofani, I, 169 es.

3. Piazza di Santa Maria Maggiore o del vescovado. Tout y est resté à peu près dans le même état qu'au treizième siècle.

celui-ci, au lieu de répondre, entrer dans une salle de

révêché pour en sortir presqu'aussitôt, absolument nu . Il tenait à la main le paquet de ses vêtements qu il déposa devant révèque avec le peu d'argent qu'il avait encore: a Écoutez tous, dit-il, et sachez-le bien, jusqu'ici j ai appelé Pierre Bemardone mon père, mais maintenant je veux servir Dieu. G*est pourquoi je lui rends cet argent pour lequel il se tourmentait si fort, ainsi que mes vêtements et tout ce que j*ai de lui, car désormais je ne veux plus dire que Notre Père, qui êtes aux deux, n

Un long murmure s*éleva dans la foule, lorsqu'on vit Bemardone ramasser et emporter les vêtements, sans la plus petite marque de pitié, tandis que révèque en était réduit à prendre sous son manteau le pauvre François tremblant d'émotion et de froid

La scène du parvis produisit une immense impression ; l'ardeur, la naïveté, Tindignation de François, avaient été si profondes et si sincères que les rieurs étaient déconcertés. Ce jour-là il s'assura de secrètes intelligences dans beaucoup d'àmes. Le peuple aime ces conversions brusques, ou du moins qu'il croit telles; François slmposait de nouveau à rallcniion de ses concitoyens, avec une force que doublait le contraste entre son ancienne et sa nouvelle vie.

Il y a de pieuses gens dont la pudeur s'est eflaroucbée de la nudité de François : mais l'Italie n*est pas rAllemagne ou l'Angleterre, et le treizième siècle eût été bien étonné de la pruderie des Bollandistes. Il y a simplement là une nouvelle manifestation du caractère

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