LUTTES ET TRIOMPHE
celui qui avait été son confident au retour de Spolète. Quoi qu'il ea soit, il reçut de lui une iuoique et reprit quelques jours après la route de son cher Saint-Daniien ^.
11 ay reviot cepeadaut pas tout droit; avaot de commencer à restaurer le petit sanctuaire, il voulait revoir ses amis les lépreux, leur racooter à eux aussi sa grande ▼ictoire, leur promettre de les aimer encore plus que parle passé.
Depuis sa première visite à la maladrerie, le brillant cavalier était devenu un pauvre mendiant; il arrivait les mains vides, mais le cœur débordant de tendresse et de compassion. Installé au milieu de ces malades il leur prodigua les soins les plus touchants, lavant et essuyant leurs plaies, d'autant plus doux et radieux que les plaies étaient plus repoussantes^.
L eblouissement d'amour que l'enfant a pour sa mère, le malade délaissé Ta pour celui qui va le visiter. Il le croit tout-puissant; à son approche les crises les plus douloureuses s'apaisent ou disparaissent.
Cet amour inspiré par la sympathie d'un cœur affectueux peut devenir si profond qu'il semble parfois surnaturel; on voit des moribonds reprendre connaissance pour regarder une dernière fois, non les membres de leur famille, mais l'ami qui a tâché d elre le rayon de soleil
1. 1 Gel. 16; Bon. 21. Les curieux liront avec intérêt sur le voyage à Gubbio un article de aM. Mezzatinli intitulé S. Francesco e frederico Spadalunfja da Gubbio [Miscellanea, t. V, p. 76-78], CeSpadalunga de Gubbio a bien pu donner un vêtement à François, mais il est fort possible qae ce don ait été fait beaucoup plus tard, «t qu'on rait fixé A cette date solenneUe de la vie du Saint, par uie sorte d'inosion d'optique, presque inévitable, pjur suite du rapprochement do fait et du nom de la localité.
2. 1 Gel. 17i Bon. 11; 13; 21; 22; 3 Soc. 11 ; A. SS. p. 575.
de leurs dernières journées. Les liens du pur amour sont plus forts que ceux de la chair et du saag. François en fil bien des fois la douce expérience; dès son arrivée à la léproserie, il sentit que s*il avait perdu sa yie, il allait la retrouver.
Encouragé par son séjour au milieu des lépreux, il retourna à Sainl-Damien et se mit k l'œuvre, plein de joie et d'ardeur, le cœur aussi eosoleilié que la plaine d*Ombrie en ce beau mois de mai. Après s*6tre confectionné UD costume d'ermite, il commença à aller sur les places et dans les carrefours de la ville» Là» après avoir chanté quelques cantiques, il annonçai! aux geos rassemblés autour de lui sou projet de restaurer la chapelle: c Celui qui me donnera une pierre, ajoutait-il avec un sourire, aura une récompense ; celui qui m'en donnera deux, aura deux récompenses ; celui qui m'en donnera trois, aura trois récompenses. »
Beaucoup le traitaient d'insensé, mais d'autres se laissaient émouvoir au souvenir du passé. Quant à lui, sourd aux moqueries, il ne s'épargnait aucune peine, emportant sur ses épaules, si peu faites pour un dur labeur, les pierres qu'on lui donnait^.
Pendant ce temps, le pauvre prêtre de Saint-Damien sentait son cœur s'éprendre d'amour pour ce compagnon dont il avait été d*abord si embarrassé et s'efforçait de lui préparer ses mets préférés. François s'en aperçut bientôt. Sa délicatesse s'alarma des charges qu'il imposait h son ami et le remerciant, il résolut d'aller de porte en porte pour mendier sa nourriture.
Ce ne fut pas sans peine. La première fois, lorsqu'à