CHAPITRE II
DEVELOPPEMENT DE L ORDRE DE lA VISITATION.
Le noviciat des premières religieuses de la Visitation fut tout ce qu'on pouvait attendre des saintes dispositions qui les avaient préparées à la vie du cloître. Tous les matins elles entendaient dans leur chapelle la messe du saint évêque ou de son aumônier, et le reste de la journée était partagé entre la prière, la méditation, les œuvres de piété et de charité. Elles gardaient la retraite laj)lus rigoureuse, sans jamais sortir du monastère; et là elles menaient une vie tout angélique. Ecoutons sainte Chantai nous en faire elle-même la description.
« Dès le premier jour de notre retraite, dit-elle^ nous nous « Mihnes à pratiquer très-exactement tout ce qui nous était <( marqué, et c'étaient dès lors les mêmes pratiques qu'aujour- « d'hui. Nous faisions conscience de la moindre observance, « à ce point que nos deux chères sœurs, ayant goûté sans « la manger une des poires du verger qui étaient tombées par « terre, pour savoir s'il était temps de les cueillir, en eurent un « grand scrupule qu'elles communiquèrent à notre bienheu- « reux père; et il leur commanda de s'en confesser et de le « dire à la mère, ainsi que tout ce qui leur échapperait contre « l'observance, quelque petite que la chose leur parût. Ce grand « saint nous imprima l'amour d'une si parfaite exactitude el « simplicité, qu'au moindre petit manquement nous avions le
* Lettro de sainte Chantai.