‹ Vie de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 133 sur 231 · LIY. VII. - SA FOI · texte numérisé non relu

LIY. VII. - SA FOI

« d'obscurité, la foi a plus de lustre. » Mais en général il enseignait que, dans les tentations contre la foi, il faut vaincre en fuvant plutôt qu'en combattant c t raisonnant, qu'il faut imiter ceux qui défendent une place assiégée, et qui, voyant les ennemis attaquer un poste ou donner l'escalade d'un côté, font une sortie par une autre porte et prennent l'ennemi à dos: qu'ainsi, quand la tentation contre la foi assiège l'entendement et veu emporter la raison, il faut, au lieu de s'amusera disputer et à raisonner, sortir par la porte de la volonté et faire une bonne charge, s'élançant de vive force, par de saintes affections et de très-humbles soumissions de notre volonté à l'autorité de la sainte Eglise, disant, par exemple : « Vive Jésus en qui je « crois, vive la sainte Eglise à qui j'adhère! 0 mère des enfants « de Dieu! jamais je ne me séparerai de vous, je veux mourir « en votre sein ' . »

Pour atTermir la foi, le saint évèque disait qu'il ne connaissait rien de mieux que de marcher à sa lumière et de vivre de sa vie. C'était une de ses maximes, raconteM. de Belley, qu'il faut marcher devant Dieu selon l'esprit de foi et non selon le sens humain, c'est-à-dire, emprunter à la foi la règle de ses actions, de ses paroles et de ses désirs, se laisser constamment guider par elle, comme les Israélites dans le désert suivaient la colonne qui les précédait, et retracer en toute sa conduite les maximes de l'Evangile, les exemples de Jésus-Christ et des saints. Il ne voulait point qu'on se portât à une chose parce qu'on y a du goût, ou qu'on s'en abstint parce qu'on y a du dégoût ; c'était ce qu'il appelait vivre selon la chair et les sens, et non selon la foi. « Une personne, disait-il, est bien douce, bien agréable; « elle m'aime et me rend service; la chérir uniquement pour « cela, c'est aimer selon la chair et les sens : car les animaux, « qui n'ont pour guide que la chair et les sens, aiment leurs « bienfaiteurs et cenx qui les traitent avec douceur et affection. « Mais une personne est rude, âpre, incivile ; je l'aborde, je lui

* Dép. du seigneur de Charmoisy. — Lettre lxviu'.

ylO VIE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES.

« témoigne de laffection, je lui rends service, non que j'y aie « du plaisir, mais parce que cela est selon le bon plaisir de « Dieu; c'est là agir en esprit de foi. Je suis triste, et à cause « de cela je ne veux pas parler ; les perroquets font ainsi. Je « suis triste ; mais, puisque la charité veut que je parle, je le « ferai ; c'est là vivre de la foi. Je suis méprisé, et je m'en fâche, « les paons et les singes font ainsi. Je suis méprisé et je m'en « réjouis ; c'est là imiter les apôtres. Vivre donc de la foi, c'est « faire les actions, dire les paroles, avoir les pensées que l'es- « prit de foi requiert de nous. L'âme, appuyée sur l'esprit de « foi, s'encourage parmi les diflicultés, parce qu'elle sait que « Dieu aime, supporte et secourt les misérables qui espèrent en « lui ; elle s attache à Dieu et dit souvent que tout ce qui n'est « pas Dieu n'est rien, que ce qui n'est pas pour l'éternité n'est « que vanité \ »

' Dep. de 3 anus.

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