‹ Vie de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 199 sur 231 · SA MORTIFICATION · texte numérisé non relu

SA MORTIFICATION

La nécessité de la mortifîcalion, pour être vertueux, a été sentie par les païens eux-mêmes, dont un avait pour maxime : Se priver et souffrir : Abstiae et sustine. Mais la doctrine de l'Evangile et l'onction de la grâce la firent sentir bien autrement au saint évoque de Genève : « H faut mourir, disait-il, afin que « Dieu vive en nous; car il est impossible d'arriver à l'union « de notre âme avec Dieu par une autre voie que par la morti- « fication. Ces paroles : Il faut mourir! sont dures, mais elles « seront suivies d'une grande douceur, parce qu on ne meurt « à soi-même qu'afin d'être uni à Dieu par cette mort'. Il faut « mourir à tout autre amour pour vivre à celui de Jésus, afin « que nous ne mourions point éternellement*. Mon Dieu ! que « je voudrais bien mourir pour mon Sauveur; mais si je ne puis « mourir pour lui, que je vive au moins pour lui scuP. »

Conformant sa conduite à ces convictions, François de Sales commença par mortifier son corps. Comme il l'estimait un esclave qui se révolte quand on le flatte et qu'on condescend à ses désirs, jamais il n'accordait à ses sens la moindre délicatesse ou superfluité. lise bornait, en tout, au simple nécessaire; c'était pour lui une peine d'aller prendre son repas : et, si on ne l'en eût pressé, il l'aurait souvent oublié. 11 jeûnait fréquemment, et on peut même dire que sa vie était un jeûne continuel,

* Entretien sur la prétention religieuse, p. 575.

* Traité de l'amour de Dieu, liv. XH, eh. xiii. ' Lettre ccccxvii°.

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