‹ Vie de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 212 sur 231 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

DE LA VÉNÉRATION UNIVERSELLE DONT FRANÇOIS DE SALES FUT l'oBJET PENDANT SA VIE ET APRÈS SA MORT.

Les grandes vertus que nous venons de décrire concilièrent à François de Sales la vénération de tous les peuples. La France, l'Italie, l'Allemagne, la Flandre, tous les royaumes d'Europe s'accordaient dans ce même sentiment que chacun exprimait à sa manière. Les uns l'appelaient un docteur de l'Eglise, les autres un évêque des premiers siècles, tous un saint, un apôtre, un homme de Dieu en qui l'esprit divin habitait *. Quand il allait par les rues et les places, on ne le regardait qu'avec admiration, comme un ange de Dieu, et on estimait une grâce digne d'envie la laveur de le voir, de l'approcher et d'être béni par lui. Parmi ceux que la distance des lieux privait de cette grâce, un grand nombre lui écrivaient pour le consulter comme l'oracle du ciel, et l'on respectait dans sa décision la décision de Dieu même. Il n'y avait pas jusqu'aul protestants de Genève et des autres pays .qui ne partageassent à son sujet le sentiment universel ; et, malgré les injures dont ils essayèrent plusieurs fois de le flétrir, jamais ils ne purent trouver à redire en lui autre chose, sinon qu'il était papiste, c'est-à-dire catholique.

Plus on l'étudiait de près et dans le détail de s^ vie intime, plus on était saisi de cette haute idée de sa sainteté. François Favre, son valet de chambre, conservait avec religion toutes ses dépouilles, ses vieux habits, son linge, ses chapeaux, ses chaus-

* Dép. de François Faire.

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