‹ Vie de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 217 sur 231 · LIV. Vil. — MIRACLES (JU'IL OPÈRE · texte numérisé non relu

LIV. Vil. — MIRACLES (JU'IL OPÈRE

« J'ai eu entre les mains les relations de tous ces niiracies ; « et je sais qu'il y en a eu. outre ceux-là, un grand nombre « d'autres, mais dont la relation n'a pas été écrite. »

Entre tant de prodiges, nous rapporterons seulement en abrégé les sept miracles que mentionne la bulle de canonisation, en priant le lecteur de se souvenir que, comme le prouvent les actes du procès encore existants, chacun de ces miracles a été constaté par les enquêtes les plus sévères et les plus miuutieuses, avec le nom, le lieU; le temps, les témoins, toutes les circonstances des faits, et qu'ainsi la notoriété publique les a constatés à l'époque même où ils ont été allégués solennellement en preuve de la sainteté du serviteur de Dieu.

Le premier de ces miracles fut la résurrection de Jérôme Genin'. C'était un enfant de quinze ans, placé par ses parents chez le curé des Ollières, pour y apprendre la langue latine. Mécontent de son maître, qu'il trouvait trop sévère, Genin s'enfuit un matin pour retourner à la maison paternelle. Arrivé sur les bords de la rivière de Fier, ordinairement peu considérable et facile à traverser sur les planches jetées d'une rive cà l'autre, mais alors prodigieusement gonflée et débordée, par suite de la fonte des neiges, il hésita quelques instants s'il tenterait un passage aussi périlleux ; enfin, il se met à genoux, fait vœu d'aller, s'il réussit, entendre la messe au tombeau de François de Sales, se relève et s'avance. Arrivé au milieu de la rivière, les ondes qui mugissent l'épouvantent, la tète lui tourne, il tombe sur les planches qui vacillent, et de là dans la rivière. Il crie par trois fois : Bienheureux François de Sales, sauvez-moi ! renouvelle son vœu et disparaît englouti par les flots. Son frère François, qui l'accompagnait, court tout en pleurs au village d'Arnay, distant d'un kilomètre, et raconte aux habitants l'affreux malheur qui vient d'arriver. Un habile plongeur vient aussitôt avec toute la population du village pour chercher le corps du nové ; il essaye en plusieurs endroits de la rivière et ne trouve rien.

* Procès de canonisation j III'' vol., p. 567 et suiv.

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Enfin, à quatre heures de l'après-midi, c'est-à-dire huit heures après l'accident, il trouve le cadavre et l'amène sur le rivage. C'était quelque chose de hideux à voir : ce corps était plein d'eau jusqu'à la gorge, tout meurtri par le choc des pierres contre lesquelles les vagues l'avaient jeté; le visage était noir et livide, la bouche pleine de sang et de sable. On délibéra si on l'enterrerait aussitôt , mais on jugea convenable de remettre la cérémonie au lendemain, pour y inviter le curé des Ollières. Ce curé n'eut pas plutôt appris la triste nouvelle, qu'il accourt dès le soir même. Désolé, à la vue du cadavre qui déjà semblait en putréfaction et répandait une odeur fétide, il se met à. genoux et fait vœu de célébrer, pendant neuf jours, la messe près du tombeau de François de Sales, si Dieu, pour la gloire de son serviteur, rappelle cet enfant à la vie. On prie pendant la nuit près du défunt, qui avait été transporté dans une grange voisine; et le lendemain, vers onze heures du matin, on va faire la levée du corps, près duquel on ne restait déjà qu'avec peine, tant il sentait mauvais. Mais, ô prodige ! pendant qu'on chantait le psaume d'usage pour cette cérémonie , l'enfant lève le bras et s'écrie : 0 bienheureux François de Sales ! Le curé hiterrompt son chant, s'approche et entend celui qui, depuis vingt-six heures . était mort , lui crier d'une voix forte : Le hienheareux François de Sales m'a ressuscité! On apporte aussitôt des vêtements; le mort se lève et se montre à tous plein de vie. Cependant il lui restait encore des douleurs de ses meurtrissures; il alla à Annecy prier au tombeau du saint évêque, et, ses douleurs disparaissant tout à coup, il se trouva dans un état parfait de santé, reprit ses études, et devint dans la suite docteur en théologie.

Le second miracle fut la guérison subite d'un aveugle-né de la paroisse d'Arit, dans les Bauges, nommé Claude Marmot'. Au témoignage de trois médecms d'Annecy, cet aveugle n'avait aucun vestige d'œil humain, et à la place de l'organe étaient

' Procès de canonisation, V'' vol., p. 52 4 et suiv.

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