‹ Vie de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 226 sur 231 · LIV. VII. - BULLE DE SA CANONISATIO · texte numérisé non relu

LIV. VII. - BULLE DE SA CANONISATIO

chez lui les pèlerins et les religieux avec une cordialité toute fraternelle.

XLIII. Sa main s'ouvrait toujours aux besoins des indigents, avec une telle abondance, que. tout le pays ayant été affligé d'une cruelle famine, il ne renvoya jamais aucun pauvre sans lui faire l'aumône ; il faisait distribuer une certaine quantité de blé à chacune des familles qui étaient dans le besoin. Sa bienfaisance était si grande, qu'avant trouvé un pauvre sourd-nuiet destitué de tout secours, non-seulement il lui procura tout ce qui lui était nécessaire pour la vie temporelle, mais il le recueillit dans sa maison, où il se chargea lui-même de son éducation, et il parvint, tant la charité est ingénieuse, à lui faire comprendre, par signes et par gestes, les vérités du salut. Enfin, sa charité a été si ardente, et a su employer si utilement le ministère des autres vertus, qu'on assure qu'il a soumis à la foi catholique jusqu'à soixante et dix mille hérétiques.

XLIV. C'est la même charité qui, de son fonds inépuisable, a produit des livres dont les salutaires instructions ont arrosé de leurs eaux fécondes les cœurs des hommes de toute condition, et ont produit une moisson abondante de vie évangélique.

XLV. C'est de la profonde prudence qui accompagnait cette charité que sont émanées les lois de tant de congi'éga lions qu'il a instituées, savoir : celle du très-saint Sacrement, de l'immaculée Conception de la sainte Vierge, des ermites du mont Voiron, et surtout de Tordre de la Visitation Sainte-Marie. Cet ordre, qui est sous la règle de Saint- Augustin, a répandu une si vive lumière, que dans l'espace de peu de temps il s'est propagé jusqu'au nombre de plus <le cent trente monastères.

XLVl. Enfin, ce sont les aiguillons continuels de la même charité, qui pressaient jour et nuit le cœur de ce zélé pasteur à procurer de toutes ses forces le bien de son diocèse.

XLVII. Il était tout occupé à la visite de son diocèse, et en route pour retourner à Annecy, lorsque, après avoir célébré la sainte messe à Lvon, il fut attaqué d'une violente apoplexie , il reçut les sacrements de l'Eglise avec la piété et l'humilité la plus édifiante ; il fit sa profession de foi, répéta souvent ces paroles : Je ne suis qu'un serviteur inutile : que la volonté du Seigneur se fasse et non la mienne ! ô mon Dieu et mon tout ! Le lendemain, fête des saints Innocents, lorsqu'on récitant les litanies on en fut venu en ce! endroit : Saints Innocents^

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priez pour lui, il remit à Dieu son àme innocente, l'an de grâce 1622 et de son âge le cinquante-cinquième.

XLVIII. Or il a plu au Très-Haut, qui est admirable dans ses saints, de glorifier, non-seulement par la vénération et le culte des peuples, un homme d'une si grande sainteté, mais encore par un grand nombre de prodiges et de miracles, en sorte que ce charitable pasteur, si utile aux hommes pendant sa vie, a continué à leur rendre après sa mort d'importants services. Voici quelques-uns de ces miracles qui ont été constatés par des informations publiques, faites par notre autorité et par celle de la sacrée Congrégation , et examinés avec le plus grand soin.

XLIX. Jérôme Genin s'était noyé, et l'on allait porter en terre son cadavre couvert d'un linceul et exhalant déjà une odeur fétide, lorsque tout à coup il ressuscita, remua les bras, et éleva la voix pour publier les louanges de François, assurant qu'au moment de sa résurrection il lui avait apparu, revêtu de ses habits pontificaux, avec un visage éclatant et plein de bonté. Cette résurrection fut accompagnée d'autres circonstances non moins miraculeuses.

L. Claude Marmot, âgé de sept ans, aveugle-né, entièrement privé de l'organe de la vue, étant venu se prosterner au tombeau du serviteur de Dieu, recouvra, après avoir achevé laie neuvaine de prières, l'usage de la vue.

LI. Jeanne-Péronne Evraz, âgée de cinq ans, était paralytique; ses jambes et ses cuisses étaient réduites à un tel état de maigreur, qu'on la regardait comme incapable de pouvoir jamais faire aucun mouvement ; mais à l'heure même que son père priait pour elle au tombeau de saint François, elle se trouva tout à coup guérie, et courut à sa mère.

LU. Claude .lulliard, âgé de dix ans, était malade d'une paralysie qu'il avait apportée en naissant, et qui lui avait ôté tout usage de ses cuisses et de ses jambes. Sa mère le porta trois fois au tombeau de saint François pour le lui faire baiser. La troisième fois il sentit tout à coup la force et la vigueur animer ses membres, qui jusqu'alors avaient été sans mouvements; il se leva, se tint seul sur ses pieds et marcha avec assurance.

Lin. Françoise de la Pesse était tombée dans une rivière où elle s'était noyée. Non-seulement elle ressuscita, mais par un autre miracle les meurtrissures, les enflures et les autres marques difformes qui avaient été la suite de cet accident disparurent.

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LIV. Jacques Gueydin, qui était absolument perclus dès sa naissance, et dont les nerfs étaient contractés, fut tout à coup guéri.

LV. Charles Moteron qui était aussi perclus dès sa naissance, et dont tout le corps ne présentait qu'un aspect difforme et hideux, fut subitement guéri ; il prit la forme humaine dans toute sa perfection, et marcha facilement.

LVI et LVII. C'est pourquoi, pour rendre à une sainteté de vie si éclatante les honneurs qu'elle mérite, et pour répondre aux prières que nous en ont faites nos très-chers fds en Jésus Christ, Louis, roi très-chrétien de France: la reine Anne sa mère, veuve; la reine d'Angleterre, Marie-Henriette ; nos bien-aimés fils, nobles personnes Charles-Emmanuel, duc de Savoie et prince de Piémont; Christine sa mère, veuve, duchesse de Savoie ; François-Marie, duc de Bavière, et la duchesse Adélaïde son épouse, et encore le clergé de France, les princes et les seigneurs du même royaume, et tout l'ordre des religieuses de la Visitation Sainte-Marie; après avoir célébré publiquement dans la sainte basilique du prince des apôtres, le 28 décembre 1664, la béatification du même François de Sales, le sacrifice de la messe achevé, nous donnâmes notre consentement à ce qu'on procédât à sa canonisalion. Enfin, lorsqu'il n'a plus rien manqué des formalités que requièrent, pour une si sainte cérémonie, les règles des saints Pères, les décrets des sacrés canons, l'ancienne coutume de la sainte Église romaine et les ordonnances des nouveaux décrets, nous avons regarde que c'était un devoir de justice de rendre sur la terre un culte de louange et de vénération publique à celui que Dieu comble d'honneurs dans le ciel.

LVIII et LI\. C'est pourquoi. Nous et les cardinaux de la sainte Église romaine, les patriarches, archevêques et évèques ; nos chers fils prélats de la cour de Rome, nos officiers et les autres personnes de notre suite, le clergé séculier et régulier de la même ville, et uue grande affluence de peuple, nous étant tous soUennellement rendus dans la sainte basilique du Vatican, trois demandes nous ont été faites pour le même décret de canonisation, au no n du Roi très-chrétien, par notre fils bien-aimé noble personne Charles, duc de Créquy, son ambassadeur auprès de Nous. Alore ayant imploré les grâces du Saint- Esprit par des hymnes, des litanies et d'autres prières, agissant en l'honneur de la très-sainte et indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et l'accroissement de la religion chrétienne, en vertu

de l'aulorité de Notre-Seigneui' Jésus-Christ, de celle des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et de la notre, après une mine délibération et de fréquentes prières pour implorer l'assistance divine, d'après le conseil de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, les patriarches, archevêques et évéques qui sont présentement à Rome ; nous avons décrété et défini, comme par ces présentes nous décrétons et définissons que le bienheureux François de Sales, évéque de Genève, est saint, et nous Tavons inscrit, comme par ces présentes nous l'inscrivons au catalogue des saints ; ordonnant que tous les ans, le 29 janvier, on fasse, dans l'Eglise universelle, avec piété et dévotion, mémoire de lui comme d'un saint Confesseur Pontife. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

LX. Et par la même autorité, nous avons accordé à tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe, vraiment contrits et confessés, qui, chaque année, audit jour 29 janvier, visiteront le tombeau où repose son corps, sept ans et autant de quarantaines d'indulgence, leur relâchant miséricordieusement au nom du Seigneur, et en la forme qui est d'usage dans l'Église, pour autant de temps de pénitences qui leur auraient été enjointes, ou auxquelles ils seraient tenus en quelque manière que ce fût.

LXI. Après cela, pour louer et remercier l'infinie bonté et la suprême majesté de Dieu d'avoir voidu se servir de notre ministère pour décerner à saint François de Sales, évêque de Genève, le culte, les éloges et les honneurs que l'Eglise a coutume de rendre aux saints confesseurs pontifes, nous avons chanté le 'iV'Dnwi; ensuite nous avons récité l'oraison à l'autel de saint Pierre, et nous avons célébré, selon la coutume, une messe solennelle du second dimanche après Pâques, en ajoutant une seconde oraison qui a été la propre de saint François de Sales, avec la secrète et la post-communion du commun des confesseurs pontifes; et nous avons accordé à tous les fidèles présents à la cérémonie la plénière indulgence et rémission de tous leurs péchés.

LXII. Que Dieu, qui est admirable dans ses saints, soit donc béni de ce que nous avons reçu sa miséricorde au milieu de son temple, par le don qu'il a fait à son Eglise d'un protecteur et d'un intercesseur nouveau auprès de sa divine Majesté pour la tranquilHté de la même Eglise: pour l'accroissement de la foi catholique, pour l'instruction et la conversion des hérétiques qui en-ent hors de la voie du salut.

LXIU. Au reste, comme il serait difficile que l'original des présentes

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