AUTRES TRAITS DE SON DÉTACHEMENT. — IL EST EN BUTTE A LA CALOMNIE
ABBée !•!•.
Les grands travaux auxquels Tévèque de Genève se livrait pour le bien des âmes ne lui firent point négliger la mission d'un autre ordre qu'il avait à remplir à la cour. Il devait contribuer pour sa part à mener à bonne fin le projet de mariage entre le prince de Piémont et Christine de France, sœur du roi. 11 parut à la cour autant qu'il le fallut pour le succès de la négociation et disposa favorablement les esprits ; mais, quand on en vint à préciser les conditions du contrat, de graves difficultés s'élevèrent entre les plénipotentiaires du duc de Savoie et les ministres de France; plus on discuta, plus on se divisa; enftn le différend s'envenima à ce point, que les envoyés du duc, perdant tout espoir, songeaient déjà à leur retour en Piémont, lorsque Tévêque de Genève leur dit un jour, au sortir deTautel : « Attendez, Dieu fera tout. » En effet, peu de jours après, le contrat fut conclu aux conditions les plus avantageuses pour le Piémont, le roi s'engageant à donner pour dot à sa sœur quatre cent mille écus, et pour douaire quarante mille livres de rente.
Le prince de Piémont, qui était resté à Turin pour attendre rissue de la négociation, n'eut pas plus tôt appris ce dénoûment, qu'il se mit en route, accourut avec une diligence