SA FOI
L'union intime de François de Sales avec Dieu, lelJe qu'elle nous a apparu au chapitre précédent, peut nous donner Ja mesure de la vivacité de sa foi. Éclairé de lutnières surnaturelles par ce contact habituel avec la Divinité, si je puis ainsi dire, il mettait sa gloire à abaisser son esprit et son cœur devant la véracité de Dieu nous révélant ce que nous devons croire, et devant l'autorité de l'Église, interprète de la révélalion divine. Loin que cette soumission de sa raison eût pour lui quelque chose de pénible, ce lui était, au contraire, un bonheur incomparable de n'être point abandonné aux versatilités et aux ténèbres de son propre esprit, et d'être dirigé dans sa croyance par l'autorité infaillible de l'Église. « Je « sens en moi, disait-il à sainte Chantai *, de si vifs transports « d'amour pour la foi^ que toute ma vie j'ai désiré mourir « pour elle; et c'est ce qui m'a conduit diverses fois dans « Genève, au milieu des hérétiques qui en voulaient à ma « vie. » Aussi, ni la lecture des livres enfantés par l'hérésie, qu'il étudia pour les réfuter, ni la fréquentation des hérétiques, parmi lesquels il vécut pour les convertir, ne put porter aucune atteinte à sa foi; et il voyait en cela un bienfait du ciel dont il se plaisait à le remercier avec un cœur tout pénétré de reconnaissance. « Quelles actions de grâces ne « dois-je pas à Dieu, disait-il, de ce que mon faible et jeune « esprit a pu parcourir les livres les plus empestés des héré-
* Dêp, de la mère de Chaugy,