UV. VII. — SA CONFIANCE EN DIEU
« saccomberais ; mais plus je me sens faible, plus je mets ma H conûance en Dieu; et je tiens pour certain qu en présence Si de Toccasion, Dieu me revêtirait de sa force, et que je déu vorerais mes ennemis comme des agnelets*, n
Sa prière tardait-elle quelquefois à être exaucée, il ne se décourageait point. « La Providence ne diffère son secours, « disait-il, que pour provoquer notre confiance. Si notre Père il céleste ne nous accorde pas toujours ce que nous demana dons, c*est pour nous retenir auprès de lui et nous donner « sujet de le presser par une amoureuse violence, ainsi qu'il « le fit bien voir à ces deux pèlerins d'Emmaiis, avec les- « quels il ne s'arrêta que sur la fin du jour et quand ils le « forcèrent... »
ËnOn, dirigeait-il des âmes éprouvées, il leur prêchait la confiance avec un accent propre à la leur inspirer. « Viennent <c l'orage et la tempête, écrivait-il à Tune d'elles, vous ne péu rirez pas, vous êtes avec Jésus. Si la peur vous saisit, criez <c fort : 0 Sauveur! sauvez-moi. Il vous tendra la main, sertf rez-la bien et allez joyeusement, sans philosopher sur votre « mal. Tant que saint Pierre acon6ance, la tempête ne peut tt le faire enfoncer; dès qu'il craint, il enfonce. La peur est « un plus grand mal que le mal même. Il ne faut pas vouloir « qu'aucune feuille de votre arbre soit agitée, mais il doit « vous suflire qu'il demeure profondément enraciné. Si vous M faites des chutes, prosternez-vous devant Dieu pour lui dire a en esprit de confiance et d'humilité : Miséricorde, Seigneur, <i car je suis infirme. Relevez-vous ensuite en paix et allez ce en avant, bannissant toute défiance par la pensée que Dieu a est plus miséricordieux que nous ne sommes misérables. a Souffrez sans trouble la privation des goûts sensibles, un « seul acte fait avec sécheresse valant mieux que plusieurs tf faits avec une grande tendresse, pourvu qu'il soit fait avec c( un amour plus fort, quoique moins agréable. Enfin, faites
1 Uép. (le sainte Chanlaij art. 'JS, p. 72.
352 VIE DE SAINT FRAiNÇOIS DE SALES.
(( de tout vous-même un abandon paisible à la Providence au <( milieu des accidents de la vie et en présence même de la « mort. Dieu vous a gardé jusqu'à présent; tenez-vous à la « main de sa providence, et il vous assistera; et là où vous « ne pourrez marcher, il vous portera. Ne pensez pas à ce qui « vous arrivera demain : car le Père étemel, qui a eu soin de (( vous aujourd'hui, en aura soin demain et toujours. Ou il ne « vous donnera pas de mal, ou, s'il vous en donne, il vous <( donnera un courage invincible pour le supporter. Si vous a êtes en butte aux assauts des tentations, ne désirez pas den « être affranchi. Il est bon que nous les éprouvions, afin d'à- « voir l'occasion de les combattre et de remporter des vie- « loires. Cela sert à pratiquer les plus excellentes vertus elà a les établir solidement dans l'âme. »