VIE DB S. FR. DB SAL
« acquiescement : Votre volonté soit faite en la terre comme « au ciel... Sans doute les peines elles-mêmes nepeuventètre « aimées; mais, envisagées en la volonté divine qui les ores donne, elles sont infinimentaimables, elles sont toutes d'oret « plus précieuses qu*on ne saurait le dire... Que notre volonté « soit donc indifférente à tout ce que Dieu veut, et se place a entre ses mains comme une boule de cire disposée à prena dre toutes les impressions de son bon plaisir, sans choix, « sans préférence de quoi que ce soit, sans autre amour que « celui de la volonté divine, aimant non les choses que Dieu « veut, mais la volonté de Dieu qui les veut^ se laissant con- « duire par cette divine volonté comme par un lien trèsaima- « ble, pour aller avec bonheur partout où voudra la divin bon u plaisir Jusqu'à préférer, si la chose était possible, Tenfer « avec la volonté de Dieu, au paradis sans cette divine vote lonté... Indifférence, ajoute-t-il, qui doit s'étendre atout: « aux choses naturelles, comme la santé ou la maladie, la « beauté ou la laideur, la force ou la faiblesse; aux chosesde a la vie civile, comme les honneurs, les rangs, les richesses: « aux choses de la vie spirituelle, comme les sécheresses ou « les consolations, les goûts ou les aridités; enfin à tous les « événements, et à l'action comme à la souffrance. Oh! que (( bienheureuses sont de telles âmes, hardies et fortes à pource suivre les entreprises que Dieu leur inspire, non moins « promptes à les quitter quand Dieu le veut ainsi, et toujours (( aussi douces dans les revers que dans les succès! »
Grâce à cette conformité si parfaite de sa volonté avec la volonté de Dieu, les plus grandes afflictions trouvaient le saint évèque inébranlable; les croix mêmes lui devenaient très aimables, les choses les plus amèreslui semblaient très douces; et, recevant toutes les contradictions, non seulement sans mélancolie, abattement ou tristesse, mais avec aisance et joie, il pouvait écrire à sainte Chantai, à l'occasion d'une affliction sensible qu'il avait éprouvée : <« Oh t que c'est une bonne « chose de ne vivre qu'en Dieu, de ne travailler qu'en Dieu,