‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 190 sur 292 · LIV. VIL — SA CONFORMITÉ A LA VOLONTÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

LIV. VIL — SA CONFORMITÉ A LA VOLONTÉ DE DIEU

« de ne se réjouir qu'en Dieu ! je ressens dans ma peine une a douceur cent fois plus suave qu'à Tordinaire. i> Enfin son abandon au bon plaisir de Dieu s*élevait jusqu'à ce degré de perfection, qu'il se sentait disposé à souffrir avec une entière tranquillité d'àme les supplices et la mort même, si Dieu permettait qu'il y fût injustement condamné, et cette condamnation n'offrait à sa pensée qu'un point de vue qui lui tit peine : c*était le scandale qui en résulterait si on le croyait coupable.

Qu'on ne pense pas, néanmoins, que cette conformité à la volonté divine allât jusqu'à le rendre insensible : son cœur si tendre ressentait vivement la peine, mais se soumettait : « Je <i pleure en de telles occasions, écrivait-ii à une personne af- « fligée de la mort d'un des siens ; mais^ Dieu soit loué! c'est a toujours avec tranquillité que je pleure, toigours avec un « grand sentiment d'amoureuse dilection envers la providence a de Dieu : car, depuis que Notre-Seigneur a aimé la mort « et Ta donnée pour objet à notre amour, je ne puis vouloir « mal à la mort de m'enlever mes sœurs ou toute autre per- « sonne, pourvu qu'elles meurent dans l'amour de la mort « sacrée du Sauveur * . »

Le saint évéque trouvait donc bon que dans la perte des siens on donnât quelque chose à la sensibilité naturelle, mais à la condition de ne rien diminuer de la conformité à la volonté de Dieu. « Je n'ai garde de vous dire : Ne pleurez pas, « écrivait-il à une personne qui avait perdu une sœur chérie^, <c non; car il est bien juste que vous pleuriez un peu, en té- « moignage de la sincère affection que vous lui portiez, à « l'exemple de notre cher Maître, qui pleura un peu sur son « ami Lazare. Mais ne pleurez pas beaucoup, comme font « ceux qui^ tout entiers à cette misérable vie, ne se ressou- « viennent pas que nous allons à l'éternité, où, si nous vivons

» Lettre dcccxxxviii*.

2 Lettre dcclx*. — Esprit de saint François de Sales, XVIIl» part., fsect. un.

« bien en ce monde, nous nous réunirons un jour à nos chers « défunts pour ne jamais les quitter. Nous ne saurions empè- « cher notre pauvre cœur de ressentir la perte de ceux qui « étaient ici-bas nos aimables compagnons ; mais il ne faut « pourtant pas démentir la solennelle résolution que nous c( avons faite de tenir notre volonté inséparablement unie à <( celle de Dieu, ni cesser de dire à la divine providence : Oui, « vous êtes bénie, car tout ce qui vous plaît est bon *. Cette (( imaginaire insensibilité de ceux qui ne veulent pas qu'on <( soit homme m*a toujours semblé une chimère; mais aussi, « après qu'on a payé le tribut à la partie inférieure de notre « &me, il faut rendre le devoir à la supérieure, où siège, u comme dans son trône, l'esprit de foi qui doit nous consoler « dans nos afflictions et par nos afflictions mômes : Bienheua reux ceux qui se réjouissent d'être affligés et qui conver- « tissent l'absinthe en miel ^ ! »

i Lettre clxxix*.

- Lettre DCCLX®.

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