LIV. VIL - SA DÉVOTION A L'EUCHARISTIE
célébrait chaque jour la sainte messe, même en voyage ^^ et il disait qu*il eût été mal à Taise tout le jour s'il Teût omise une seule fois^ Pour mieux faire cette grande action, il s'était tracé par écrit une méthode qui a été heureusement conservée; en voici l'analyse. Il commence par les actes d'adoration et d'amour, de contrilioUf de satisfaction et d^ofTrande; de là il passe à la méditation de deux mystères de Notre- Seigneur, avant et après la messe, accompagnée de considérations et d'affections propres à chacun de ces mystères; puis viennent le neuvième chapitre du quatrième livre de ïlmiiaiiony la prière de Grégoire 111, Ego volo missam celé" brare, etc., et diverses prières à Jésus-Christ, à la sainte Vierge^ aux anges et aux saints. Après cette préparation, le saint auteur esquisse les sentiments pieux qui devront l'occuper à chaque partie du sacrifice ; puis il trace la méthode d'actions de grâce, qu'il fait suivre de diverses formules de prières, et expose la manière d'honorer alors Notre-Seigneur comme père, avocat, maître, juge, médecin, pasteur et rémunérateur des élus'.
Jaloux de faire aimer la sainte Eucharistie autant qu'il l'ai* malt lui-même, il veillait, dans ses visites pastorales, à ce que la propreté et la décence du tabernacle, du ciboire, des linges sacrés, de tout le lieu saint, inspirassent aux fidèles le respect de ce grand sacrement, à ce que les processions et toutes les cérémonies se fissent avec majesté et révérence ; et il établit que tous les jeudis, sauf l'Avent, le Carême et l'occurrence d'une fête semi-double et au-dessus, tout le diocèse ferait l'office du Saint-Sacrement. Il prêchait ou faisait prêcher chaque année le dimanche d'avant la Fête-Dieu pour inviter son peuple à se préparer à cette grande solennité; pendant toute l'octave il donnait lui-même la bénédiction du saint Sacrement, afin d'y attirer un plus grand nombre de fidèles ;
^Dép. d* Angélique Pesse, — Le P. la Rivière, p. 414. * Dép. de Moccand, » Optac, p. 324.
toute ]*année, il recommandait en public et en particulier la fréquente communion \ et il la mit en tel honneur, que dans tout son diocèse, et principalement à Annecy, la plupart s'en approchaient tous les jours de fêtes et de dimanches, et les plus relâchés au moins à toutes les fêles solennelles'. 11 y exhortait tous ceux qu'il dirigeait, soit dans le cloître, soit dans le monde. <( Communiez hardiment en paix et en humi- « lité, disait-il, pour correspondre aux désirs de Tépoux divin, « qui, pour s'unir à nous, s'est anéanti et abaissé jusqu'à se « faire notre viande, la viande de nous qui sommes la viande <c des vers ; ne laissez pas la communion pour vos distractions « et froideurs, car tout cela se passe sans votre consentement « dans les sens; et rien ne rassérénera tant votre esprit que « son roi, rien ne réchauffera tant que son soleil, rien ne le « détrempera si suavement que son baume... Dieu ! quel bonce heur pour nous que notre âme, en attendant cette union « que nous aurons avec Notre-Seigneur au ciel, s'unisse à loi « par ce divin sacrement, de telle sorte que nous mangeons, « par communion réelle, celui que les chérubins et les serace phins adorent et mangent par contemplation réelle. Alors (( Jésus-Christ est dans toutes les parties de notre être; là « il redresse et purifie tout, il mortifie, vivifie, sanctifie tout; « il aime dans le cœur, il entend du cerveau, il anime « dans la poitrine, il voit aux yeux, il parle en la langue, « fait tout en nous, et alors nous ne vivons plus en nous- « même^ mais Jésus-Christ vit en nous. » Il avait surtout h cœur qu'on s'approchât dignement de la table sainte, et pour cela il composa à l'usage des fidèles : 1** divers avis et exercices relatifs à la manière d'entendre la sainte messe'; â^ des exhortations à la communion fréquente, accompagnées des principes qui doivent servir de règle en cette ma-
1 Esprit de saint François de Sales, X^ part., sect. xx. — XVU' part., sect. xxv.
2 Dom Jean de Saint-François, p. 491.
» Opusc, p. 475, 501, 503.