LIV; VIL — SA DÉVOTION A MARIE
lière* ; S** divers exercices très pieux, avant et après la commanion, avec un recueil de prières et d'hymnes traduites pour servir de préparation et d^actions de grâces*. C'est là que de son cœur on voit jaillir des élans d^amour, d'admiration et de reconnaissance pour le plus aimable de tous les mystères.
De cette dévotion si tendre à Jésus-Christ découlait, comme le ruisseau de sa source, comme la conséquence de son principe, la dévotion à Marie; et c'était en effet sa pensée que l'amour de la mère est inséparable de TamourduPils; que c^est manquer à celui-ci de ne pas honorer celle-là; que plus on aime Jésus-Christ^ plus on doit aimer celle qui nous Ta donné, celle qu'il a lui-même tant aimée, et dont la gloire est la sienne propre, puisqu'elle tire de lui toutes ses grandeurs; qu'enfin Marie, par son titre de mère de Jésus-Christ, notre souverain Père, est notre grand' mère, et que, comme Dieu est Tenu à nous par elle, il désire que par elle aussi nous allions à lui^. Conséquemment à ses pensées, le saint évêque avait pour Marie une dévotion toute particulière, un amour tendre, une confiance filiale* : « Toutes les fois, disait-il, que j'entre « dans un lieu consacré à cette auguste reine, je sens par un « tressaillement de cœur que je suis chez ma mère ; car je suis a bien le fils de celle qui est le refuge des pécheurs'. »
Dès ses premières années, cette dévotion avait fait les délices de son cœur; il était entré dès lors dans les confréries ou congrégations érigées en son honneur et avait fait vœu de réciter le chapelet tous les jours de sa vie; pratique qu'il observa avec tant de piété, qu'il y employait une heure entière, accompagnant cette récitation de la méditation des mystères du rosaire, et avec tant d'exactitude, que, lorsque ses affaires
1 Opusc, p. 370, 583, 636.
3 Jbid., p. 206 à 247, p. 590, 599, 604 et suiv.
* Dép, du marquis de Lullin.
* Esprit de saint François de Sales, IV* p. scct. xxx et xxxi. » Année de la Visitation, 27 août.
lui en ôtaient le loisir pendant le jour, il portait son chapelet au bras pour se souvenir de le réciter avant de se coucher; le soir, quelque avancée que fût la nuit, quelque fatigué qu'il fût lui-même, il ne retranchait rien de la prière vouée à Marie: et, lorsqu'il était malade à ne pouvoir parler, il se la faisait réciter par un des siens et en accompagnait mentalement la récitation. Enfin il portait toujours son chapelet suspendu à sa ceinture pour ne jamais perdre de vue qu'il était toul entier à Marie. Désireux de répandre une dévotion si chère à son cœur, il recommandait souvent la récitation du chapelet et enseignait la méthode suivante pour s'en bien acquitter : « Ayant pris votre chapelet par la croix, disait-il*, et Payant « baisée, vous ferez le signe de la croix et vous vous mettrez u en la présence de Dieu en disant le Credo. Au gros ^rain, « vous demanderez à Dieu la grâce de bien dire le chapelet; « aux trois petits grains, vous demanderez la même chose à « la glorieuse Vierge en la saluant comme fille du Père, mère « du Fils^ épouse du Saint-Esprit. Gela fait, vous considérerez « les mystères ou joyeux, ou douloureux, ou glorieux, ou « quelque autre dévot sujet que Dieu vous inspirera. A la fin « vous remercierez Dieu, sur le gros grain, des grâces reçues « pendant cet exercice ; et, aux trois petits grains, vous sup- « plierez la sainte Vierge d'offrir au Père éternel votre méa moire pour vous souvenir à jamais de ses miséricordes ; au « Fils, votre entendement pour méditer sa sainte Passion ; au <c Saint-Esprit, votre volonté pour qu'elle soit enfiammée à « jamais de son saint amour. Au gros grain, en disant le Pater, <( vous prierez la Majesté divine d'accepter le tout pour sa « gloire et le bien de son Église, de convertir tous les dévoyés « et de bénir tous vos amis. Puis vous direz le Credo, vous « vous signerez et baiserez la croix, protestant que vous voulez « être serviteur tout dévoué du divin Sauveur et de sa bénigne « Mère. Amen. )> Lorsque le saint prélat entendait sonner
i Le P. la Rivière, p. 50 et suiv.