‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 240 sur 292 · TIB DE 8. FR. DB SALES. — II · texte numérisé non relu

TIB DE 8. FR. DB SALES. — II

surée qui ôte la paix de rame, ni Tavidité du succès qui passionne la volonté. Son entendement se portait tout pacifiquement d'un devoir à un autre devoir, et c'était ainsi qu'il en combattait l'excessive activité. D'un autre côté, pour en corriger la nonchalance, il n'accordait jamais un moment i la paresse; depuis le matin jusqu'au soir il était occupé sans relâche , et nous en avons pour preuve non seulement les^ témoins de sa vie qui Font ainsi déposé, mais encore sa prodigieuse correspondance et ses nombreux écrits, son assiduité au tribunal et en chaire, son dévouement au biea du prochain et ses mille travaux que nous avons racontés. Enfin, pour combattre la présomption de Tentendement, il se tenait en défiance de lui-même et de ses propres pensées, il déférait volontiers à l'avis des autres, aimait à prendre conseil et avait en aversion la hardiesse téméraire de ces esprits présomptueux qui croient tout savoir et parlent de tout en docteurs.

La modestie de la volonté ne le cédait point en lui à la modestie de l'entendement. Il la faisait consister en deux choses : la fermeté et la condescendance. Sans la fermeté, disait-il, on n*a qu'une volonté capricieuse, inconstante et légère, qui passe de désirs en désirs , ne sait se fixer sur rien ; et sans la condescendance on n'a qu'une volonté opiniâtre et déraisonnable qui se heurte et se brise contre les obstacles , qui froisse les cœurs, qui mécontente les esprits, gâte tout ce qu'elle touche; et, dans l'un comme dans l'autre cas, la volonté perd toute sa modestie. Gonséquemment à ces principes, sa volonté était ferme et constante dans la poursuite du bien ; c'était un rocher contre lequel les vagues pouvaient venir se briser sans jamais l'ébranler. Il ne connaissait ni les caprices, ni les fantaisies, ni les lâches appréhensions; il voulait fermement ce qu'il devait vouloir, mais rien autre chose; et il s'interdisait sévèrement tout ce qu'il n'était pas sage de vouloir. Toutefois il n'était point opiniâtre; il savait céder là où la raison le disait, là où le plus grand bien le requérait, là même où il le pouvait sans

Page 1