‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 284 sur 292 · LIV. VU. — BULLE DE SA CANONISATION · texte numérisé non relu

LIV. VU. — BULLE DE SA CANONISATION

qu^ayant trouvé uq pauvre sourd-muet destitué de tout secours, non seulement il lui procura tout ce qui lui était nécessaire pour la vie temporelle, mats il le recueillit dans sa maison, où il se chargea luimême de son éducation, et il parvint, tant la charité est ingénieuse, à lui faire comprendre^ par signes et par gestes, les vérités du salut. Enfin sa charité a été si ardente et a su employer si utilement le ministère des autres vertus, qu'on assure qu'il a soumis à la foi catholique jusqu'à soixante-dix mille hérétiques.

XLIV. C'est la même charité qui, de son fonds inépuisable, a produit des livres dont les salutaires instructions ont arrosé de leurs eaux fécondes les cœurs des hommes de toute condition, et ont produit une moisson abondante de vie évangélique.

XLV. C'est de la profonde prudence qui accompagnait cette charité que sont émanées les lois de tant de congrégations qu'il a instituées, savoir : celle du Très-Saint-Sacrement, de Flmmaculée-Conception de la sainte Vierge , des Ermites du mont Yoiron, et surtout de Tordre de la Visitation Sainte-Marie; cet ordre, qui est sous la règle de Saint-Aûgustin, a répandu une si vive lumière, que, dans l'espace de peu de temps, il s'est propagé jusqu'au nombre de plus de cent trente monastères.

XLVI. Enfin, ce sont les aiguillons continuels de la même charité qui pressaient jour et nuit le cœur de ce zélé pasteur à procurer de toutes ses forces le bien de son diocèse.

XLVU. H était tout occupé à la visite de son diocèse, et en route pour retourner à Annecy, lorsque, après avoir célébré la sainte messe à Lyon, il fut attaqué d'une violente apoplexie; il reçut les sacrements de l'Ëglise avec la piété et l'humilité la plus édifiante; il fit sa profession de foi, répéta souvent ces paroles : Je ne suis qu'un serviteur inutile : que la volonté du Seigneur se fasse et non la mienne! ô mon Dieu et mon tout! Le lendemain, fête des saints Innocents, lorsqu'en récitant les litanies on en fut venu à cet endroit : Saints Innocents, priez pour luiy il remit à Dieu son àme innocente, l'an de grâce 1622 et de son âge le cinquante-cinquième.

XLVIIL Or il a plu au Très-Haut, qui est admirable dans ses saints, de glorifier, non seulement par la vénération et le culte des peuples, un homme d'une si grande sainteté, mais encore par un grand nombre de prodiges et de miracles, en sorte que ce charitable pasteur, si utile aux hommes pendant sa vie , a continué à leur

rendre après sa mort d'importants services. Voici quelques-uns de ces miracles qui ont été constatés par des informations publiques, faites par notre autorité et par celle de la sacrée Congrégation , et examinés avec le plus grand soin.

XLIX. Jérôme Genin s*était noyé^ et Ton allait porter en terre son cadavre couvert d'un linceul et exhalant déjà une odeur fétide, lorsque tout à coup il ressuscita, remua les bras et éleva la voix pour publier les louanges de François, assurant qu'au moment de sa résurrection il lui avait apparu, revêtu de ses habits pontificaux, avec un visage éclatant et plein de bonté. Cette résurrection fut accompagnée d*autres circonstances non moins miraculeuses.

L. Claude Marmot, âgé de sept ans, aveugle-né, entièrement privé de l'organe de la vue , étant venu se prosterner au tombeau du serviteur de Dieu, obtint, après avoir achevé une neuvaine de prières, Tusage de la vue.

LI. Jeanne-Péronne Évraz, âgée de cinq ans, était paralytique; ses jambes et ses cuisses étaient réduites à un tel état de maigreur qu'on la regardait comme incapable de pouvoir jamais faire aucun mouvement; mais, à l'heure même que son père priait pour elle au tombeau de saint François , elle se trouva tout à coup guérie et courut à sa mère.

LII. Claude Julliard, âgé de dix ans, était malade d'une paralysie qu'il avait apportée en naissant , et qui lui avait ôté tout usage de ses cuisses et de ses jambes. Sa mère le porta trois fois au tombeau de saint François pour le lui faire baiser. La troisième fois, il sentit tout à coup la force et la vigueur animer ses membres, qui jusqu alors avaient été sans mouvements; il se leva, se tint sur ses pieds et marcha avec assurance.

LUI. Françoise de la Pesse était tombée dans une rivière où elle s'était noyée. Non seulement elle ressuscita, maïs, par un autre miracle, les meurtrissures, les enflures et les autres marques diflTormes qui avaient été la suite de cet accident disparurent.

LIV. Jacques Fueydin, qui était absolument perclus dès sa naissance, et dont les nerfs étaient contractés, fut tout à coup guéri.

LV. Charles Moteron , qui était aussi perclus dès sa naissance, et dont tout le corps ne présentait qu'un aspect difforme et hideux, fut subitement guéri ; il prit la forme humaine dans toute sa perfection, et marcha facilement.

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