‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 34 sur 292 · LIV. V. — MONASTÈRE DE LYON · texte numérisé non relu

LIV. V. — MONASTÈRE DE LYON

crement, elle priait Jésu&-Ghristde prendre soin de lui-même, lui qui prenait tant de soin de ses épouses, un inconnu vint lui apporter un ciboire en vermeil, en énonçant le vœu qu'on s'en servît au plus tôt^

François joignit ses consolations à celles de la Providence, et, dans l'espace de cinq semaines, il écrivit à madame de Chantai jusqu'à cinq lettres pour Tencourager et la fortifier au milieu de ses épreuves. Dès le lendemain de son départ, il lui avait adressé une première lettre qu'on devait lui remettre sur la route : « La Providence vous assistera, lui disait-iP; in voie quez-la avec confiance en toutes les difficultés : à mesure « que vous allez, prenez courage et réjouissez-vous de con- « tenter Notre-Seigneur, dont le contentement réjouit tout le « paradis. Faites suavement etjoyeusement Tœuvre qu*il vous « a confiée. Vos anges d'ici tiennent leurs yeux sur vous et sur « votre petite troupe, et ne vous peuvent abandonner; les «t anges de France qui vous attendent enverront à votre ren- «< contre leurs bénédictions et vous regardent déjà aVec amou r « allant vers les lieux qui leur sont confiés, puisque vous n'y u allez que pour seconder leur ministère... 0 Dieu de mon « cœuri tenez ma très chère fille dans voire main; que son « ange soit toujours à sa droite pour la proléger, et que la « sainte Vierge la récrée toujours du regard de ses yeux déi< bonnaires. »

Quatre jours après, il lui écrivait ^ : « J'apprends que vous « êtes malade et un peu étonnée de n'avoir point trouvé les M choses en si bons termes, comme notre désir me le faisait « imaginer. Voilà de vrais signes de la bonté de l'œuvre : Tac- « ces y est toujours difficile, le progrès un peu moins, et la « fin bienheureuse. Ne laissez point affaiblir votre courage « entre les contradictions : la porte des consolations est diffi- « cile, la suite sert de récompense. Souffrez, adoucissez tout

» De Cambis, t. II, p. 435.

- Lettre cccxv*.

5 Lettre cccvi".

7G VIE DE SAIiNT FRANÇOIS DE SALES.

« et supportez en silence. Il faut semer en travail, en per- « piexité, en angoisses, pour recueillir en joie, en consola- « tion, en bonheur. » Et, quelques jours après, il ajoutait* : « Je suis toujours présent en esprit au milieu de vous, et ne <( cesse de répandre des souhaits sacrés sur votre personne et « sur votre troupe; Seigneur, bénissez de votre main le cœur « de ma mère, afin qu'il soit béni en la plénitude de votre a suavité, et devienne comme une source féconde qui vous « produise grand nombre de cœurs tout dévoués... Dieu veut « je ne sais quoi de grand de nous^. Mais observez le prête cepte des saints, de parler peu ou point de soi et des choses « qui sont nôtres. L'amour de nous-mêmes nous éblouit soui< vent; il faut avoir les yeux bien fermés pour ne pas se « tromper à son sujet. » Enfm, dans sa dernière lettre^, il lui donnait des avis sur sa santé et sur certains points de la discipline religieuse. C'est ainsi que ce tendre père aidait de ses conseils sa chère fille spirituelle, quoiqu'il fût, selon son expression, totalement embesogné delà composition du Traité de Vamourde Dieuy auquel il travaillait alors : c'est ainsi que, secourabie de loin comme de près, il pratiquait ce qu'il dit lui-même, que « les gens du monde se laissent en se laissant, « mais que ceux de Dieu, loin de se laisser jamais, sont tou- « jours unis ensemble en Jésus-Christ*. »

1 Lettre cccxxvii*.

s Lettre cccxxvju®.

3 Lettre cccxxv * Lettre cccxix».

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