‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 60 sur 292 · LIV. VI. — PÈLERINAGE DE MILAN · texte numérisé non relu

LIV. VI. — PÈLERINAGE DE MILAN

« charmante à la pratique de toutes les vertus chrétiennes, « me montrant qu'il est plus aisé qu*on ne pense d*allier les <c vertus solides avec les emplois militaires; que la dévotion a n'est point sauvage et farouche comme on la représente; « qu'on peut la conserver à la cour comme dans les cloîtres ; « qu'elle est l'ornement des plus grands seigneurs; que de « grands rois l'ont pratiquée sur le trône, et de grands capi* a taines au milieu des batailles, témoin David et saint Louis, « Judas Machabée et ses frères, qui, dans les combats, étaient « des foudres de guerre et des saints devant Dieu; et il m'ex- » posait ensuite avec une suavité divine combien la loi de « Dieu est juste, belle, douce, utile, aimable, facile à obser- «< ver à quiconque veut aimer Dieu et se confier en sa bonté « paternelle. D'autres fois il s'attachait à faire ressortir la va- « nilé du monde, l'inconstance de la fortune, le peu de fonds « qu'il y a à faire sur la faveur des grands et sur les grandeurs <c elles-mêmes, nous montrant Dieu seul comme le seul fon- « dément sur lequel on puisse se reposer * . »

Arrivé à Turin, le pieux voyageur alla aussitôt offrir ses hommages au duc de Savoie, qui le reçut avec tous les égards que méritaient son caractère et sa vertu. Ses premières paroles furent pour la défense des gentilshommes auxquels on imputait l'assassinat du secrétaire du duc de Nemours; mais, trouvant contre eux des préventions extrêmes, il crut prudent de ne pas insister pour le moment, et passa à la question de ses chères filles de la Visitation. Le duc, sur son rapport, en conçut tant d'estime, que, non content d'accorder tout ce que te saint évèque sollicitait, il en écrivit l'année suivante au sénat de Chambéry pour lui recommander, avec le plus grand intérêt, cet ordre naissant. L'évêque l'entretint ensuite de l'état de décadence où se trouvait le collège d'Annecy, et du refus qu'en faisaient les Jésuites, incapables de suffire à tous les établissements qu'on leur offrait. Le prince lui proposa d^

^ f)êp. du iïiarquis de LuUin.

Page 1