‹ Vie de Saint Hilaire, év`eque de Poitiers, docteur et P`ere de l'ÉgliseChapitre 52 sur 56 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Note A. — « Valentinien n'est arrivé à Milan que dans le courant de novembre 364 (et non pas en juin, comme Ta cru D. Couslant); d'autre part, la discussion publique entre Hilaire et Auxence n'a eu lieu qu'après la promulgation du malencontreux décret de l'empereur. Or le mémoire contre Auxence

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n'ayant été composé qu'assez longtemps après la dispute (diu), on ne peut guère en placer la publication avant le commencement de l'année 365. » Nous nous rallions à celte opinion de D. Ghamard. [Orig. de l'Église de Poitiers, ch. xi, p. 204, notel.) Plusieurs croient cependant qu'Hilaire a écrit cette lettre en 364. (V. Till., t. VII, p. 753. Notes sur saint Hilaire, xvi. — D. R. Ceillier, t. IV, ch. i, n. 10, p. 5.)

Note B. — Boucbet dit que la résurrection de l'enfant eut lieu le lendemain ou deux jours après le retour du saint proscrit. 11 se trompe évidemment, puisque la résurrection opérée à Poitiers par saint Hilaire suivit celle de Ligugé, opérée par saint Martin. Celte dernière, de plus, ne put avoir lieu que lorsque Martin avait déjà établi et réglé son monastère. Nous regardons comme très sage l'opinion de M. le chanoine Aubert, qui rapporte ce fait à l'année 362.

Sainte Florence mourut le l®"" décembre 367. (M. le chanoine Aubert, Hist. gén. du Poitou, liv. III, p. 207.)

Note G. — A part samte Radégonde, avec laquelle, du reste, sainte Florence a plus d'un trait

de ressemblance, aucune sainte ne fut, dans les siècles passés, l'objet d'un culte aussi populaire en Poitou. A Comblé, on se rendait en procession à son sanctuaire privilégié le lundi de Pâques , tandis qu'à Poitiers son beau reliquaire était porté, aux processions si longtemps célèbres des Rogations, à côté de celui qui renferme les glorieux ossements de saint Pierre.

L'oratoire où reposait sa dépouille mortelle devint aussitôt après sa mort un lieu de pèlerinage très fréquenté par les habitants de toutes les contrées voisines. On s'y rendait surtout dans les temps de sécheresses et autres calamités publiques «c pour avoyr pluye ou sérénité de temps dès le jour ou le lendemain de la procession ». ( J. Bouchet, Annal. d'Aquit., fol. 18.)

On lit, en effet, dans l'hymne de son ancien office, conservée au propre des saints du bréviaire actuel de Poitiers :

Qui , sicut ejus precibus Infundit terrain tmbribus, Sic nostra lavet vilia Spirituali gratia.

On l'invoquait aussi pour l'heureux succès des voyages. (Biblioth. de Poitiers, ms. n° 61.) Enfin il y avait, très anciennement, une cha-

pellenie fondée sous son vocable dans la calhédralc de Poitiers. [Mëm. Soc. des antiq. de l'Ouest, t. XV, p. 48.)

Voici, en quelques mots, l'histoire de ses reliques. Elle nous a été communiquée , avec nombre d'autres précieux détails, par M. l'abbé Rosière, du clergé de Poitiers.

Avec l'invasion des Normands, qui, comme un torrent impétueux, dévastaient tout sur leur passage, l'oratoire de Comblé fut renversé et les reliques de la sainte ensevelies sous ses ruines, puis complètement oubliées. Oublié aussi fut le chemin du pèlerinage. Cependant le ciel, toujours jaloux delà gloire de ses élus, veillait. Il permit qu'au XI"» siècle un évoque de Poitiers, IsambertI, retrouvât cet inestimable trésor d'ossements sacrés. Il les fît transporter dans sa ville épiscopale et les rendit au culte. Ils furent déposés dans la cathédrale, sous le pavé, entre l'autel de la sainte Vierge et celui de sainte Madeleine.

On ne laissa pas longtemps enfouis ces restes sacrés si chers aux Poitevins. On donna bientôt pour écrin à ces diamants célestes une châsse magnifique faite de bois précieux recouvert de lames d'argent doré.

Mais arriva le 27 mai 1562, jour lugubre dans lequel les hordes barbares qui protestaient contre

la foi et ses temples vénérés pillèrent toutes les églises de Poitiers. Sainte Florence n'obtint pas grâce devant eux : ses reliques devinrent avec tant d'autres la proie des flammes.

Le ciel toutefois avait ses réserves secrètes. On fit en 1698 la découverte inespérée d'une portion du saint corps laissée dans la seconde sépulture, derrière le chœur de la cathédrale. Mais, l'église appauvrie ne pouvant alors faire les frais d'un reliquaire de prix, on déposa les ossements bénis sous le grand autel où ils sont encore. C'est pour cette raison que le chapitre célèbre tous les ans, au 1" décembre, sous le ri le double de deuxième classe, la fête de sainte Florence, le même jour où elle recevait jadis un culte public dans toutes les paroisses du diocèse.

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