‹ Vie de Saint Hughes, évêque de GrenobleChapitre 101 sur 108 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

CHaOHOLOGIQO*

Dabo vobis pastores juxtacor meum

et pascent vos scientia et doctrina.

Ps.

S'il faut en croire Charvet, historien de Vienne, saint Paul serait venu en personne fonder cette église ; il paraît du moins certain que saint Crescent, disciple de ce grand apôtre, fut le premier évèquc de la ville de Vienne, dont l'église date par conséquent de la fin du premier siècle de l'ère chrétienne. Il est parfaitement constaté que le christianisme était établi à Vienne et à Lyon dès le deuxième siècle, et sans doute les prélats qui gouvernaient ces églises envoyaient leurs disciples dans toutes les églises environnantes pour y prêcher l'Évangile. Vers le commencement du troisième siècle, Grenoble (1) a eu des chorévéques

(1) Nous croyons devoir donner ici un aperçu de la statistique de l'ancien évêché de Grenoble , d'après la Bibliothèque sacrée de Richard et Giraud.

I/évèché, érigé dans le quatrième siècle, était jadis suffragant de Vienne ; il est aujourd'hui sous la métropole de

snffragants de Vienne. On cite au nombre des chorévéqucs (1) saint Pierre, martyr, qui mourut à Toulouse au commencement du quatrième siècle. Les Toulousains en 640 échangèrent son corps avec ceux de saint Romain et de saint Gilaire ou Gilier pour celui de saint Saturnin , leur patron , que le roi Da-

Lyon. On y comptait dix-huit ou vingt couvents d'hommes ou de filles; les jésuites y avaient le collège, et les pères de l'oratoire le séminaire. Il y a un hôpital général bien bâti, qui ne fait qu'un même corps avec les autres hôpitaux. Le couvent de Montfleuri de Tordre de saint Dominique, qui n'était que pour des filles nobles, était situé à la cime d'un rocher, sur le chemin de la Chartreuse , à une demi-lieue de la ville. La cathédrale, dédiée à la Vierge, a un chapitre composé autrefois d'une seule dignité (le doyen) et vingt chanoines; l'évêque a pour l'assister cinq vicaires-généraux. Le diocèse, qui contenait trois cent quatre paroisses partagées en quatre archiprétrés (*) ou doyennés royaux , renferme aujourd'hui quarante-six cures, trois cent quatre-vingt-dix-sept succursales et soixante-cinq vicariats. Les congrégations religieuses y sont assez nombreuses; presque toutes sont chargées de l'éducation des filles du du service des hôpitaux. Elles sont connues sous les dénominations suivantes : lo Dames deNotre-Dame-de-Gràce, sous la règle de saint Thomas de Villeneuve (hôpitaux); 2© dames de la Sainte-Trinité (hôpitaux et classes gratuites) ; 3© dames de la Visitation ; 4© dames de Sainte-Ursule; 5° dames du Sacré-Cœur; 6© dames de la nativité; 7© dames de Saint-Pierre; 8© dameschartreuses ; »© dames de la Providence.

Il y a en outre un établissement d'hommes, les chartreux , et treize frères de la doctrine chrétienne, qui, dans neuf classes , instruisent au moins six cents enfants.

L'évêque, qui prenait le titre de prince de Grenoble, jouissait de vingt-huit mille livres de revenu, et payait mille et huit florins de taxe pour ses bulles à la cour de Rome.

(1) Pilot, Histoire de Grenoble.

(+) Voir 1» note placée à U fin de U liste chrnnologiqur des doyens «le la cathédrale.

gobert leur avait enlevé. Le corps de saint Pierre fut depuis transféré à Saint-Denis et déposé dans la sixième chapelle de cette abbaye. Plus tard on trouve un autre chorévéque de Grenoble, nommé Vincentius, qui assista au concile de Valence en 37&.

1. Domnin (Domnious), qui vivait dans le milieu du quatrième siècle , est le premier évôque de Grenoble que l'on connaisse ; il assista en 381 au concile d'Acquilée présidé par saint Ambroise. On lit dans les œuvres de ce père quelle fut l'opinion de Domnin : Domninus gratianopolitanus episcopus : Palladium in perfidia ariana permanentem in perpetuum sicut et fratres damnaverunt etiam et ego censeo damnandum. Domnin , suivant une vieille légende , a été honoré comme un saint aussitôt après sa mort. M. Barthélémy regarde cette légende comme apocryphe. Saint Hugues ne donne pas à Domnin le titre de saint dans la liste de son cartulaire, tandis qu'il l'accorde à plusieurs archevêques de Vienne. Mais sur ce point quelques critiques ont fait la remarque que la tradition du diocèse de Grenoble avait pu être passée sous silence par saint Hugues, précisément parce qu'il la supposait généralement connue. D'ailleurs, la notoriété publique à celte époque et non la canonisation était ce qui conférait le titre de saint. Or, n'a-t-on pas pu honorer sous ce nom le premier des évéqucs de Grenoble , puisqu'il parait avoir soutenu par ses vertus ce beau titre de fondateur d'une église ? on doit donc s'en tenir à la tradition du diocèse, qui remonte aux temps les plus reculés.

2. Diogenius succéda à Domnin. En ce même temps, il y avait à Genève un évêque appelé aussi Diogenius. On a conclu de là qu'à cette époque Genève et Grenoble ne formaient qu'un seul et même siège apostolique.

Ce qui rend cette conjecture vraisemblable , c'est que l'église de Grenoble avait conservé dans le comté de Genève des fiefs dont l'évêque Hurabert fit don par la suite au comte Manassès.

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