Viventius, élu vers l'an
9. Victomcs ou Victor. Gondebaud , resté seul de quatre (ils de Gondioc, n'avait plus de compétiteur pour l'héritage de la Bourgogne. Tous les évéques catholiques des contrées qui faisaient partie de ses états se réunirent à Lyon afin d'avoir une conférence publique avec les évéques ariens ; là , ils se jetèrent aux pieds de Gondebaud, en fondant en larmes et en le conjurant de rendre la paix à l'église. Etienne de Lyon, saint Avit de Vienne, et saint Apollinaire firent partie de cette réunion, ainsi que plusieurs évéques du voisisinage, parmi lesquels se trouvait sans doute Victorius. Victorius fut un de ceux qui souscrivirent à la fondation du monastère d'Agaune, fondé en 515 par Sigismond , successeur de Gondebaud. Sous ce môme
Sigismond, successeur de Gondebaud, saint Avit, archevêque de Vienne, profitant de la liberté qui était rendue aux prélats orthodoxes de se réunir publiquement, convoqua en 517 un concile à Epaonne. Epaonne suivant les uns serait Ponas à trois lieues de Vienne, et suivant les autres serait Yenne dans le diocèse de Belley. Quoi qu'il en soit, Victorius fut un des vingt-quatre prélats qui assistèrent à ce concile. Il s'y distingua par sa sagesse, sa modération et son zèle pour la discipline.
Dans un autre concile tenu quelque temps après à Lyon , onze évéques , bravant les menaces du roi Sigismond , maintinrent la sévérité des canons contre son favori Etienne, lequel avait épousé Pallade, sa belle-sœur ; ils ne craignirent pas de le retrancher de la communion les fidèles. Au nombre de ces onze évéques était Victorius. Avant de se séparer, ils s'exhortèrent à une sainte fermeté contre les exigences impies de l'autorité temporelle et ils souscrivirent à ce sujet une convention remarquable dont voici les termes:
a Nous nous unissons tous pour convenir entre nous que si le prince ou ses ministres donne quelque dégoût à quelqu'un de nous à l'occasion de ce que nous venons de faire , s'ils lui font souffrir quelque peine, tous les autres évéques y prendront part, avec une charité qui serve d'exemple dans les souffrances de leur confrère. Que si le roi continue de se tenir plus long- temps éloigné des évéques qui ont porté ce jugement dans ce concile, alors ces mêmes évéques se retireront tous sans aucun délai, dans divers monastères , jusqu'à ce que, touché de leurs larmes et de leurs prières, le roi ait rendu la paix à l'église. En sorte qu'aucun évêque ne sorte de son monastère que le pardon ne soit accordé à tous. »
Voilà un admirable modèle de cette force d'inertie qui illustra Pie VII au commencement de ce siècle, et qui fut toujours dans le véritable esprit de l'église; mais ce n'est pas là cette résistance du glaive et de la révolte, qui, naguères encore, prêchée par un impuissant sectaire (1), osait, au nom de l'Évangile et du Dieu de paix , s'élever dogmatiquement contre les puissances établies.