‹ Vie de Saint Hughes, évêque de GrenobleChapitre 104 sur 108 · Ursolus assista au concile d'Orléans, en · texte numérisé non relu

Ursolus assista au concile d'Orléans, en

11. Siagrius assista au concile de Paris en 555 et souscrivit à celui de Lyon en 567 , par l'intermédiaire d'un prêtre de son église , appelé Valesius.

12. Ismus. C'est sous son épiscopat qu'eut lieu l'invasion des Lombards, qui assiégèrent Grenoble et furent défaits par M uni mol. Il assista au concile de Paris en 573 , à ceux de Mâcon, de Lyon , de Valence, de Poitiers.

Dans le temps qu'Isitius gouvernait l'église de Grenoble, vivait saint Àmat ou Amet, né dans les environs de la ville épiscopale (in suburbio civitatis gratianopolitanœ). Suivant la légende que l'on trouve dans l'ancien bréviaire du diocèse, au 13 septembre, et la vie des saints de Godescard, au même jour, il était encore fort jeune lorsqu'il se relira dans le monastère d'Agaune, où il fut ordonné prêtre par l'évêque de Sion en Valais. Il était depuis trente ans l'édification de ce monastère , lorsque saint Eustasius, abbé de Luxeuil, diocèse de Besançon, s'arrêta à Agaune en revenant d'Italie. On lui fit un si grand éloge de la vertu d'Amat, qu'il n'oublia rien pour se l'attacher et le déterminer à le suivre, avec la permission de son supérieur. A peine arrivé à Luxeuil, il

(l) Les paroles d'un croyant.

fut choisi pour aller annoncer la parole de Dieu aux habitants de l'Austraste (la Lorraine), parce qu'il s'énonçait avec beaucoup de grâce et de facilité. Dans le cours de sa mission, il se lia très-étroitement avec un riche seigneur de ce pays, nommé Romaric, qui devint dans la suite un grand saint. Celui-ci, à l'instigation d'Amat, vendit tous ses biens, en distribua le prix aux pauvres, et ne se réserva qu'une terre sur le bord de la Moselle, où il fit bâtir un double monastère pour les hommes et pour les femmes, lequel, du nom de son fondateur, fut appelé Romarici Mon* (Remiremont) , dont notre saint fut obligé par obéissance de devenir le premier abbé. Après avoir été le père et le modèle de ce nouveau monastère pendant sept ou huit ans, sentant sa fin approcher , il assembla tous ses frères, se revêtit d'un cilice, se coucha sur la cendre, fit une humble confession des fautes dont il se croyait coupable , demanda pardon à Dieu et à ses moines, les exhorta à Y union et à la piété, et rendit ainsi son ame à Dieu le 13 septembre de l'année 627. Il se fit plusieurs miracles à son tombeau , et environ 400 ans après, c'est-à-dire en 1049, le pape saint Léon IX fit solennellement la translation de ses reliques, qui ont été long-temps en grande vénération à Remiremont , diocèse de Toul.

13. Clari s (1). On trouve la souscription de cet évêque au concile de Châlons-sur-Saône , vers i'an- .née 650.

Dans le temps que Clarus siégeait à Grenoble , saint Aper, vulgairement saint Aupre , né dans le diocèse

(1) L'ordre que nous avons adopté est fondé sur la liste des cartulaires de saint Hugues, qui s'accorde ici avec celle de MM. de Sainte-Marthe.

de Sens , y arriva. Ce saint , suivant la légende qu'on lisait au 4 décembre dans l'ancien bréviaire du diocèse , donna dans son enfance de si grandes marques de piété , que son évéque voulut l'attacher à son église en l'appelant à la prêtrise. Frappé ensuite de ces paroles de l'Evangile : Celui qui ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut pas être mon disciple , il distribua tous ses biens aux pauvres, et partit pour la Savoie, dans l'intention de se rendre près de Léporius , évéque de Tarentaise , qui jouissait d'une grande réputation de sainteté. Arrivé à Grenoble , l'évêque Glarus le fixa d'abord dans son église cathédrale , et ensuite il lui confia la direction de la paroisse de la Terrasse , dans la vallée de Graisivaudan. L'homme ennemi , voyant avec peine tout le bien que ce saint prêtre opérait dans sa paroisse souleva les brebis contre le pasteur. Aper fut persécuté et calomnié de la manière la plus atroce ; mais il n'eut pas de peine à se justifier auprès de son évéque , et , à cette occasion , il lui fit de si grandes instances, qu'il parvint à en obtenir l'autorisation de quitter sa paroisse et de suivre son premier dessein. Rendu à sa liberté , il en profita pour aller auprès de l'évêque Léporius, qui le reçut avec plaisir , lui donna un local où il se construisit une petite cellule , et y établit un oratoire en l'honneur de saint Nazaire. C'est là qu'après une vie toute remplie de bonnes œuvres , il s'endormit saintement dans le Seigneur.

14. Ferreol ou saint Ferjus. La légende de saint Ferjus porte que ce saint évéque , ayant voulu prêcher sur la divinité du verbe , s'était rendu à cet effet sur la montagne d'Essonne (1) , où il avait été

(1) Aujourd'hui le mont Hachais , au-dessus de la Tronche.

suivi d'une grande foule de peuple , parmi laquelle se trouvaienl beaucoup de païens et d'idolâtres ; mais loin de se convertir , ces impies se soulevèrent contre le prédicateur apostolique , le massacrèrent et le jetèrent dans un four.

Plusieurs critiques , et entre autres l'abbé Barthélémy , regardent cette légende comme apocryphe. J'avoue que les objections qu'ils élèvent contre son authenticité me paraissent encore plus faibles que celles faites contre l'authenticité de la sainteté de Domnin et de Cératus. Le plus ancien bréviaire du diocèse rapporte le martyre de saint Fcrjus et contient son office. Nous remarquerons d'ailleurs que l'église de Saint-Ferjus , à la Tronche , est d'une haute antiquité et que l'existence de ce monument vient à l'appui de la tradition constante du martyre de saint Ferjus.

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