‹ Vie de Saint Hughes, évêque de GrenobleChapitre 29 sur 108 · CHAPITRE HT · texte numérisé non relu

CHAPITRE HT

presque tous , à la vérité , envahis par les seigneurs du voisinage ; mais la juridiction des évêques de Grenoble n'y était point contestée.

Gui ne fut pas plus tôt nommé à l'archevêché de Vienne , qu'au mépris de cette antique possession il s'empara de l'église et de la ville de Saint-Donat. Hugues alla aussitôt le trouver avec plusieurs de ses chanoines pour se plaindre à lui-même d'une aussi indigne voie de fait (1). Il trouva auprès de l'archevêque de Vienne , l'évêque de Genève , l'évêque de Belley , et Landrici , évêque de Màcon. L'évêque de Grenoble soutint en leur présence que l'église de Saint-Donat était sous la juridiction de celle de Grenoble , et il prouva cette assertion par actes et par témoins. Gui soutint au contraire qu'un de ses prédécesseurs sur le siège de Vienne avait donné cette église aux évêques de Grenoble , ainsi que celles du comté de Salmoirenc , pour le temps seulement que dureraient les troubles occasionnés par l'invasion des Sarrazins. Les chanoines de Grenoble demandèrent qu'on produisît ce litre. L'archevêque répliqua qu'on devait se contenter de la tradition du fait conservéedans son église. Alors

(1) Voir aux pièces justificatives no 3, l'acte 23 du cartulaire de saint Hugues, que j'ai cité en entier, et d'où j'ai tiré ces curieux détails.

VIE DE SAINT HUGUES

l'évêque et les chanoines de Grenoble s'écrièrent qu'on ne pouvait pas , sur des allégations que rien ne justifiait, les dépouiller d'une possession immémoriale. Mais , malgré Févi dente injustice de ses prétentions , Gui , loin de se rétracter , refusa la médiation des évêques qui étaient chez lui , et , pour soutenir son usurpation , il envoya encore de nouvelles troupes à Saint-Donat.

Hugues , malgré la répugnance qu'il éprouvait à lutter contre son métropolitain , crut de son devoir de ne pas abandonner les droits de son évêché : il demanda donc raison de l'injustice qui lui était faite au légat de la cour de Rome.

Ce légat était encore le même que celui qui avait protégé la jeunesse de saint Hugues ; il avait passé de l'évêché de Die à l'archevêché de Lyon. Disgracié par la cour de Rome , après la mort de Grégoire VII , parce qu'il avait été accusé de soutenir l'anti-pape Guibert , il avait bientôt après fait reconnaître son innocence à Urbain II , qui l'avait réintégré dans ses fonctions de légat.

L'archevêque de Lyon, en sa qualité de légat, fit donc comparaître à son tribunal Gui et saint Hugues. L'un et l'autre présentèrent à l'appui de leurs prétentions respectives les moyens dont nous venons de faire mention. Comme cette

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