‹ Vie de Saint Hughes, évêque de GrenobleChapitre 32 sur 108 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

» ne savais plus que penser quand j'en entendis » la lecture (1). Un instant je me crus vaincu » sans ressources ; mais je respirai enfin quand » je vins à m'apercevoir qu'on voulait me ren- » dre victime d'une indigne supercherie. Je » demandai que ce titre suspect fût déposé )> entre les mains du légat , et je démontrai » qu'il était faux , parce que Bernoin , qui » n'avait jamais été contemporain d'Isarn , » n'avait pu lui faire aucune donation. Je four- » nis de plus la preuve qu'Alcher , prédécesseur » d'Isarn, avait possédé l'église de Saint-Donat, » et j'en tirai la conséquence que le comté de » Salmoirenc avait été donné a l'évêché de » Grenoble par le roi Boson ou par le roi Louis, » son fils. )>

Hugues ne connaissait pas alors l'acte de donation que le roi Boson avait fait à Bernier , évêque de Grenoble , du comté de Salmoirenc et de l'église de Saint-Donat. Plus tard il retrouva un titre émané du roi Louis , en 894 , qui déclarait confirmer cette donation faite par son père. Saint Hugues ne découvrit également que plusieurs années après quel était le faussaire qui avait prêté à l'archevêque de Vienne le secours de son art infâme. Accablé d'infirmités et se sentant près de sa fin , le moine

(1) Voir aux pièces justificatives

VIE DE SAINT HUGUES

Sigibodus fit appeler à son lit de mort le vertueux évêque de Grenoble ; il lui confessa publiquement son crime , et tâcha de recouvrer , par ses humiliations et son repentir, la grâce du Seigneur.

Les preuves données par saint Hugues contre la sincérité de Pacte produit par l'archevêque de Vienne parurent tellement sans réplique, que ce dernier s'empressa de dire qu'il n'en ferait pas usage , et qu'il allait même l'anéantir surle-champ. Les pères du concile profitèrent de cette circonstance pour tâcher de rétablir la concorde entre l'évêque de Grenoble et son métropolitain. Mais Gui exhiba alors la bulle qu'il avait surprise à Urbain II, et quoique cette pièce fut évidemment subreptice, il s'en servit pour valider son usurpation et pour résister à la concession qu'on lui demandait. Cependant , le légat insista avec force auprès de lui , il l'invita à prévenir, par un accommodement volontaire, les rigueurs auxquelles il s'exposerait par une plus longue obstination. Alors l'archevêque de Vienne feignit d'être ébranlé par ces avertissements y il se borna à demander le temps nécessaire pour avoir une conférence avec ses chanoines , et il donna rendez-vous à saint Hugues pour un jour qu'il lui désigna afin d'achever l'arrangement de cette affaire. Au jour convenu, saint Hugues se rendit à Vienne;

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