‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 123 sur 322 · CHAPITRE Xlir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlir

' L'année 1072 devait ^tre plus glorieuse encore pour f abbé deCluny. Au printemps il se dirigcdit vers. Rximéj; où U retrouva rimpératrice Agnès , dfont le chagriifi : croissait à mesure que des nouvelles ptosdéploràbleà lui .arrivaient de 'siôn fils, le roi Henri' de Gernfiariie,' Saint Pierre/DaTPiien âvmt été envoyé peu auparavant en légation auprès- duipuince.. L'énergie du saint cardinal avait arrêté un instant le débordement ^des crimes du jeune monarque; &.d'étaît là presque le dernier service rendu à VEglis'e par Piene Damimy^qui :çtait mort en revenant à Rome/ Mais à pèifte avai^il quitté l'Allemagne que la tyrannie de Henri se donnait nie • nouveau caï^ rière. La srmonle •entre ses' mains i devenait iiû instrument d'oppression, qui faisait ^^gànir-à la fois rEgliserfio les^peuptes derEmplrc" Dernièrement encore,iiancxles'plm' fortes >cita- •delles dtVovdrt monastiquereh'Allemagneyl'aèbàyéide Rei- <heffiau,^ avait été vendue '^i- lui/à un indigne abbéiiommé jRobert;^ Gen^était pâB te premier mérceiifaîre à^qui fût^dnflé ceiTnalhôiireux bèrèôil. Ale6iawdréil!:lartçflf contre UM' fîexcQi*muhîcation(ï), &' ohargeî) Hugues de/âuny 'de fe^ot no<îl^ fieFri Le I Sbuverain Pënttfer^ongâit encore îàHugûfô une autre mission, celle de* ramener te' pà& dans h votfmrhe 'g^usr hiaftiiitte^ lOÙ leE exaâibns !&'les scandales ^ ^du jeuh6:|)rinde (cdmrHohçaîent.ià pfodufré uA îiscÂïlèyiepîont/iHôgiïes ^''fiwh -pératrice. Agnès:, devenue -tiésopmaiil 4 -auxiKalre! aiûi<t dente Pî»p«irté,r:partirent/pour Wqnm /^^ uhe^ dîiète' <éfaitf<îonvûh •qiiéej:!Eqei£ef:tint. 16 ^•.ijUillet(i),t fe-là^'le 'seigtour^il^^ Jeioéeuta vi^onjpe r {pontifical /le'ii dônnarit '^ddnrlaièsaiace i ide '^là isciflQqœ qui Ji-ippait il^htrùs'ioteijfteichkrlflUiUllI^^'pvàitibiôn

irhpntnnt Uiidigfeelànrfl dorisdint PfdrrènOahiiân^fannldrpiiétit ainsi frappé était une créature du roi. Mats-te .pâuvrej prtwie était lâche comme le sont les coeurs dominés par le vice. La •ftmigtéW eh iitriiyôM' tolijôiir^.:''Èrt^^fâdé dfe 'ià'hlëré'&'de son peré spirituel, il h osa pas soutenir celui qu u avait perdu :

'j-'M •9ïj\' <'wT;r;i: yiJj/-jn'Mj'j..-j f- • : a. 1)j /j ^Ay. >\\ i«M un i /•■<{ -f " '|..'r (l)Jaffé', ann. 1072, n** 3472. .Tioq/» y. ^'^<)V\'^^\^m^)'i

(2) Lehmaiii Farscbungen, p.-^QU Ko .Xi i .\' m; O jHdf;J ..]'. (c)

& en cela du reste il fit bien. Il fit mieux encore, puisqu'il usa de son influence pour forcer à Tobéissance l'intrus qui songeait à résister. La mission d'Agnès réussit de même, au moins pour le présent ; & Henri de Germanie voulut témoigner à l'abbé de Cluny de sa bienveillance à son égard ; le jour même il signait le diplôme qui sanctionnait le don de la terre de Rimlingen, ainsi que du monastère & de Téglise qu'un nommé Hesso y avait élevés pour les donner aux moines clunisiens.

Hugues quitta Worms, avec des pensées bien différentes àe celles qu'il avait conçues, en 1048, lorsqu'il y était pour la première fois venu trouver l'empereur Henri III. Entre le père & le fils , tout était contraste , & de plus en plus ce contraste allait s'accentuer. Pour l'abbé de Cluny nul doute ne devait subsister à cet égard. Quant à lui, son attitude à la diète de Worms avait certainement été celle qui lui conciliait tous les cœurs là où il paraissait; car au mois de septembre de cette même année, Cluny fut témoin d'une conversion inespérée, qui ne devait malheureusement pas être durable. L'archevêque de Mayence, nommé Siegfried, avait depuis trois ans au moins secondé les vues perverses du roi de Germanie, & mérité les reproches sévères d'Alexandre II & de saint Pierre Damien. Hugues de Cluny avait-il conféré avec lui à Worms ? ou son seul aspeft avaitil agi sur l'esprit de l'archevêque? Nous savons seulement qu'à peine deux mois s'étaient écoulés depuis la diète lorsqu'on vit Siegfried frapper à la porte de Cluny, & demander à s'y ensevelir dans le silence & la pénitence. Hugues l'y accueillit. Mais deux mois encore, & le clergé de Mayence redemandait son archevêque ; le peuple le réclamait aussi. Croyant sincère la conversion de son nouveau moine (i), & sachant d'ailleurs quels périls couraient les Églises d'Allemagne sous le règne d'un simoniaque sans frein, Hugues de

(i) Nous donnons ce titre à Siegfried parce qu'il avait été moine avant d'être archevêque ; il avait même été abbé de Fulde. (Trithem. AnnaL Hirsaug, t. I, p. 206.)

, i CHAPITRE XUM ;.;.' p25

C/^iïyii<jonna liorcjrie ^i5i^filîedr(J«flrçiioonter.«ur,;le:isiège.de >4ay€I}pe,;•p^ le.^fétet ;rqntf?.ftu comfnencetmntfide. d6c«mt bre(j.), Hél|t3Ji c'était un esprit tr»{»rfaibtev&.tPûi6âna,aprèSi l'iea^çomiTiujjiçation. !(tevaitii>il(teind/e (3). .fjt^uesijvoyaili «n ce rnpment^riYjeFjpoMr $«.-r9ng9i^ s0us/$aiondiuiteiUdiiomine d'Mn©,toMt!aiitre;yaJeMr,; se^uWiJs'^ppflajt .Cautifer^ i&r le :seif gneursahlîéjçut.Yit«.:ÇftÇ0nn« ch(^ lwi^'éin*»ffnl»$VeRtUsi.«]f fc^e r^Uifesait! dç^.ypif AQni,trpttpe^(S>«ugmeBtert)d'un«(.4i « bonne & saine brebis (3), » quand une jettMnd^^ yamthot v»i4ç,flfl.R(9M«n;vin<(:0f*ettcei un.tçriw à> W i«Wi,;t0Mt^art îïc-

croi^sunt J'^dnilifation ^.lîaflfe^ionijquv'ii' «wait vouée&iài soft flOMiî^Ri .rtjpiîlplf!.; l^'awt^fivêqUQi. «ï ^«tii »cpllquîiit;à:l'^bé ^ GJMpyi^UÉiiCiautier/ii'étîWtftttfe qusJ'gbb^ d^SajwtiMartîq 4e,.fJ9ntQ|s9/!qpi> ay^it-fui. Je (goiUvçrowî$9t!.de gflnijiwnastère pa#>;.f^rc}v?F. àiUlunyiwnc ivie^pj^y? SAlitairfi.&iinoJns' JÙiout bl)éft<4)H I Ufi I nom udiE5 jCfit ', ftbbé . ji§YaJti jêtrcr wnmi'j ide i li bt^

çMnt; -fiar .c'étftit, Qmtier..qMf, i^nicsc^âotitefeâtow paatoralidiî ^^i^ii^ii^^iiiQi ^iljppiç de R^mçe^asmt in»$-)Salprop»W!'m^B M»xdfiW»Pj49.)Wyfl:ÉA rqj,7§n ^ diîjant jùK^iCe'tn'iwt^pafiride <'HjVR^iiPiî'«iï'4u .Ci.eJ-/|U9ijie' r^pi§Jp jgQUyernpmfli1tTdltf)C«ttè jK.^li^ç-^^^.iHf AççiHiçfweBt; c»;C<;mrageux; co«ife$S!eiii^dl8 terHr la^rt^j^e J'ÇgMs^ avait,dûjSQ ^fpuyer ,àjnaiç(8!iXiuny.kNéa]1» fE^vrl$ .JrtugufS:,lfeisflnitf,F>!ii?si{Mi<|rpit, aux. çéc|pnMtio»s,[4«s nipwe^,d^.pqntpi^,5tîdf raf<;h«V^qvei,^e. Rpij^d.sç l$éipar«

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(2) WatteriCh, Pontif. Ronutn. Vit», t. 1, p. 379. '

(3) l^c?- S- Benediâi, cap. 11.

\\{fi^havjfii\\^i^ .-jMiiH -jo -j'I'Ii, vtj •.'Ki'jin lii./i: li ; vi.b-j/'.il jk; ■ji)-,iS

(6) Mansi, xx, 48. (.')..•. .q .| .} <uu. -•V,

cardinal Hugues le Blanc. De nouveau légat d'Alexandre II en Aquitaine & en Espagne, il dohnait malheureusement prise à de graves accusations qui ne justifiaient que trop les anciennes appréhensions des moines de Cluny. Le Souverain Pontife avait eu raison de ne lui point confier de légation hors de ces pays. La fidélité des moines avertit bientôt l'abbé de Cluny des agissements du légat. Plusieurs évêques zélés pour la discipline ecclésiastique joignirent leurs accusations aux siennes; & au concile romain tenu durant le carême de 1073, Hugues le Blanc fut juridiquement convaincu de simonie (i).

Ce qui avait permis à l'abbé de Cluny d'être exaftement informé de la conduite du cardinal prévaricateur, c'était, nous l'avons dit, le nombre des monastères clunisiens répandus dans les contrées que visitait le légat. Ces monastères devenaient sans cesse plus nombreux. Nous avons souvent rappelé le nom de Nfoissac , cette dernière acquisition de saint Odilon, qui semblait le legs du saint abbé à son fils Hugues. Cette abbaye grandissait toujours, elle exerçait une puissante aftion dans toute la Gascogne & jusqu'aux Pyrénées (2). Depuis le concile tenu à Toulouse en 1060 par l'abbé de Cluny en sa qualité de légat du Saint-Siège, la réforme du clergé avait pris dans ces contrées une marche non moins décisive que la réforme des laïques. Sur ceux-ci agissait aussi le moine Hunald , que nous avons déjà mentionné ; issu de la famille des vicomtes de Béarn , il exerçait une grande & salutaire influence sur toute la noblesse des pays situés au pied des Pyrénées. D'autres causes encore, qu'il n'est pas de notre sujet d'énumérer, amenèrent successivement nombre de donations faites à Cluny durant la période comprise de 1062 à 1073, c'est à dire pendant tout le glorieux pontificat d'Alexandre II. En 1062, c'était le

(i)Jaffé, Regest, ann. 1073.

(2) Voir pour cette question le ch. viii du vol. II de M. Pignot, //»/. de VOrdre de Cluny, Il résume les détails donnés par Mabillon & en ajoute d'autres qui ont leur intérêt.

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