‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 124 sur 322 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

comte d'Armagnac, oncle de Hunald, qui, de concert avec son épouse, Hermengarde d'Auvergne, reconstruisait le prieuré de Saint-Mont sur FAdour, en l'honneur de saint Jean- Baptiste, & le donnait à Cluny. Lui-même se rendra quelques années après à la grande abbaye & s'y fera moine, tandis que Hermengarde recevra le voile à Marcigny (1068). Deux ans plus tard, l'évêque de Tarbes & le comte de Bigorre introduisaient les Clunisiens dans le prieuré de Saint-Lizier de Bigorre , & deux autres évêques contribuaient'encore cette même année à augmenter les possessions de Cluny en ce comté (i). Nous avons mentionné la donation faite en 1066 de Saint-Orens d'Auch. Cette année vit encore le petit monastère de Saint-Antonin de Frédélas remis à l'abbé Hugues ; il était situé près de l'emplacement où s'éleva un peu plus tard la ville de Pamiers, sur les bords de l'Ariège. Mais même sur le versant espagnol des Pyrénées, Cluny acquérait presque en même temps le prieuré de Gerri , au comté d'Urgel, près d'un château enlevé aux Sarrazins; & ceux-là mêmes qui avaient conquis cette place y appelaient alors des moines. En 1072, Hunald, devenu abbé de Moissac, fondait en Béarn le prieuré de Layrac, & l'année suivante, à l'autre bout de la chaîne des Pyrénées, il recevait au nom de Hugues de Cluny l'abbaye de Lézat, en Cerdagne. Quatre ans ne seront pas écoulés, que le prieuré de Camprodon, sur le versant espagnol , viendra s'adjoindre à cette abbaye de Lézat, tandis qu'en Béarn s'élèvera Morlaas. Ce petit prieuré nous intéresse particulièrement, non pas à cause de son importance propre, mais à cause du souvenir de Gisèle, que nous avons déjà eu occasion de voir à Marcigny. En effet, Centule de Béarn, qu'elle avait épousé jadis, élevait ce monastère à l'heure où il était obligé, par sentence apostolique, de se séparer d'elle, à cause du degré de parenté qui les unissait tous deux ; la loi canonique trouvait là un empêchement de mariage, en dépit des autorisations de la loi civile. La lettre du Souverain Pontife rendait d'ailleurs hom-

(t) Baluze, Miscell t. VI.

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