‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 189 sur 322 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

«notes qu'ils avaient prises, déclaraient que jamais péris sonne n'avait plus justement ni plus pleinement saisi « toute réconomie de ta vie clunisienne. »

Il y avait pourtant quelqu'un à Cluny qui admirait avec plus de réserve Texaftitude inexorable des moines allemands, & paraissait redouter un excès de zèle : c'était précisément le seigneur abbé. Aussi, lorsque repartirent les deux derniers enfants d'Hirschau, leur confia-t-il une lettre pour le saint abbé Guillaume. Il donnait à celui-ci tout pouvoir d'examiner, en conseil des anciens, les coutumes que ses moines rapportaient de Cluny, lui conseillant d'y faire les modifications raisonnablement appropriées au caractère national, à la situation du monastère, au climat, d'en retrancher ainsi ce qui paraîtrait superflu, d y changer, d'y ajouter enfin selon le besoin. Guillaume semble avoir compris qu'il y avait loin de là au zèle d'uniformité tant préconisé par Bernard de Marseille. En effet, il tint conseil à ce sujet; l'on fit tout à loisir quelques modifications aux coutumes clunisiennes, quelques retranchements aussi, quoique en bien plus petit nombre; après quoi on rédigea l'ensemble par ordre de matières & par chapitres. Cela fait, Guillaume remit à sts moines ce code parfait de la vie monastique, « ce bel ouvrage si bien fait pour assurer la vie éternelle à \s ceux qui en observeront les prescriptions avec zèle & amour. » C'était le testament que le saint abbé entendait léguer à ses enfants. Et certes, la facilité avec laquelle paraissent avoir été acceptées à Hirschau les coutumes clunisiennes fait un grand éloge du bon esprit qui régnait là, si on le compare aux difficultés parfois menaçantes que rencontrait dans bien des monastères l'introduftion de ces mêmes observances. Les deux grandes abbayes cimentèrent par une alliance de prières cette « fraternelle unité ( i ), » cent fois préférable à l'uniformité outrée, qui cache souvent bien mal tant de divergences de sentiments & pensées.

Il est possible que la fraternité ou société établie entre

(1) Trithcme, Annal Hirsaug* I, p. 296.

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