‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 275 sur 322 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

d'abbayes , mais aussi de prieurés qui prendront rang là où jusqu'alors l'abbé de leur mère-abbaye les représentait seul. Lorsqu'un chef dé la taille de saint Hugues, éclairé de l'esprit prophétique, environné du prestige des miracles & de toutes les grandeurs humaines, pouvait à peine avoir raison d'un esprit d'indépendance mal justifié, comment un homme ordinaire, si respeftable & si habile qu'il fût, aurait-il pu exercer un pouvoir pareil avec fruit & succès ? Manifestement il y fallait l'autorité indiscutable du Siège apostolique. Le chapitre général sera institué pour en être dépositaire. La même raison rendra nécessaire l'institution^des visites réglées d'une manière uniforme. Saint Hugues, comme ses prédécesseurs, avait reçu pouvoir de les faire; mais, en ces occasions , il ne paraissait pas assez qu'il y eût là une autre puissance que celle de l'abbé de Cluny tout seul. L'autorité pontificale, légiférant par l'organe du chapitre général , dut donc aussi pourvoir à l'exécution des lois par la visite revêtue du caractère apostolique. Ce n'était pas d'ailleurs un fait particulier à Cluny; & lorsque, au XII1« siècle, Grégoire IX donna une organisation nouvelle à cet ordre par la bulle Bebemotb, déjà les congrégations de la Chartreuse & de Cîteaux en étaient pourvues. 11 faudrait certainement tenir compte de ce fait, comme d'autres circonstances encore, si l'on voulait apprécier en historien là forme de ces institutions, & les modifications qu'elles introduisirent dans l'œuvre exécutée par saint Hugues sous l'impulsion des Pontifes romains. Tel n'est pas notre but. Nous voulions seulement faire connaître cette oeuvre dans ses détails comme dans son ensemble, & nous ne l'avons peut-être fait que trop longuement, au gré du lefteur. Nous rentrons donc maintenant dans le Cluny du XI1« siècle pour y vivre avec notre saint durant ses derniers jours.

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