CHAPITRE III
Louis accompagne a Florence le marquis son père : il y fait vœu de chasteté , et avance beaucoup dans la vie spirituelle,
Après l'expédition de Tunis, Don Ferdinand passa plus de deux années à la Cour d'Espagne , d'où il retourna à Châtiilon. Il y trouva Louis , non plus avec des inclinations martiales , comme il l'avoit laissé , mais fort recueilli , et tout occupé d'exercices de piété et de dévotion. Surpris de voir tant de maturité dans un enfant de huit ans , il compta sur lui comme sur un héritier capable de faire un jour le soutien de sa maison. Mais Louis foi m oit des projets bien différens ; le soin de sa perfection absorboit toutes ses pensées. Il résolut de s'en ouvrir à la marquise , sa mère. Il lui avoit ouï dire plus d'une fois , que puisque Dieu lui avoit donné plusieurs fils , elle se trouvèrent heureuse d'en voir un religieux. Se trouvant donc un jour avec elle , il lui dit : Ma mère , vous avez dit que vous souhaiteriez avoir un fils religieux ; je crois que Dieu vous accordera cette grâce. Une autre fois , lui répétant les mêmes paroles , il ajouta : Je crois que ce sera moi. Gomme Louis étoit l'aîné , la marquise ne parut pas faire attention à ce qu'il disoit : mais faisant ensuite réflexion à l'éminente piété de ce tendre enfant , elle commença à croire que Dieu avoit sur lui des desseins particuliers ; et en mère véritablement chrétienne , elle se détermina à les seconder. /