Vie de Saint Viateur
i| E 22 octobre 1855, après avoir célébré, veille, la fête patronale de l'Insdes Clercs Paroissiaux ou Caté- >tes de Saint-Viateur, à Vourles, au berceau même et auprès du Fondateur de la jeune communauté.
le vénéré Mgr Bourget,
évêque de Montréal, •
daignait adresser au R.
îtienne Champagneur, fondateur de l'Institut en Canada, la belle lettre qu'on peut lire page 77 avec le Mandement et la vie de saint viateur qui forment ce petit volume.
Huit ans auparavant le pieux Pontife avait fait les démarches pour obtenir l'envoi de trois religieux à l'Industrie, où les appelait l'honorable Barthélemi Joliette, ce grand chrétien et ce grand citoyen qui, pour servir sa patrie par la fondation, l'organisation et le développement de sa ville, - ,*^5^«r- \9 crut que son -asr~&— =«W -—?*-■■ ^
AVANT-PROPOS
premier soin devait être de servir les droits de Dieu.
Mgr Bourget avait lui-même choisi les trois missionnaires ; avec eux il avait fait le voyage de Paris à New York, il avait daigné les recevoir dans son évêché à leur passage à Montréal, le 27 mai 1847.
Dépositaire de toute l'autorité du T. R. P. Querbes, fondateur et premier Supérieur de la nouvelle société, le saint évêque ne l'accepta que pour travailler de tout son pouvoir au progrès de l'œuvre naissante ; on ne dira jamais assez la bonté, la sagesse, le dévouement, le zèle et
Éla charité avec lesquels il exerça cette autorité. .' Surtout préoccupé d'imprimer fortement à cet S| établissement l'esprit et le caractère de son 7//,| u\ Fondateur, le vénéré Prélat, au milieu des travaux et des fatigues de sa lourde charge pastorale, n'épargnait rien pour attacher les religieux et les novices à leur Institut et à leur saint Patron.
Dans ce but, lors de son retour de Rome, après les ineffables joies que sa piété filiale envers la Très Sainte- Vierge avait trouvées dans la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, il voulut s'arrêter quelques semaines à Vourles, près de Lyon, à la Maison- ^ Mère de l'Institut, pour composer et écrire de sa propre main, la " Vie de saint Viateur " qu'il destinait à ses Catéchistes du Canda.
AVANT-PROPOS
Infatigable pour la gloire de Dieu et le bien des âmes, comme il le fut toujours et dans toutes ses œuvres, cet illustre Pontife se livra aux recherches les plus actives pour appuyer son récit sur des documents authentiques. Il fit plusieurs voyages à Lyon, visita les bibliothèques, consulta les traditions et rédigea cette petite Vie qu'il s'appliqua à écrire dans le style le plus simple, afin d'être à la portée de tous, jusque des plus petits et des plus humbles. Mais quel parfum de douce et suave piété s'exhale de chacun des mots ! de quelle onction religieuse le vénérable écrivain a pénétré chacune de ses phrases ! A ce caractère on reconnaît la main qui traçait avec tant d'éloquence, de vigueur et d'amour ces admirables mandements où l'âme de l'évêque apparaît toute entière.
La " Vie de saint Viateur " précieusement conservée dans l'Institut n'a guère été connue, jusqu'à présent, que des membres delà Congrégation et de leurs élèves. En cetteannée jubilaire de l'obédience canadienne on a cru convenable, par reconnaissance pour le Pontife, qui fut sonpère, son soutien et, aux heures d'épreuves et d'ennuis, son protecteur et son défenseur, de profiter de cette circonstance pour la livrer à la publicité, selon le vœu de ^spi--^ son auteur.
AVANT-PROPOS
On la retrouvera telle que l'écrivait ce grand évêque. Son mérite n'est pas dans son style, elle n'a pas été composée pour être offerte aux applaudissements des littérateurs ; elle est faite pour les âmes qui cherchent dans la vie des saints des modèles à imiter et des protecteurs à invoquer.
Sous ce rapport la vie du jeune saint Viateur convient bien aux maîtres chrétiens et aux enfants qu'ils instruisent. Ce n'est pas sans un dessein providentiel que, par le choix du Vicaire de Jésus-Christ, N. S.-P. le Pape B Grégoire XVI, le nom et le culte de saint Viateur, ^I^n de tout temps honorés dans l'Eglise de Lyon, ont été attribués à une congrégation religieuse, vouée à l'enseignement de l'enfance et de la jeunesse et au service du saint autel.
Daigne Mgr Bourget nous faire connaître et aimer le jeune lecteur, modèle des Clercs, par son application à l'étude des saintes Lettres, par son attachement héroïque et son inébranlable fidélité à son évêque, enfin par le zèle toujours croissant avec lequel il opéra sa propre sanctification et procura celle des fidèles qu'il cïtéchisait.
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%, Ûutvzyyuyyit, 28 tnav /8<j7.
INTRODUCTION
DETTE vie est principalement écrite
pour l'édification des clercs paroissiaux
établis au Canada el pour celle de leurs
nombreux élèves. L'on s'est cru obligé.
pour cette raison, de la faire précédei
d'une courte notice sur les saints de
on, parce que cette célèbre Eglise
étant la mère de leur Institut, il est /,,j
tout naturel qu'ils aiment, comme 7/7 1 \\\
Vy * de bons enfants, à la bien connaî
c tre, et cela pour pouvoir s'attacher fy
^ plus intimement à la maison de Vour-
les l qui les a engendrés à la vie religieuse.
Les sources auxquelles on a recouru pour puiser les faits qu'on rapporte ici sont le martyrologe romain, le bréviaire de Lyon et l'ex- gg cellent ouvrage du P. Raymond, jésuite. 2
Nous nous sommes fait un devoir de développer ces faits avec toute la simplicité qui caractérise la vérité, les entremêlant de > & V/!
1 Vourles est un joli petit village situé à trois lieues au sud de Lyon, sa population est aujourd'hui de 8oo âmes. 2 Indi- . ^
cuhis .S S. Lugd.
INTRODUCTION
réflexions propres à fixer l'attention du lecteur. S. Viateur, étant le patron des clercs paroissiaux, est en quelque sorte leur fondateur, en ce sens que leurs statuts directoire, coutumier, se trouvent comme tout imprégné? de son esprit, personne ne sera surpris si les réflexions que font naître les faits, à mesure qu'ils se présentent, se reportent ordinairement sur eux.
Cependant tous les lecteurs, laïcs comme religieux, trouveront de quoi s'édifier, car la vie d'un saint est un bien commun dans l'Église de Dieu, et les vertus ?N qu'il a pratiquées sont toujours un sujet de gran- \\ de édification pour tous les fidèles, dans quel- ,\\ que état que les ait placés la divine Providence. Vy Néanmoins, il semble que ce soient les enfants \ qui fréquentent les écoles de saint Via teur qui auront le plus à gagner à lire cette touchante histoire, car, pour eux, les jeunes saints sont ceux qui excitent davantage les vives imaginations de leur esprit et attirent avec plus de suavité les tendres affections de leur cœur.
Il est donc très important qu'ils connaissent bien le très saint jeune homme,1 le patron de leurs maîtres, et le beau modèle des vertus qu'il faut
Sanctissimijuvenis" comme l'appelle le
martyrologiste Adon et
ïQg'?^-— ^- comme le désigne l'au-
^•£^y^S\ /<%^^ teur de '■ ^ ~i/a
A. sancti Justi" (prolixior).
INTRODUCTION
pratiquer dans le jeune âge, afin de parcourir avec honneur toute la carrière de la vie. S'ils sont fidèles à imiter ce parfait modèle, ils seront infailliblement des enfants chastes, respectueux pour leurs parents, des écoliers sages et studieux, des chantres pieux et dévots, des clercs modestes et intelligents au service des autels et, plus tard, des citoyens honnêtes et paisibles.
Il s'ensuit que les parents auront le plus grand intérêt à rendre leurs enfants dévots à Saint Viateur.
Ils aimeront pour cela à leur faire lire sa vie en famille. Ils leur rappeleront à l'occasion ses beaux a exemples, afin de corriger en eux les dé- affc fauts du cœur, qui naissent les uns après yy ,§ V^s les autres, et qui, s'ils ne sont arrachés de //// . wf\ suite, ne peuvent manquer de s'y enraciner, ( /pi' au risque de leur faire perdre les fruits de la bonne éducation qu'ils auront reçue sous le toit paternel et à l'école.
Enfin, il convient de dire, en finissant, le moyen que l'on a cru devoir prendre pour donner à ce petit ouvrage la vogue qu'il me semble devoir obtenir, à cause de l'influence bienfaisante qu'il peut exercer sur la société, en contribuant en quelque chose à conserver l'enfance dans ^ --S sa pureté et à la former :^-.~~ à la pratique de la ~^~r ' ' / vie religieuse et civile.
INTRODUCTION
Ce moyen a été tout simplement de le dédier à Saint- Viateur lui-même, en l'honneur de qui il a étéécrit, et de le lui recommander pour qu'il en assura la diffusion dans toutes les classes du peuple, dont jusqu'ici il n'a guère été connu que de nom. Il est temps, après quinze siècles d'oubli, que ce fervent lecteur de l'Eglise, cet inséparable compagnon de l'Episcopat, cet humble solitaire de laThébaïde, apparaisse au monde comme le tendre ami des enfants du peuple, que l'impiété voudrait à tout prix démoraliser rNS pour perpétuer la génération des méchants. |S Mais Dieu, qui est admirable dans ses H\\v Saints, réserve à chacun d'eux une gloire ri&Lrf spéciale, celle de secourir quelque besoin particulier de l'humanité souffrante. Celle de Saint Viateur, il faut l'espérer, sera de guérir la plaie hideuse de la mauvaise éducation. Qu'il daigne donc accepter ce faible tribut de reconnaissance et d'amour qui lui est respectueusement offert dans cet éciit simple et familier, en harmonie avec ses vertus humbles et modestes.