CHAPITRE IX
Profanation de ces saintes reliques.— fruits de la dévotion qu'on leur porte.
£ ES restes de saint Just et de saint Aviateur, ^££^5$ . déposés avec grand honneur dans l'Églides Machabées (depuis Eglise Saint- [ust) et entourés d'un culte extraordinaire, furent précieusement conservés jusqu'au XVIe siècle.
A cette époque, 1 les calvinistes s'étant emparés de la ville de Lyon, portèrent des mains sacrilèges sur tout ce qui faisait l'objet e piété catholique. Ils profanèrent toutes les reliques qui tombèrent en leur ^ pouvoir : de ce nombre furent les corps de saint Just al' et de saint Viateur que la richesse de leur tombeau^
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désignaient particulièrement à l'impiété de ces sectaires. Cette fois encore ces deux saints eurent un sort commun.
Cependant on put soustraire à la fureur des nouveaux vandales la tête de saint Just qui se conserve précieusement dans l'Eglise primatiale.
Quant à saint Viateur, une partie assez considérable de son corps fut préservée de la rage des calvinistes et gardée avec soin dans l'église collégiale de Saint-Just, jusqu'à la première révolution française. Les . impies de ce temps d'horreurs ne se montrè- ^7l\\ rent Pas mieux Que les hérétiques du XVIe ' I v siècle. La cupidité se portait sur tout ce qui rJlW'] P011™^ avoir quelque prix et l'irréligion profana tout ce qui était saint. Par une inspiration du ciel, le sacristain de l'Eglise de Saint-Just enleva à temps les reliques de saint Viateur et les confia à M. l'abbé Caron, prêtre. Celui- /m ci voyant un jour prier dans cette église le ré \{* vérend père Querbes, fondateur des Clercs Paroissiaux ou Catéchistes de Saint- Viateur, voulut lui remettre le dépôt sacré dont il était comme le gardien, considérant que ce riche trésor devait tout naturellement appartenir ^ à l'association des jeunes Clercs, qui fai- Xfigfjy. saient profession de servir la
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le nom et la protection d'un si grand saint. Ce don inattendu fut accepté avec une vive reconnaissance et, depuis cette époque, tout ce qui reste du corps de saint Viateur est conservé à Vomies, chef-lieu de la congrégation.
C'est ainsi que par une disposition toute admirable de la Providence, la maison-mère de l'Institut qui est chargée de propager l'esprit de son patron a été mise en possession de ses ossements sacrés.
Et parce que l'esprit des saints s'imprègne dans tout ce qui a été sur la terre à leur usage, comme g l'odeur du baume s'attache au vase qui le ren- //,T\\ ferme, il s'exhale de ces saintes reliques une // 1 \ A" vertu salutaire qui se fait sentir de tous ceux // \\\ qui s'en approchent avec dévotion. rn\--\
Cette vertu odoriférante est l'esprit même /-in de piété, d'innocence, de charité et de mortification qui anima saint Viateur, pendant tout le temps qu'il fut sur cette terre d'exil. Et en effet, son âme béatifiée se rend présen- ^§||/^ te partout où il y a des parcelles de son corps, pour entendre les ferventes prières que lui adressent ceux qui vénèrent ses reliques. C'était la pieuse pensée de -\ saint Vincent de Paul quand il priait devant le corps d'un -^ saint, il se ngu rait tou- s-
jours l'âme de ce saint reposant avec bonheur dans ce corps qu'elle avait animé et sanctifié.
Il s'est fait des distributions des reliques de saint Viateur dans les diverses maisons de l'Institut : on les y vénère avec une grande piété en leur rendant un ~ulte solennel. Dieu attache à ces parcelles sacrées les mêmes grâces et la même vertu qu'au corps tout entier, pourvu que ce soit avec la foi la plus vive et l'amour le plus confiant qu'on en approche pour leur rendre l'honneur qui leur est dû.