IGNACE BOURGET
PAR LA GRACE DE DIEU ET DU SAINT-SIÈGE APOSTOLIQUE, ÉVÊQUE DE MONTRÉAL, ETC., ETC.
A mes chers frères les Clercs Paroissiaux ou Catéchistes de Saint- Viateur.
Salut et Bénédiction en N.-S. J.-C.
Comme il a plu à Notre Saint-Père le Pape Grégoire XVI, d'heureuse mémoire, dans ses Lettres Apostoliques en forme de Bref, en la date du 21 septembre 1838, de vous approuver comme institution religieuse pour répandre l'instruction chrétienne dans les plus petite? provinces et missions, et de vous mettre sous la prottx-
tion spéciale de saint Viateur, Confesseur et Lecteur de la célèbre et antique Eglise de Lyon ;
Comme aussi il nous paraît convenable de déterminer comment vous devez célébrer la fête de ce saint Patron dans notre diocèse où l'on suit le rite romain, et où fort heureusement vous vous êtes établis avec l'autorisation du révérend Père Querbes, votre vénérable fondateur et Supérieur majeur ;
Et comme, enfin, il ne peut résulter que de très salutaires avantages pour vous et vos élèves de la dévotion à ce saint Protecteur, laquelle il importe souverainement de répandre et de propager dans tout notre diocèse ;
A ces causes, le Saint Nom de Dieu invoqué, nous avons réglé, statué, ordonné, réglons, statuons et ordonnons ce qui suit :
i° La fête de saint Viateur, Confesseur, sera célébrée le vingt-et-un octobre de chaque année, sous le rite de fête double de première classe, avec octave (i), et conformément aux Rubriques concernant les fêtes patronales, dans toutes les maisons de la société établies dans notre dit Diocèse ;
2° Tous ceux de la dite société, qui seront dans les ordres sacerdotaux, feront l'office et diront la messe de ce saint, en se conformant aux rubriques générales du Bréviaire romain ;
(i) En 1870, N. T. S. P. le Papa Pie IX a daigné exaucer la supplique adressée par le T. R. P. Favre, deuxième supérieur général, à la Sacrée Congrégation des Rites et a élevé la fête de saint Viateur, fixée au 21 octobre, au rit double de première classe avec octave.
3° L'oraison et les leçons de l'office seront du Commun d'un Confesseur non pontife, marqués in primo loco dans le Bréviaire romain et la messe y sera conforme (i).
4° Pendant l'octave, les leçons du Ier nocturne seront celles de l'Ecriture occurrente, et celle du IIe nocturne se prendront au même commun en récitant ad turntitn celles qui seront marquées in primo et in secundo loco., celles du Ille nocturne seront toujours celles de l'homélie du jour de la fête. Il en sera de même à la messe qui se répétera toute l'octave ;
5° L'on chantera une fois par semaine, dans toutes et chacune des chapelles de la congrégation, un salut solennel pour la conversion de l'x\ngleterre (2). Ce sera le jeudi, ou le jour de congé de la semaine que se donnera cette bénédiction du Saint-Sacrement ;
6° L'on suivra en chantant le salut l'ordre prescrit au Romain, tel qu'établi dans le diocèse, mais on y chantera toujours le psaume Miserere avec le verset et l'oraison qui se trouvenl au Processional dans l'ordre du salut pour implorer la divine miséricorde (Salut de la neuvaine de S. François-Xavier ).
(1) Par le même décret de 1870, signé par S. E. leCard. Patrizi, Préfet de la S. C. des Rites, les Clercs de Saint-Viateur peuvent ajouter à l'office et à la messe du commun les oraisons et les leçons du IIe nocturne propres au diocèse de Lyon.
(2) Le pieux et vénérable Evêque, devançait en quelque sorte les vœux de notre grand Pontife Léon XIII, et il voulait continuer en Canada, par les Clercs de Saint-Viateur, les traditions de l'Eglise de Lyon, voir page 20, note I.
Sera le présent mandement lu et publié en Chapitre dans la maison des Clercs Paroissiaux de Saint-Viateur de l'Industrie (i), le premier dimanche après sa réception et conservé dans les archives de la Congrégation.
Donné à Saint-Bonet de Vourles, en la fête de saint Viateur, le vingt et-un octobre, mil huit cent cinquantecinq sous notre seing et sceau et le contre-seing de notre secrétaire pro tempore.
\ Ignace, Ev. de Montréal.
par Monseigneur,
Hugues-Marie Favre.
Nous nous permettons de reproduire la lettre touchante dont Mgr Bourget voulut bien accompagner l'envoi de ce Mandement et de la vie de saint Viateur. Entre mille autres preuves, on aura un nouveau témoignage de l'infatigable sollicitude, de la tendre et paternelle affection avec lesquelles ce zélé Pontife veillait sur tous les enfants confiés à ses soins, puisqu'il daignait s'intéresser si vivement et avec une si grande bonté aux plus humbles d'entre eux tous. Publier res traits de haute bienveillance, c'est aider à faire bénir et chérir encore la mémoire déjà tant vénérée de cet illustre Prélat, et satisfaire à la dette de profonde reconnaissance qui lui est due.
(i) Aujourd'hui yolùlte, du nom de son fondateur.