‹ Vie de Sainte TérèsaChapitre 51 sur 52 · SUR LA FAMILLE DE SAINTE TÉRÈSE · texte numérisé non relu

SUR LA FAMILLE DE SAINTE TÉRÈSE

Comme on a déjà vu , soil dans le cours de cet ouvrage, soit dans les noies historiques , les biographies de plusieurs membres de la faniillc de sainte Térèse , il ne reste qu'à ajouter quelques mots sur ceux dont il n'a pas été fait mention.

D'après tous les historiens , Alphonse Sanchez de Cepeda , père de sainte Térèse , et Bcairix de Ahumada , sa mère, étaient issus l'un et l'autre d'une famille où Dieu , depuis longtemps , avait uni l'éclat de la noblesse à celui des vertus chrétiennes.

Dans le premier chapitre de s;i vie , sainte Térèse a tracé un tableau achevé de l'éminenle piété des auteurs de ses jours. Au chapitre XXXVIII elle écrit ces paroles : nJe fus Iransporlée en esprit au » Ciel , et les premières personnes que je vis furent mon père et ma mère.n

Alphonse de Cepeda fui marié deux fois. II eut trois enfants de Catherine del Peso y Enao , sa première femme , cl neuf de Bealrix de .\humada , mère de Térèse.

Dans quelques mots, la Sainte fait un admirable éloge de cette famille aimée du Ciel. Elle s'exprime ainsi : « Nous étions trois sœurs » et neuf frères ; tous , grâce à la bonté divine, ont ressemblé par la vertu » à leurs parents , excepté moi. » Au chap. V' de la Vie , page 50.

Ces paroles sont presque les s«miIs documents historiques que l'on possède sur les deux fils qu'eut Alphonse de Cepeda de Catherine del Peso y Enao ; l'on sait que l'aine , Jean Vasquez de Cepeda , suivit la carrière des armes , mais il n'est resté aucun souvenir du second. Il n'en esi pas ainsi de Marie de Cepeda , leur sœur : la Sainte, dans

sa Vie Cl dans ses lelircs, parle souvent d'elle, la fait connaître , cl i.uiis (ionno la plus liante idée de son mérite. Marie de Ccpcda cm iiMiic sa vie pour Térèse l'alTection la plus tendre, cl se montra digne d'elle par ses vertus. Mariée à Martin de Guzman y Barrienios , elle lui donna deux fils. Jean , qui était l'aîné , entra dans l'Ordre de Saint-François d'Assise, et, pour imiter sa tante, prit le nom de Jean de Jésus. A sa mort, il se vit assisté par la Sainte qui était déjà au Ciel. Sainte Térèse parle de lui dans la lettre IS*" du lome H.

Le second fils de Marie de Cepeda fut Jacques de Guzman , qui épousa Uieronj me de Tapia , sa parente. Il existe deux leiires que la Sainte lui écrivit vers l'an 1576 ou 1577 : l'une pour le consoler de la mort de sa femme , et l'autre de la mort de sa fille. Marie de Cepeda couronna une vie remplie de vertus et de mérites par une mort précieuse devant le Seigneur ; elle ne passa que liuit jours en Purgatoire, selon la révélation que Noire-Seigneur en fit à la Sainte. \'oyez pages ii et 420.

Voici maintenant , dans l'ordre de leur naissance, les neuf enfants qu'eut .\lpl)onse de Cepeda , de Beairix de Ahumada sa seconde femme :

Le premier fut Ferdinand de Ahumada ; dans la carrière des armes qu'il suivit , il sut unir la piété chrétienne à la bravoure. II donna , dans l'cxpédilion du Pérou, les plus éclatantes preuves de valeur, et obtint en récompense de grandes possessions dans ce pays. Il épousa Eléonore de Xérès d'Avila , et sa postérité se perpétua en Espagne.

Le second fut Rodrigue de Cepeda. Voyez sa biographie , à la page 51.

Ce fut après Rodrigue de Cepeda que Térèse vint au monde, et elle porta le nom de Térèse de Ahumada jusqu'au moment où elle • fonda Saint-Joseph d'Avila , premier monastère de la Réforme du Carroel.

Après Térèse naquit Laurent de Cepeda ; c'est de tous les frères de la Sainte celui sur lequel il nous reste le plus de documents. Voyez sa biographie et celle de ses enfants , à la page 597 et suiv.

Le cinquième fut Antoine de Ahumada qui , par le conseil de sa soeur , prit l'habit de Saint-Dominique dans le monastère de Saint- Thomas d'Avila , au même jour où elle prit celui de la Vierge dans le monastère de l'Incarnaiion. Voyez ce qui est dit de lui à la page 49.

Le sixième , Pierre de Ahumada , se distingua par sa valeur dans la conquête des Indes ; il revint en Espagne avec sou frère Laurent auquel il survécu! , et termina chrétiennement sa carrière à .\vila.

I.e scptifiii)!, Jérôme <l<> O'peda, pariii pont l'Amérique eu 15G2, comme on le voit jiar les Icllres do la Saiiile (loine I , Iciire 39). Aiusi que ses frères, il uioiiira b«;auconp Je hravoiirc ; après douze ans euviruu de séjour dans ces contrées , à Tépoque où Laurent et Pierre ses frères se préparaient à revenir en Kspagiie, il vil arriver avec bonheur le terme de sa vie, et prit son essor vers une meilleure patrie. S.iiiile Térèse a fait de lui , eu peu de paroles, une belle oraison funèbre , dans une lettre écrite à sa su'ur Jeanne de Aluimada : » Sachez que notre bon Jéiôme de Cepeda csl mort , oh nom de Dieu , » comme un Sainl. Spa que en el nombre de Dios murio el buen Ceronimo » de Cepeda como un Sanio. » (Tome IV, lettre 12 )

Augustin , le dernier des frères de Térèsc , fut un grand liotnme de guerre ; il sortit victorieux de dix-sept batailles livrées par les Espagnols contre les babîlanls du Chili ; il fut fait Gouvcrtieur d'une place importante du Pérou. Sainte Térèse éclairée d'une lumière surnaturelle, lui écrivit de renoncer an plus tôt à cet emploi , s'il ne voulait perdre la vie du corps et celle de l'àmc. Augustin, qui connaissait la sainteté de sa sœur, ne balança point à céder à ses conseils , el renonça aux avantages que lui donnait son titre de Gouverneur. A peine fut-il sorti de la place, que les Indiens y entrèrent les armes à la main , et immolèrent tous ceux qui y étaient restés.

Miraculeusement conservé , il repassa en Europe pour obtenir un nouvel emploi du Conseil d'Espagne. Tandis qu'il était à la poursuite de cette affaire , sa sainte sœur lui écrivit une seconde lettre, où elle lui disait entre autres choses : « Mon frère , ne vous cngatjez dans au- )) cune charge pour les Indes , parce que ISolre-Seiyncur m\i fait entendre ï> que , si vous en acceptez quelqu'une , vous vicllrcz votre salut en » danger, t

Il fut d'abord lidèle à suivre ce second avis qui lui venait du Ciel ; mais, après la mort de sa bienheureuse sœur , oubliant ses avertissements salutaires , il obtint le gouvernement d'une ville dans la province du Tucumau , et traversa de nouveau l'océan pour aller prendre possession de sa charge. A peine arrivé à Lima . il se sentit frappé d'une maladie mortelle. Il reconnut aussitôt la main miséricoidieusc de Dieu, il se repentit de sa vie passée, et bannissant de son co^ur toutes les pensées d'ambition terrestre , il ne songea plus qu'à se préparer à bien mourir. Sainte Térèse ne l'abandonna pas en celle extrémité ; elle lui apparut . el , par ses charitables assistances , le disjtosa si bien à la mon, qu'elle accompagna son âme jusqu'au trône de Dieu. Ces faits attestés par le Père Louis de Valdivia de la Compagnie de Jésus qui confessa Augustin dans sa dernière maladie, sont consignés dans les inforniatiotis (|ui ont été faites

VIK OE S. TKHKSE. H

pour la canonisation île sainic Tcrèsc. Voyez l'Histoire générale des Carmes, liv. 1 , cliap. T'.

Le dernier des enfants d'Alphonse et de Béatrix fut Jeanne de Aliumada , à qui Térèse servit de Mère et quVIle éleva an monastère de i'Incarnaiion. Voyez sa biographie, à la page 401 et suiv.

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