CA QE AN PR
nu
IT. — Sans y penser, il se peint au vif dans son Traité de la Marine.
Il aime le lourd balancement des ondes et Le frissonnement des voiles. La tempête ne l'émeut pas. Il lutte froidement contre la fureur des vagues et la rage des vents. Il veut, sur toute chose, que le marin craigne Dieu, ne blasphème point, fasse prière soir et matin, et remplisse, aussi exactement que possible, ses devoirs religieux. L'homme de mer doit s'arranger de toute espèce de nourriture et s'accommoder aux lieux où il se trouve. Il faut que le capitaine ait le pied marin, qu'il soit infatigable et ne s'étonne de rien. Au moment du danger, il sera sur le tillac, commandera d’une voix force, parlera seul et ne craindra pas de mettre la main à l'œuvre. Il devra être doux et affable dans la conversation, absolu dans ses commandements. En cas de prises, « bonnes et justes », l'amiral et chacun des officiers, matelots et soldats du navire touchera exactement la part qui lui est attribuée par le contrat d'armement. II faut être courtois et modéré dans la victoire et tenir aux vaincus la parole donnée !.
LI. — Catholique ou calviniste, il à compris que la Ligue était une monstrueuse intrigue, une affaire espat Le]
ordinaire pour le Roy, en la marine ; Paris, 1613, in-40, Dédicace à la Reine,
1 CHAMPLAIN, T'raitté de la marine et du devoir d’un bon marinier, pp. 1-7, à la suite des Voyages de la Novvelle France occidentale, dicte Canada, 1632.
su d'un
gnole, qui se couvrait du manteau de la religion pour supprimer les Valois, éloigner Henri IV et placer sur le trône Henri de Guise, l'organisateur des massacres de la Saint-Barthelemy. Champlain prit parti pour Henri IV, servit en Bretagne, en qualité de maréchal-des-logis!, sous Aumont, Saint-Luc et Brissac. Il fit si bien qu’à la paix le roi l'appelle à la cour et lui fait, sur sa cassette, une petite pension.
IV. — Voilà Champlain dans les antichambres. : & Ferme sur ses membres », il attend, comme les autres, pendant des heures, des jours, des semaines, des mois, un mot, un sourire, un regar(l du monarque. Il s’apérçoit bientôt que le métier de courtisan n’est pas son affaire et qu'il pourrait mieux employer son temps.
Les Espagnols étaient sur le point d’évacuer Blavet, maintenant Port-Louis. L'opération devait être faite par le capitaine Provençal, excellent marin, pilote-major des flottes d'Espagne, et oncle de Champlain. L’oncle prend avec lui son neveu. Arrivé à Séville, il l'introduit dans la société de marins espagnols qui se préparent pour un voyage aux Indes Occidentales. Champlain désire faire le voyage. Le pilote-major obtient pour lui le commandement d’un navire, l'amiral Francesco Colombo l'accepte et, au commencement de janvier 1599, il s’enibarque à San Lucar de Barrameda. Il peut ainsi, en toute liberte, parcourir le Mexique.
1 Officier chargé de préparer les logements.