‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 8 sur 112 · DIS NU EMCOUN D ME AT DO PRE EPA VD À ORDRE ND ER ARTE PR · texte numérisé non relu

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» plier plus facilement vers la trahison, luxure, avarice, »et vers toute sorte d’inhumanité et de cruauté, à » l'exemple et patron de nos mœurs. Qui meit jamais à » tel prix le service de la trafique? tant de villes rasees, » tant de nations exterminees, tant de millions de peu- » ples passez au fil de l’espee, et la plus riche et belle » partie du monde bouleversée, pour la negociation des » perles et du poivre? Mechaniques victoires! Jamais » l'ambition, jamais les inimitiez publicques, ne poulse- « rent les hommes, les uns contre les autres, à si horri- » bles hostilitez et calamitez si misérables ! ». Montaigne a bien vu. Son clair génie a parfaitement discerné que le but de ces grandes expéditions, sans en excepter celle de Christophe Colomb, était l’amour des richesses. On invoquait hypocritement Dieu, la Vierge et les saints, on ne parlait que de religion et du salut des Sauvages : en réalité, on restait dans l’ornière creusée par les Phéuiciens et les Carthaginois. Il y a une différence pourtant, et non petite. Ces hardis marchands, « pleins de mensonges, habiles et rusés », apportaient sur leurs noires nefs mille choses frivoles, faisaient des échanges de produits, d'idées, de corruptions, fondaient des colonies, mais ils ne persécutaient personne au nom des dieux et ne forçaient personne à sacrifier à Melkarth.

XV. — Montaigne a vu des sauvages du Brésil, Marc Lescarbot a vécu avec ceux de la Nouvelle-France, et les

L'MoNTAIGNE, Essais, liv, ILE, ch, vi.

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trouve « sans comparison autant humains que nous ». Ils ne sont, dit-il, ni brutaux, ni stupides, nilourdeaux. C’est à tort qu'on les dit bêtes, cruels et sans raison. Il n’y a pas de niais parmi eux, comme en Europe; ils parlent avec beaucoup de jugement, « et pour la cruauté, » quand je revoque en memoire noz troubles derniers, je » crois que ni Hespagnols, ni Flamens, ni François, ne » leur devons rien en ce regard, voire nous les surpas- » sions de plus de juste mesure ! ».

XVI. — Le pays est immense, beau, fertile, mais ce n’est pas de cela qu'il s’agit. « On voudrait trouver les » thresoïs d’Atabalipa, sans travail et sans peine, mais » on y vient trop tard, et pour en trouver il faut cher- » cher, il faut faire de la dépense, ce que les grans ne » veulent pas. Les demandes ordinaires que l'on nous » fait », dit Lescarbot, « sont : Y a-il des thresors, y » a-il des Mines d'or etd’argent ? et personne ne demande : » Ce peuple-là est-il disposé à entendre la doctrine Chre- » tienne? Et quant aux Mines il y en a vrayment, mais » il les faut fouiller avec industrie, labeur et patience : la » plus belle mine que je sçache c’est du blé et du vinavec » la nourriture du bestial. Qui a de ceci, il a de l'argent. » Et'de mines nous n’en vivons point. Et tel bien souvent » a belle mine qui n’a pas bon jeu?».

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4 Marc LescarBor, Hist. de la Nouv.-France, 1612, pp. 2, 8. ? Luscansor, Hist. de la Nouv.-France, 1612, pp. 17, 18.

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