‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 9 sur 112 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

XVII. — D’aucuns disent que Dieu a décidé, dés l'origine des temps, qu'hors de l'Eglise il n’y aurait pas de salut : ils en concluent que la France doit se dévouer à la salvation des masses humaines qui, insouciantes du danger qu'elles ignorent, courent en riant à l'éternel abîme.

Et le danger est pressant. Des hommes avec qui Dieu, sans doute, a conversé familièrement ont prédit que, six mille ans après la création, l’universalité des mondes serait remise au creuset. Or, cette période de six mille ans touche à son terme. « Sçais tu pas bien que la fin du monde approche? » disait à Panurge le joyeux frère Jean. Gravement on concluait de ces prophéties qu'il fallait se hâter de porter aux Sauvages la foi catholique.

Les gens prudents, pratiques, pensaient qu'il fallait commencer par la colonisation. Ils étaient dans le vrai. Les Protestants, persécutés, portaient à l'étranger leur fortune et des industries qui nous étaient particulières. La France en était appau\rie, en souffrait et en souffre encore. On aurait pu canaliser, sur le Canada, cette émigration. Deux raisons, d’inégale valeur, en ont empêche. Les Huguenots, étant hérétiques et condamnés par le pape, n'auraient pu conduire en paradis les Sauvages ; une colonie protestante se serait peut-être détachée de la France catholique.

La question en était là, bien ou mal posée. D'abord on fera, par force, quelques concessions, mais la formule : « un Canada exclusivement catholique » finira par s’imposer.

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Samuel de Champlain arrive. Son programme tient en

sa trois mots : découvrir, coloniser, .christianiser. Il fera k d'immenses découvertes, il appliquera les théories de Rabelais, de Montaigne et de son ami Lescarbot, il cher- F chera un passage à la Chine et assurera le triomphe du. | catholicisme.

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