‹ Vie de Socrate (volume 2)Chapitre 12 sur 25 · SA PERSONNE · texte numérisé non relu

SA PERSONNE

soins de sa personne, et même la blâmant chez les autres. ; Lorsqu'il se rend à une réunion d'amis, loin d’affecter un costume négligé et malpropre, il prend un bain, il se présente convenablement chaussé, et, en un mot, en toilette (1); el de même, malgré une tempérance exemplaire, «une sobresse sans pareille, » il n’apporte pas à ces fêtes de l’amitié un visage chagrin et une humeur morose : il se livre à la gaieté, il rit franchement, il cauge avec esprit et grâce, et mettant de côté cette gravité de démarche, ce regard quelque peu dédaigneÿx ‘et sévère, cette majesté d'expression que lui

tation d’austérité,ou de mépris des usages: c'était la mode, non-seulement des citoyens qui vivaient modestement comme Phocion et Lycurgue, mais encore de jeunes gens élégants, délicats (Phædr., 225 a) et même maladifs comme Phèdre (Symp., 176).

(1) Plat., Symp., 14 a, ékcvuéve, CF. id., 223 d, arc vhdpevoy T&ç Praivas brodedepévov…. bre xaxkws, de sorte qu'il ne faut pas prendre à la lettre les mots d'Epictête. Dissert., 1. IV; c.xt, p. 1%: « Socrates raro lavabat... licuerat illi neque lotionibus, neque balneis uti, si voluisset ; et tamen raræ etiam lotiones vim kabebant.» - -

Je remarque que dans ce même passage Schweighaüser traduit le vers d'Aristôphane, Nub., 103 : rebs yxptovras, robe avurcdireus (Cf. id., v. 363) non par « non calceatos, » mais bien par « discalceatos. »

attribue Aristophane (1), il boit sans fausse honte sa coupe pleine, et quoiqu'il conseille plus volontiers des coupes qui soient petites (2), les plus grandes ne lui font pas peur (3).

« Amis, dit-il dansle Banquet de Xénophon (4), je suis fort d’avis que nous buvions : semblable à la mandragore qui endort les corps, le vin, arrosant nos esprits, assoupit nos chagrins; il éveille la joie comme l'huile anime la flamme. Il en est de nos corps comme des semences qui germent dans la terre: que le ciel verse despluies trop abondantes, elles lèvent mal; elles ne retoivent pas l’impression des vents; mais modérément arrosées, elles poussent avec vigueur, leur tige s’élève, elles fleurissent, elles se couvrent de fruits. De même, si nous buvons avec excès, le corps chancelle, l’esprit s’affaiblit ; mais si, pour me servir de l’expression du rhéteur Gorgias, nos serviteurs nous servent dans de modestes coupes une douce

(1) Aristoph., Nub., 363 :

Or Boevber T'év rats Gdcig xui ro pÜxud rapabAdrte, .. xAp' MJLV GEUVORpOÇw TE.

(2) Xén., Symp.,2 26 : ci maides npiv mupais xÜMEL muxva émuexétoow ; ce dernier mot exprime la pluie fine qui tombe sans discontinuer.

(3) Plat., Symp., 223 c : miveuwv êx peydans qtAAnc.

(4) Symp. ., 2, Sub fin.

et fréquente rosée, nous cédons doucement à Pattrait du‘plaisir.» Sa forte constitution lui permettait même, lorsque les circonstances lui en faisaient un devoir, de boire avec excès, sans éprouver aucun trouble physique ou moral, sans rien ressentir des vertiges de l'ivresse (1). A la fin de lorgie qui termine le banquet d’Agathon, après une nuit passée tout entière à boire, et où il a vaincu, le verre en main, les plus intrépides buveurs, il sort, le corps et l’esprit également fermes, et, comme si de rien n’était, après avoir pris un bain, il se rend au Lycée pour y vaquer à ses occupations ordinaires (2).

C'était un homme vigoureux et robuste (3), exercé, par sa manière de vivre, à toutes les privations et aux souffrances physiques, qu’il supportait avec une singulière indifférence.

Jusque dans sa vieillesse 1l avait conservé l’habitude des exercices gymnastiques. Charmide le trouve, non sans étonnement 1l est vrai, dansant tout seul dans sa maison, et nous voyons Alcibiade le provoquer à la lutte. En plein hiver, sous le rude climat de la Thrace, les soldats l’avaient vu, avec un étonne-

(1) Plat., Symp., 220 a.

(2) Plat., Symp., 223 d.

(3) Xén., Mem., 1, 6, 10 : rñ; Suxpartxñs toyucs.

ment mêlé de quelque irritation, faire son service, par un froid rigoureux, avec SOn COstume ordinaire et marcher pieds nus sur la glace (1). Il résistait avec une force égale aux excès de la éhaleur, à la faim comme à la soif, à la fatigue et au sommeil (2).Quelquefois même, sous l'influence d’une méditation ardente, cette force de résistance, cette insensibilité aux impressions extérieures atteignit presque un éfat d’anesthésic cataleptique. Dans cette même campagne de Potidée, des soldats ioniens qui l'avaient observé, rapportèrent que, plongé dans une méditation profonde, il était resté dans la même posture, debout toute une journée et toute une nuit, et n’était rentré au camp que le lendemain au point du jour, après avoir fait sa priére au soleil (3).

(1) Le dessus du pied chaussé de la sandale reste nu. Cf. Plat., Symp.,220 b.

(2) Xén., Mem., 1, 8,1; et 11, 1; 1 ; Diog. L., 11, 27; Aristoph., Nub., 414; Plat., Symp., 220 a; c'est ce qu'on appelait la xxpréorou de Socrate.

(3) Plat., Symp.,220 d; Aul. Gell., N. Até., 11, ], n'y voit qu'un endurcissement purement physique : « inter labores voluntarios et exercitia corporis ad fortuitas patientiæ vices firmandi, » et il cite de Favorinus ce passage : nokkaxis 6 naicu els RAMGV ÉGTIXEL RoTPADÉGTEDCS TOY Tpèu= vuv, où l’on voit ce qui n’est qü’un fait accidentel, peutêtre unique, se changer en une habitude moxkaxis. Cf. 77 !., Vorles., t. XI, p. 51.

Sa bravoure étaitaussi héroïque que modeste.

Ausiége de Potidée, Alcibiade, son camarade de chambrée, blessé et en danger de perdre et ses armes et la vie, dut au courage intrépide et calme de son ami de sauver l’un et l’autre, et Socrate lui abandonna le prix de la valeur que les généraux voulaient lui décerner (1).

A Délium, où il servait comme hoplite, dans la retraite désastreuse ‘où sa fière attitude, sa présence d’esprit, supérieure à celle de Lachès même, son regard de taureau, intimidèrent les ennemis qui poursuivaient les fuyards, ilsauva également la vie à Xénophon qui était tombé

ge cheval (2); il le releva, le prit sur ses épaules

et le porta ainsi pendant plusicurs stades jusqu’à la fin de la poursuite. Il avait fait également la campagne d’Amphipolis, sans doute avec Thucydide.

L'empire qu’il exerçait sur lui-même s’étendait à tout ce qui exciteles passions et les convoitiseshumaines;ilestamoureux dela jeunesse et de la beauté (3); il se déclare l’amant d’Alci-

(1) Plat., Symp., 220 d; Plut., A Zcib., p. 195 a. Plutarque ajoute , il est le seul à nous donner ce renseignement, qu'Alcibiade rendit la parcille à Socrate dans la retraite de Délium.

(2) Plat., Lach.,181b; Symp., 221 b,c; Phæd., 117b, . Diog. L. 11,13; Sérab., IX, 618; Simpl., ad Epict., c.3l;

(3) Plat., Symp., 216 e.

biade (1); avec son ironie habituelle il professe qu’il ne sait qu’une chose, et c’est l'amour (2); mais, malgré les vers que cite Athénée d’après Hérodicus, qui les attribue à Aspasie (3), malgré l'insinuation malveillante d’un mot spirituel de Cicéron (4), malgré l’accusation ouverte de Juvénal (5), trop légèrement répétée par Boileau (6), cet amour, tout en acceptant les formes de langage usitées dans les mœurs grecques pour exprimer l’odieuse confusion de l'amour et de l’amitié, cet amour ne s’adressait pas à la beauté physique, mais à la beauté intérieure, et ne se proposait d'autre volupté . ° $

(1) Plat., Symp., 213 D.

(2) Mem.,11, 6, 28 : di ro éowrimos var. Plat, Symx., 171 e : ée cüd'èv do émioracbar à rà épurixé, Prot., Inîit. Charm., 156 €.

(3) Athén., V, 219 a :

Soxpares, cbx abs pe mou Drybels Epeva nv onv madvs Aeiveudyne ai KAetvicu,

(4) Cic., de Fat., c. 5: «Zopyrus physiognomon addidit Socratem etiam mulierosum : in quo Alcibiades cachinnum dicitur sustulisse. » -

(5) Juv., Sat, 11, 10:

« Castigas turpia, quum sis Inter Socraticos notissima fossa cinædos ». (6) Boil. Sat. XII :

Et malgré la vertu dont il faisait parade, Très-équivoque ami du jeune Alcibiade.

que de purifier, de rendre plus belle ct meilleure l’âme de celui qu’il disait aimer : cela est prouvé non-seulement par le cynique récit d’Alcibiade, non-sculement par le témoignage ‘direct de Platon, qui nous affirme qu’il ne s’in- quiétait pas, dans le choix de ses amis, de savoir s'ils étaient beaux ; par celui de Xénophon, qui confirme le premier, mais encore par le silence de tous ses contemporains, de ses accusateurs, des poètes comiques, d’Aristophane, qui certes n'auraient pas oublié ce trait, comme le fait observer Athénée (1), si le caractère de l’homme n’eût rendu comme impossible une si odieuse calomnie.

Si Platon a introduit dans cette œuvre admirable du Banquet le dégoûtant épisode auquel je fais allusion (2), ce n’est donc pas pour repousser une calomnie que personne n’aurait osé soutenir, mais pour montrer, comme l'inter-

Boileau a-t-il su que Paul Léopard (ÆEmend. 1., XII, c. 10) substituait lrès-ingénieusement, dans le vers de Juvénal, Sotadicos à Socraticos ?

(1) Athén.,V, 219 : cd yao dv éaiynas roûr” Âprorcæavns, de tebs vécus diavbeiocvrec.

I1 ne faut pas croire qu'Aristophane lui eût pardonné de partager ce vice si général: il suffit de parcourir ses pièces pour s'assurer qu'il s'élève avec une verve véhémente contre tous ceux qui en étaient accusés.

(2) Plat., Symp., 217, sqq.

DA

14 VIE DE SOCRATE prèle Quintilien, la pureté et la chasteté de ses affections (1).

Lorsque je dis que nul des contemporains de Socrate n’aurait insinué quelques soupçons contresacontinence etsa chasteté, je me trompe; : il en est un qui l’a accusé, mais un seul : c’est Aristoxène, ou du moins son père Spinthare, qui avait entendu personnellement Socrate (2). Aristoxène, musicien et mathématicien célèbre, avait écrit de nombreux traités sur les deux arts qu’il pratiquait et professait, et, outre ses trois livres sur les éléments de l'harmonie que nous avons conservés, il avait écrit des mémoires, des mélanges et des biographies, les unes des grands poètes tragiques, les autres des philosophes célèbres C’est ainsi qu'il avait composé une vice de Socrate, dont nous possédons quel: ques fragments, ous empreinis d’un esprit évident de dénigrement et de calomnie;: cette disposition de caractère est signalée par les anciens eux-mêmes, qui l’accusent, les uns d’avoir visé à dire toujours quelque chose de nouveau, les autres d’avoir insulté, aussitôt

1) Xén., Mem., 1, 2, 1 :t@v tpscdiatuv éyeozréorare, Socrate s'élève avec indignation contreces ignobles mœurs. Xén., Mem., 1, 2, 29; 1d., Symp., 8, 19; Quintil., VIII, 4, 23.

(2) Cyrill., adv. Jul., 1. VI, p. 208.

après sa mort, Aristote, dont 1l était le disciple et dont 1l aurait voulu être le successeur (1).

Voilà le témoin qui vient nous dire que Socrate avait été le mignon d’Archélaüs (2), qu'il était porté à tous les excès de la débauche (3), qu’il avait la passion de l’argént et n’était qu'un franc usurier (4); que son esprit était lourd et épais, son caractère si violent et . Si 1rritable que les emportements de sa colère ne s’arrêtaient devant aucun acte ni aucune parole (5), et qu’à l’intempérance il joigaait l'ignorance et la bêtise (6).

Il est vrai, si l'on en croit Cicéron, que le physiognomiste Zopyre avait cru reconnaître dans Socrate les caractères extérieurs de la pesanteur et de la stupidité de l'intelligence et de l'amour des femmes, et que Socrate avouait qu’il avait employé, pour s’en corriger, toute

(1) Suidas. v. Âptarétswe. Procl. in Tim, t, III, p. 192. Je ne vois pas bien pourquoi M. Grote a voulu réhabiliter un témoin si légitimement suspect.

(2) Diog. L., 11,19.

(8) Fragm. Aristox., 25, ed. Didot; Suid.

(4) Diog. L., IT, 20.

(5) Fragm. Aristox., 27, tiré de Théodor., &epar. XII, p. 163 : dxpiycacr xai eddoynrov ; fragm. 28: d'evrv elvxt rh doynuoobvmy cbdevèc yap côte dvopares Ancoyéoat, cÜTE Tpay- (LATOS.

(6) Fragm. Aristox., 21, tiré de Plut., de Malig., He-

rodot., 9 © : ämaideurey xai duabñ ai axdAaator,

la force de sa raison et de sa volonté (1); mais ce ne sont là que des inductions fausses, tirées de passages mal compris de Xénophon et de Platon, et qu'a très-habilement réfutées Maxime de Tyr (2). Il faut faire encore moins d'attention aux critiques de Flécole épicurienne, qui se permettait tant de licences, et même d’impertinences, dans ses jügements, comme nous le dit Cicéron : tantum Epicuri hortus habuit licentiæ, et allait jusqu’à appeler Socrate le bouffon d'Athènes, scurram atticum (3). Épicurelui-même avaitété plusréservé: dans la série d’invectives qu’il adresse à tous les philosophes, et dont Diogène nous a transmis la liste, Socrate est oublié (4). Cet oubli est presque un témoignage de respect.

Indifférent à la fortune, Socrate avait refusé des présents, non-seulement des rois et des étrangers, mais souvent ceux de ses meilleurs amis (5);ilne voulait pas les recevoir même à titre d'honoraires ou de rémunération légitime

(1) Cic., de F'at.,c.5; Tusvul., IV, 31; Luc., Amor., 24.

(2) Dissert., 25, 26, 21. Conf, id. 9, 10, 11.

(3) Gic., de Nat., D., 1,34.

(4) Diog. L., X. 8.

(5) ÆL., JJist. var.. IX, 29; Xén., Apol., 16. Il y a quelque contradiction dans les témoignages à cet égard.

Conf. Senec., de Benef., 1, 8.

pour ses leçons et ses conseils (1). Charmide Jui ayant envoyé des esclaves pour qu’il pût tirer profit de leur industrie et de leur travail, il les refusa (2). Il repoussa de même les offres d’Archélaüs de Macédoine, de Scopas de Cranonium, d'Euryloque de Larissa,quilinvitaient à se rendre et à vivre auprès d’eux (3). Tout cela n’était ni fierté superbe, ni passion d’ascétisme ; mais il avait pour maxime de diminuer autant que possible le nombre de ses besoins, pour se rapprocher de la divinité qui n’en avait aucun (4).

C’est ce sentiment et ce goût d'indépendance qui se révèlent dans le mot qu’on lui attribue, à la vue des objets de toute nature étalés sur le marché d’Athènes : Combien de choses dont je n’ai pas besoin (5)! Le goût de la pa-

(1) Plat., Apol., 31 c : ñ irpabdunv proov ñn frnaz.

(2) Diog. L., 11, 31.

(3) Diog., 11, 25; Liban., A pol. Declam., XXIX, t. ut, p. 59.

(4) Xén., Mem., 1, 6, 10.

(5) Diog. L., 11, 25 et 11,74. Dans ce dernier passage, Diogène, met, dans la bouche d’Aristippe, uneréponse qui ferait croire que les riches amis de Socrate lui faisaient en nature une espèce de pension alimentaire. Socrate, dit-il, a pour le servir les premiers citoyens d'Athènes, et moi je n'ai que mon esclave. C'est pour cela qu'il fut le premier des Socratiques à prendre un salaire pour ses leçons.

18 VIE DK SOCRATE .

rure et de la recherche lui est tout à fait étranger, et sous ce rapport 1l ne ressemble pas à ses contemporains. « Tous ces manteaux de pourpre, disait-il, ces étoffes d’argent et d’or sont convenables à des acteurs qui vont jouer un rôle de tragédie, mais parfaitement inutiles au bonheur de la vie (1). » ,

Sa patience envers sa femme est célèbre, mais elle s’étendait à tout le monde et à toute chose; dans les discussions qu’il aimait à provoquer, ilse laissait moquer, bafouer, insulter, frapper; il se vengeait de ces grossiers outrages par quelque mot spirituel. Un contradicteur irrité lui donna un soufflet : « Qu’il est donc fâcheux, dit-1l, de ne pas savoir quand il faut mettre un casque avant de sortir (2). » Un autre le frappe d’un coup de pied et quelqu'un s’étonne de sa résignatioi : « Eh quoi! répond-il, si j'avais reçu un coup de pied d’un âne, lui ferais-je unprocès (3)? » Aristophane, dans la comédie des Nuées, l’accabla, comme on sait, de calomnies ; un des spectateurs lui dit : —« Eh quoi! Socrate, tu ne t’indignes pas de te voir l’objet de la risée publique ? — Non, par Jupiter! le théâtre où l’on me raille, n'est-il

(1) Diog. L., 11, 95. ‘ (2) Sen., de fra, 1. III, c. XI.

(3) Diog. L., 11, 21, qui cite pour garant Démétrius.

pas comme un grand banquet (1) où chaque convive rit des autres? » Celle patience, cetle consiance d'âme, reposent au fond sur un sentiment de supériorité, du haut duquel il méprise la sotiise humaine lout en se prélant à ses caprices injurieux.

Un jour de grande fête aux Dyonisiaques, désigné par son nom, affublé de quelque épithète plaisante, il voyait des étrangers se retourner pour le voir et le connaître; se levant tranquillement alors, il resta debout pendant le reste de la pièce pour leur permettre de satisfaire leur curiosité (2).

On aime à croire qu’Élien n’invente rien, quand il nous le montre surpris par Alcibiade au moment où 1l joue avec son fils Lamproclès (3). Son humeur aimable et complaisante n’est pas moins gaie et piquante; sans doute ce n’était pas un jeune fou; mais je m'étonne qu’Aristote lui donne l’épithète de ordammos, et dans ce passage le rapproche de Cimon et de Périclès dont on connaît l'attitude réservée et l'humeur grave et sévère (4). Je m'étonne bien

(1) Plut., de Lib. Educ., p. 14.

(2) Plut., de Lib. Educ., c. 14; Æl., Hist.var., 11 c, e13; Senec., de Const. Sap., c. 18, sub finem. (3) Æl., A. v., 1. XII, c. 15. Cf. Perizonius ad I. l. (4) Aristot., Rhet., 11, 15. Vittorio semble ne donner ici à ordoyseç que le sens de ferme : « familias ingenio

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