SON ÉDUCATION
. Socrate reçut la libérale éducation que tout citoyen d'Athènes était obligé par la loi de donner à son fils (1). C’étaient la gymnastique et la musique, c’est-à-dire tous les exercices qui développent et forifient le corps et l’esprit; il faut évidemment y joindre la grammatique, ñ yoduuarix, Qui était un prélude et une condition préalable, et qui, réunie aux deux autres, formait l’éducation complète et parfaite d’un jeune Athénien (2), éyxvxaos maidela, éyxuxdid uabñuaTe.
La grammaire, qui devait son nom à la connaissance purement mécanique de l’alphabet, pour l’usage de la lecture et de l'écriture, avait pris bientôt une plus haute importance et une
(1) Plat., Crié., 50 d.
(2) Xénoph., Rep. Lac., IT,1; Schol. Aristoph., Equ., 188; Ran.,'141; Plat., Protag., 312 b; Terent., Eun., 111, 2, 23:
Fac periculum in litteris, Fac in palæstra, in musicis : quæ liberum Scire æquum est adolescentem, solertem dab).
Comment se fait-il que Porphyre{Théod., Græcor.affect. Curat., 1. I, p. 8) ait pu dire non-seulement que Socrate avait été si mal doué par la nature, mais encore si mal élevé, ämatdeurèvmeot mévra, qu'il ne savait ni lire, ni écrire, ni parler même neltement et bredouillait comme un enfant” C'est sans doute sur l'autorité d'Aristoxène qu'il rapporte ce détail, et il n’est pas fait pour relever la véracité de ce témoin, quoi qu'en dise M. Grote,
plus grande étendue. Les livres, dans lesquels les enfants apprenaient à lire, étaient les plus grands poètes de la Grèce, Homère avant tout, source de toute sagesse, politique et religieuse ; puis les poètes moralistes, $lésiode, Théognis, Phocylide. On ne se bornaït pas à les leur faire lire et apprendre par cœur : à la fois, pour en bien pénétrer ces jeunes âmes, qui devaient y : trouver la règle de la vie morale (1), et par suite du défaut d'exemplaires, on les dictait aux écoliers, et de là on arriva facilement, nonseulement à un commentaire plus sérieux, mais à une explication de plus en plus critique et grammaticale dès textes. Puis venait la mu-’ sique, qui était l’art de chanter, de danser et de jouer de la lyre. La flûte était méprisée à Athènes, au moins comme forme de l’éducation de la jeunesse, et dédaigneusement renvoyée aux Béoticns (2). Les poètes lyriques devenaient alors l'objet des études, et achevaient, et par leurs leçons directes, et par l’effet tout puissant
(1) Plat., Protag., 325 c; Isocr. ,Nicod., 12; Xénoph., Sympr, IV, 6;-Dion. Halic., ep. ad Pomp., p. 156; Drac. Strat:, De metr., p. 33: & dpyfc xa8 Üuncov émel que paônxzat mavres. Voir dans le Protagoras, p. 339, la discussion du passage de Simonide, et dansle Ménon, p. 95 d, la critique de Théognis.
(2) Plut., À lc:b., ec, 2: adleiroo= cûv Brbioy raides, 0 yap loua diakéyecbat