‹ Vie de Socrate (volume 3)Chapitre 19 sur 28 · LA MISSION · texte numérisé non relu

LA MISSION

leur que tous les conseils et que tous les maîtres (1). |

Malheureusement ce renseignement est en opposition avec la tradition, qui attribue à son ciseau les trois Grâces vêtues de l’Acropole : un groupe de cette importance attesterait une assez longue pratique et d’assez profondes études dans son art, tandis que le lieu honorable dont il avait été jugé digne prouverait que l'artiste avait atteint un certain degré d’habileté et de talent (2). |

Si lon veut tirer des assertions de Porphyre et de Plutarque des conclusions qui nesoient pas téméraires, il faut se borner à dire qu’il y a eu dans Socrate un développement indépendant et spontané ; qu’il a senti de bonne heure s’éveiller la vocation philosophique et la passion de se consacrer tout entier à la réforme scientifique et morale de ses concitoyens et des hommes. On peut croire que ce fut sur l’ordre du Dieu de Delphes qu’il renonça à l’industrie paternelle et

(1) Plut., De dæm. Socr., Ce XX.

®) Brücker a attaqué l'autorité du passage de Plutarque que Tennemann, Gesch. der Phil. t. II, p. 31, a défendue. Ménage, après avoir cité les deux passages de Pausanias, ajoute : « Hinc refutandus Porphyrius, qui, ut.est apud Theodoretum, artis inscitiæ Socratem insimulat, et adversus patrem inobedientiæ. »

embrassa le périlleux apostolat de la vertu (1). Mais à quelle époque de sa vie rompit-il tout à fait avec sa profession et 8e reconnut-il lobligation, imposée d’en haut et à laquelle il ne pourrait se soustraire sans sacrilége, de travailler au perfectionnement moral de lui-même et des autres? Nous lignorons absolument.

Des prédictions, des songes, des signes (2), toutes les formes que peut prendre la volonté des dieux pour se manifester à uh hotnme, et lui annoncer qu’il est réservé à une mission divine, des unipa, Se mamfestèrent à lui. Ces communications fréquentes, habituelles (3) même

(1) Max. Tyr., p. 229 : xara nv roû Bacd yerporeviav +üv pv réynv d'iboutc, vhv Ôë dpernv éAduGave. M. K. Fr. Hermann, qui cite ce passage dans la dissertalion dé Magistris Socratis, p. 29, voit, dans l'opposition de r:yv et de äpern, l'expression du mépris que les anciens Grecs portaient non-seulement aux artisans, mais même aux artistes; pour prouver cette thèse assez nouvelle, il cite Plut., Vit. Pericl., eo. 1 ei 2, où il voit une preuve iamifeste de cœ qu'il avance, luculentum testimonium:

En relisant ces deux chapitres, on sera convaincu, je pense, que Plutarque fait allusion, non pas aux préjugés des anciens Grecs, mais aux préjugés de ses concemporains , qui les.avaient reçus, avec la servitude, des Romains, ou les simulaient pour complaire à leurs maîtres.

(2) Plat., Apol., 34 c; Euthyd., 22e ; Rep., IV, 496 c; Phæœdr., 242 b.

(3) Phœdr., 242 D: ro slubo; onueiuv ; Apol., 40 d: ñ yx0

ELOÔVIG LLCE LAVTIXN,

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