XVI PRÉFACE
gaeil, tout nous porte à admirer, à aimer, à imiter ce noble exemplaire de l'humanité, où nous reconnaissons notre propre nature, mais agrandie, ce type idéal, ce modèle parfait, dont les perfections ne peuvent plus nous paraître une fiction irréalisable, puisqu'elles sont une vivante réalité : or, tel fut Socrate, et en cela môme il se conformait à sa propre doctrine.
La philosophie n'est plus pour lui un pur jeu d'esprit, une distraction élégante et noble d'hommes dans le loisir. La philosophie devient chose sérieuse et sévère : elle s'identifie avec la vie. Pour être un vrai philosophe, il faut deux choses : aimer les hommes, obéir à Dieu (1), et c'est précisément obéir à Dieu que * d'aimer et de servir les hommes. Celui qui a entendu comme lui Tordre divin ne doit pas, ne peut pas, dût -il lui en coûter toutes les joies de la vie, et la vie même, se dérober à cette mission sainte. La science n'est que le moyen de servir les homraes, c'est-à-dire de leur faire
(1) Plat., ApoL, 29 d : àaiTaî;6(xai 6fi.aç..,, ireiôeiv tô 6eô'