‹ Vie de SocrateChapitre 36 sur 114 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Par une coïncidence singulière, le lendemain du jour de là condamnation, le prêtre d^ Apollon couronna la poupe du vaisseau sacré qui portait, à Délos, le cortège destiné chaque an née à rendre au dieu, au lieu de sa naissance, les actions de grâces dues pour avoir aidé Thésée à délivrer Athènes de Todieux tribut qu'elle payait à la Crète (1). C'était le sixième jour du mois Munychion, le dixième mois de Tannée attique. La loi athénienne ne permettait pas, pendant ce pèlerinage sacré, de souiller la ville par Texécution d'un jugement capital. Socrate dut donc attendre que le vaisseau fût rentré dans le port d'Athènes, d'où il restait quelquefois assez longtemps absent, retenu par la célébration des fêtes et les vents contraires. Dans cet intervalle, qui dura trente

(1) Plat., Phœdon.y 68 a, b, c.

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jours, le condamné fut mis aux fers, mais il put recevoir librement chaque jour ses amis, ' et s'occuper tantôt avec eux, tantôt seul, de travaux intellectuels (1). C'est là qu'il composa, suivant la tradition rapportée par Platon, un hymne à Apollon (2) et mit en vers quelquesunes des fables d'Esope. §es amis avaient profité de ce répit pour organiser un plan de fuite, et déjà avaient gagné le geôlier. Trois jours avant le retour du vaisseau sacré, Griton, son vieil ami, pénétra seul, de bon matin, dans la prison et le pressa vivement de s'enfuir (3) ; il invoqua les raisons les plus fortes et les plus

(1) Et même de musique s'il faut en croire Ammien MarceUin, XXXIII, 4, p. 5*76, éd. Gronov. « Socratem destinatum pœnse, conjectumqueincarceremperrogasse quemdam scite lyrici carmen Stesichori modulantem, ut doceretur, id agere dum liceret, interroganteque musico, quid ei poterit hoc prodesi^e morituro postridie, respondisse : Ut aliquid sciens amplius e yita discedam. » C'est le mot queStobée^FZorî7.,XXIX, 58,p. 200, prête à Solon dans une circonstance moins tragique. On peut donc croire que c'est une erreur de Marcellin, à moins qu'on ne suppose que Socrate n'ait fait que répéter un mot déjà connu.

(2) Authentique ou non, cet hymne existait encore du temps de Dion Ghrjsostome, Orat, Politica in Fa-

triatïlj xal Traiàva èiroÎYicr&v toutcv 6v i'^ca vuv â^tù,

(3) Le fait est attesté par Xén., § 23, ApoL Plutarch., t. xi, p. 1126, 1. 13. Platon y fait allusion dans le- Phédon, p. 99 a. Il y a longtemps, dit Socrate, que

touchantes, le conjurant de ne pas se trahir lui-même, de ne pas laisser peser éternellement sur ceux qui Ta valent aimé le reproche et la honte de ne l'avoir pas sauvé,

Socrâte se montra touché de cet empressement affectueux et de ce dévouement si tendre; il refusa avec douceur, mais il refusa avec une inflexible fermeté. Sa grande raison fut qu'il devait rester, dans la pratique, fidèle aux principes qu'il avait théoriquement soutenus toute sa vie (1). Il avait toujours dit qu'il fallait faire ce qui était juste et bien, dût-on y perdre la fortune ou la vie ; les circonstances l'appelaient à prouver qu'il était capable dé faire ce qu'il avait conseillé : il fallait qu'il le fît. L'obéissance à la loi est un devoir des plus impérieux et une des obligations les plus strictes de la justice ; il a obéi jusqu'à présent et obéira jusqu'au bout aux lois de son pays. Ce n'est pas une raison, parce que sa patrie semble agir injustement envers lui, pour qu'il lui soit permis d'agir injustement envers elle. Laissons donc faire aux dieux, dit-il.

Je ne peux pas voir là un argument sans sin-

ces vieux os seraient en Béolie ou à Mégare , si j'avais cru que c'était le meilleur parti à prendre.

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cérilé et destiné à couvrir un calcul profond; il est certain que ce principe de conduite se rattachait à ses principes philosophiques, et il est inutile de lui supposer des intentions cachées, et particulièrement Tintenlion de préparer d^'avance Teffet dramatique de la dernière scène de sa vie.

Le jour môme de cet entretien avec Griton, Socrate avait eu un songe : il avait vu venir une femme d^une rare beauté et d'une stature imposante vêtue de blanc, qui l'avait appelé et lui avait dit ce vers d'Homère :

H{JiaTi x&v Tçndrtù 4>^Wii èpiêwXcv txsto.

Le don de prophétie dont il se croyait pourvu lui révéla le sens de ces énigmatiques paroles : Cela signifie, dit-il à iEschine, que c'est dans trois jours que je mourrai (1). Aussi ne voulut-il pas croire à la nouvelle que lui apportait Criton, que le vaisseau de Délos arriverait le jour même de l'entrevue. Les pressentiments de Socrate se réalisèrent.

Le jour fatal arriva (2). Dès le matin, ses

(1) Diog. L., II, 36 ; Plat., Crit, 43 a.

(2) La date de celte mort est placée dans la 1^^ moitié du mois Thargélion (Mai) de Toi. 95,2 (an 399av. J.-C). Si on savait exactement quel jour le prêtre d\\pollon couronnait la poupe du yaisseau sacré, on pourrait fixer exactement la date de la mort, qui eut lieu trente jours

amis se réunirent encore une fois auprès de leur maître; ils étaient nombreux. On y voyait ApoUodore, appelé TEnthousiasle, et connu par sa mélancolie douce et tendre; il apportait à Socrate une riche tunique dont on devait le revêtir, suivant la coutume grecque, après sa mort. « Eh ! quoi, lui dit-il, le vêtement qui m'a été hop pendant ma vie, ne me sera-t-il . pas assez bon pour mourir? » Xénophon (1), comme Platon, mentionne Tardeur de son affection pour son maître, qui éclate en cris et en sanglots à la dernière scène de la tragédie. Les deux

après. M. K. E. Hermann [Lehy^h, d. goétesdienstlichen Alterthûm.y p. 414) croit que la Théorie devait s'arranger de manière à faire coïncider la célébration de ces sacrifices avec le jour des Thargélies, où Ton célébrait la naissance de Diane et la fête de Déméter Chloé; M. Zel- 1er en a conclu que le retour n'avait lieu que dans la 2™e moitié de Thargélion. J'aurais été plus disposé à admettre que ce vaisseau, qui était le même que celui où s'était embarqué Thésée (Plut., Thés,, c. 23), mettait à la voile pour Délos le même jour qu'avait fait Thésée pour la Crète : or,|ce jour était le 6 du mois Munychion, où Ton célébrait les AeXcpivia. Revenu juste un mois après, il aurait été de retour le 6 Thargélion, assez à temps pour que la Théorie pût prendre part à la fête où Ton purifiait Athènes (Diog. L., ÎI, 44). Socrate, qui but la ciguë le lendemain, serait donc mort le "7, qui est, diton, aussi l'anniversaire de son jour de naissance.

(l)J.poZ.,§28.

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Thébains Simmias et Cébès (1), qui s^étaient la veille donné rendez-vous, deux amis et presque deux frères, peut-être des pythagoriciens, certainement auditeurs, sinon disciples de Philolaûs, étaient présents et ils jouent un rôle actif dans le dialogue de Platon. Auprès de lui était encore Pliédon d'^Elis, qui était tout jeune encore et déjà cher à Socrate. Platon nous le dépeint heureux de parler de son vieil ami et de raviver sa mémoire ; c'est dans sa bouche qu'est placé le récit de Tentretien, et on nous le montre, au moment suprême, fondant en larmes, et obligé, pour cacher sa faiblesse, de s*envelopper le visage de son manteau. ,

Le plus vieil et le plus fidèle ami de Socrate ne Favait pas, comme on peut croire, abandonné dans cette dernière épreuve; (triton était riche (2) et Tavait souvent aidé de ^a bourse (3), si bien que Thémiste l'appelait le ministre des finances de Socrate (4). Il méritait par la constance de son dévouement le rôle que

(1) Il est difficile de croire que ce Cébès soit Tauteur du morceau intitulé n(vaÇ.

(2) Xén., Mem,, I, 9.

(3) Diog. L., II, 21.

(4) Or., XXIII, p. 149 : Taji-wtov*

lui attribue Platon, et que sans doute il remplit. C'est à lui que Socrate adresse ses dernières paroles ; c'est à lui qu'il recommande sa femme et ses enfants; c'est lui qu'il charge d'exécuter ses dernières volontés, et d'offrir aux dieux sa dernière offrande ; c'est lui enfin qui lui ferme les yeux.

Outre ces personnages plus ou moins intimement liés avec Socrate, d'autres étaient venus lui dire un dernier adieu ; parmi les Athéniens, Gritobule, fils de Griton; Hermogène, fils d'Antiphon, qui avait assisté au procès ; Epigène, iEschine, Antisthène, Gtésippe, Ménexène, qui appartiennent tous à ce qu'on appelle les socratiques, et, parmi les étrangers, Phédondès, de Thèbes ou de Gyrène ; Euclide, de Mégare; Terpsion complètement inconnu.

Xénophon, alors en Asie , et Platon, malade, peut-être de douleur, n'assistaient pas à cette scène sublime et déchirante.

Au moment où le geôlier de la prison, après les avoir fait attendre un instant, leur permit d'entrer, les Onze venaient d'annoncer à Socrate qu'il devait subir lamort le jour même, et de lui faire ôter les fers qui lui avaient meurtri les jambes. Il était assis sur un lit; sa femme, assise à ses côtés, tenait dan,s ses bras un petit enfant. En les voyant entrer, la douleur de

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cette femme éclata, et son cœur se brisa :

«Quelle affreuse injustice ! s'écria-t-elle.* — « Aimerais-tu donc mieux, répartit le vieillard, que ce fût justice? » — « Ah! Socrate ! ajoutât-elle, voilà tes amis! c^est la dernière fois qu'ils pourront te parler; c'est la dernière fois qu'ils pourront t'entendre ! » et elle fondit en sanglots. D'^un regard, il fit signe à Criton de remmener et elle sortitr

L'entretien commença alors, et porta principalement sur l'immortalité de l^âme; mais le fond des idées aussi bien que les développements paraissent appartenir à Platon. Ce qu'on peut croire historique, c'est la peinture de Socrate, de la tranquillité sereine et de l'enjouement sublime de son esprit et de son âme, tableau d'une beauté incomparable autant que pathétique, et qu'on serait désespéré de croire tout à fait inventé : il se compare lui-même à l'oiseau d'Apollon, au cygne auquel le dieu à son heure suprême accorde une vue prophétique plus certaine, et des chants plus beaux et plus harmonieux. Le Phédon peut être en effet appelé le chant du cygne de Socrate, et un hymne sublime et harmonieux à l'immortalité. de Tâme.

Tout le jour s'écoula en conversations ; le soleil était encore sur les montagnes , lorsque

Socrate voulut en finir : il alla prondre un bain pour éviter à ses amis Thorreur de laver un cadavre, et fit introduire ses trois enfants et les femmes de sa maison, soit ses parentes, soit ses servantes, soit peut-être les unes et les autres. Après leur avoir dit adieu, il répondit à Criton, qui lui demandait quelles recommandations il avait à faire, et de quelle manière il désirait- être enterré. Il enjoignit à ses amis d'être fidèles aux principes de la justice et de la vertu : c'était le meilleur moyen d'honorer sa mémoire; pour les soins de la sépulture, il les laissa libres de faire comme ils Tentendraient, n'y attachant aucune importance.

La loi athénienne ne voulait pas que la lumière sacrée fût souillée par le spectacle des meurtres juridiques (1) ; Socrate aurait donc pu prolonger sa vie de quelques heures ; mais pour épargner à ses amis les déchirements, et pour abréger l'angoisse de cette séparation éternelle, il fit appeler le serviteur des Onze, dont le coeur se troubla en face d^une résignation si touchante et d'une douceur si sereine. « Socrate, lui dit cet homme, il n'en sera pas de toi comme de tant d'autres qui s'irritent contre moi, et

n) Oljmp., ad Phœdon,

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me maudissent quand je vûms leur annoncer, par ordre de mes chefs, que le moment de boire le poison est arrivé. De tous ceux qui sont jamais entrés ici tu es bien le plus courar geux, le meilleur et le plus doux. » Et en disant ces mots, ce pauvre homme se détourna, pleurant à chaudes larmes.

Socrate prit sans trembler la coupe des mains du bourreau, et écouta avec attention les recommandations que celui-ci avait à lui faire pour faciliter les leffets du poison. Sur son conseil, il s'abstint d'en répandre quelques gouttes pour faire une libation aux dieux immortels, il se borna à les prier de conduire à bien et de bénir son dernier voyage. C'est la seule chose que je leur demande, ajouta-t-il, puissent-ils exaucer mes voeux ! Gela dit, d'un, visage trantquille et souriant il 'but la coupe de ciguë. A cette vue, tous les assistants éclatèrent en larmes et en sanglots. Phédon s'enveloppa la tête de son manteau ; Griton, dont le courage était à bout, ne put supporter plus longtemps ce spectacle et sortit. Apollodore, qui depuis quelques moments ne faisait que pleurer, poussait des hurlements de douleur et fendait le cœur de tous les assistants. Seiil^ Socrate ne se laissa point troubler. « mes bons et chers amis, leur dit-il, que faites-vous? J'ai toujours entendu

dire qu'il ne faut, à Theure de la mort, prononcer et entendre que des paroles de bon augure. Soyez doqc calmes ! soyez donc fermes ! » Tout en disant ces paroles, Socrate qui se promeuait dans la prison pour obéir aux indications du serviteur des Onze, sentit s'appesantir ses jambes : il se coucha alors sur le dos comme on le lui avait recommandé, et se couvrit la figure. Le bourreau, entra à ce moment et l'examinant, lui serra les pieds, prit les jambes qui étaient devenues insensibles; peu à peu le corps se glaçait et se raidissait. Le bas- ventre était déjà froid comme du marbre^ quand Socrate découvrant son visage : « Griton, dit -il, et ce furent ses dernières paroles, nous devons un coq à Esculape, n'oublie pas, je f en prie, d'acquitter cette dette. — Cela sera fait, répondit Criton qui était rentré ; si tu as quelque autre chose à nous ordonner, parle.» Mais Socrate ne répondit rien. Quelques instants après il fit un mouvement convulsif ;* l'homme des Onze le découvrit alors tout à fait, ses regards étaient fixes; Griton, qui s'en aperçut, lui ferma la bouche et les yeux. Voilà comment mourut, dit Platon, le meilleur, le plus sage et le plus juste des hommes. C'est sans doute après la lecture de cette admirable

tragédie (1) qu'Erasme s'écriait : Proinde quum. hiijusmodi quœdmn lego de ialïbus viris, vix mihi tempero quin dicam : Sancte SocraleSy or a pronobis{2).

Tout le monde connaît le parallèle un peu sophistique que Rousseau, dans sa Profession de foi du vicaire savoyard^ établit entre Socrate et Jésus, et qui se termine par ces mots : * Oui, si la vie et la mort de* Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu. »

L'auteur d'une histoire fort estimable de la philosophie ancienne, prétend qu'il suffirait de renverser les termes du paradoxe pour en faire une profonde vérité. « La personne humaine, dit-il, s'efface dans Socrate autant qu'il est possible, et ne laisse de place qu'au sage divinisé des stoïciens. Dans Jésus, au contraire, la personne humaine paraît à chaque instant, vérité qu'au surplus le dogme a dii consacrer (3) » . Je laisse le second terme de la comparaison : il est certain que le Christ, tel que se le représente la foi catholique, « n'a rien dédaigné de tout ce qui était de l'homme ; il a tout pris, excepté le péché,- tout, jusqu'aux moindres choses, tout jusqu'aux plus

(1) Gicéron, de Nut.D,^ III, disait qu'il n'avait jamais pu la relire sans pleurer.

(2) € Gonvivium religiosum. »

(3) M. Ch. Renouvier, 1. 1, p. 324.

grandes infirmités (1) » ; mais je ne puis admettre que Socrate réalise et dans sa vie et dans sa mort rimpassibilité du sage stoïcien, étranger et indifférent aux douleurs, aux joies, aux infirmités de rhumanité; lui aussi, il a des aflfections et des amitiés; il n^a point, comme il le dit luimême, un cœur de chêne ou de rocher ; mais son héroïsme surmonte ces faiblesses et le vieillard de soixante-douze ans, peut, dans la paix et Tespérance d'une vie meilleure, s'endormir tranquille et serein, sans dépasser pour cela la région de Thumanité. C'est même un fait remarquable, que dans cette antiquité païenne, toute enivrée des visions mythologiques, on n'ait attribué à Socrate aucun caractère divin : L'oracle d'Apollon ne fait pas de lui un Dieu (2). Socrate est un homme; seulement, c'est un homme vraiment grand, et surtout pour ceux qui croient que Jésus est un Dieu, c'est le plus grand de tous les hommes.

On peut se demander, il est vrai, si le Socrate que nous a peint Platon est bien le So- , cratè de l'histoire, ou s'il n'est qu'un pur et libre idéal. On a fait observer que le Phédm et le

(1) Bossuet, 2* serm. sur la Compassion de la Vierge,

(2) Xén., ApoL, % 15: iuè ^s Osû p.èv ou)c eixaoEv, â\6p(d7r(ov

<^fi TToXXû irpc£xpivev U7rep(psptiv.

Banquet appartieiment à la classe de ces dialogues que Diogène deLaërte appelle imyaiAitriKtii, et qu'il distingue des dialogues dramatiques où raction extérieure était une pure fiction. Je ne voudrais pas fonder mon opinion sur une preuve aussi fragile : car les formes de la classification des dialogues de Platon sont aussi contestables que les principes en sont différents. On ne peut nier que Platon, s'il ne divinise pas Socrale, l'idéalise, et répand autour de cette grande figure un reflet de beauté poétique. Mais de quel grand personnage de l'histoire n''en peutKin pas dire autant ? et d'ailleurs nous ne trouvoùs rien dans le calme et véridique Xénophou qui contredise la peinture de Platon. Comment Socrate aurait-il excité un enthousiasme si -profond, comment auràit-il produit une révolution intellectuelle et morale si universelle et si féconde, s'il n'avait pas porté presque à l'idéal la grandeur humaine î Pour s'expliquer son influence, nous sommes obligés de conclure qu'il a dû être tel que nous le dit Platon.

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